Les hauts et les bas de Li­sa Le­blanc

C’est dans le taxi qui l’a ame­née jus­qu’à notre lieu de ren­contre, où elle a en­chaî­né les en­tre­vues, il y a de ce­la une di­zaine de jours, que Li­sa Le­Blanc a eu la chance de te­nir son nou­vel al­bum entre ses mains pour la pre­mière fois.

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - Va­nes­sa Gui­mond Le Jour­nal de Mon­tréal va­nes­sa.gui­mond@que­be­cor­me­dia.com

«J’ai braillé, nous dit-elle d’em­blée. Quand on écoute un al­bum, on ou­blie le tra­vail qu’il y a der­rière. Ça prend des cen­taines d’heures pour créer cette pe­tite af­faire en car­ton (elle pointe alors la po­chette de son disque). Ou même pas, puisque les gens vont beau­coup sur iTunes. C’est quand même fou. Il y a quatre mois, je n’au­rais même pas pu y croire. Je ne pen­sais pas y ar­ri­ver.»

Si elle dou­tait, c’est parce qu’elle n’avait com­po­sé que quatre chan­sons au mo­ment où elle a de­man­dé au réa­li­sa­teur Jo­seph Do­no­van (Sam Ro­berts, The Dears) de se joindre à elle dans cette nou­velle aven­ture.

«J’avais tou­ré pen­dant cinq ans. Après ce­la, je suis par­tie en voyage du­rant deux mois, aux États-Unis. Il me res­tait donc à peu près six mois pour fi­nir la pré­pro­duc­tion de l’al­bum, a-t-elle ex­pli­qué. Je di­rais que l’écri­ture des tounes a été fi­nie le der­nier jour où nous étions en stu­dio (dé­but juillet). Ç’a été in­tense.»

Li­sa Le­Blanc vit pour la scène. On peut même dire que la tour­née est de­ve­nue un vé­ri­table mode de vie, pour elle. Lors­qu’elle ne se pro­duit pas pour ses fans, d’un bout à l’autre du Ca­na­da ou en Eu­rope, où son disque se­ra lan­cé le 18 no­vembre, la mu­si­cienne a pris l’ha­bi­tude de s’exi­ler aux États-Unis. «L’al­bum a été nom­mé Why You Wan­na Leave, Ru­na­way Queen? un peu à cause de ce­la», a ex­pli­qué la chan­teuse, pré­ci­sant qu’il s’agit éga­le­ment d’une ligne de sa chan­son I Love You, I Don’t Love You, I Don’t Know.

«Quand j’ai du temps off, je pars. Ç’a tou­jours été mon ins­tinct. Cette fois-ci, à la fin de mon voyage, j’avais be­soin de re­ve­nir chez moi, par contre. Res­ter chez moi, je n’avais ja­mais fait ce­la de­puis que j’ai quit­té la mai­son de mes pa­rents», a dit l’ar­tiste qui a gran­di à Ro­sai­re­ville, au Nou­veau-Bruns­wick.

INS­PI­RÉE

La mu­si­cienne, qui dit avoir fait de belles ren­contres et avoir énor­mé­ment ap­pris, lors de son der­nier pé­riple, ex­plique que ses chan­sons ont toutes été in­fluen­cées, d’une fa­çon ou d’une autre, par ce road trip qui l’au­ra ame­née à sé­jour­ner à La­fayette, La Nou­velle-Or­léans, Aus­tin, Ashe­ville, Na­sh­ville et New York, l’au­tomne der­nier.

«Je crois que c’est parce que j’ai beau­coup ap­pris sur mon ins­tru­ment, du­rant cette pé­riode, a dit celle dont les nou­velles chan­sons sont prin­ci­pa­le­ment in­ter­pré­tées en an­glais. J’ai sui­vi des le­çons de ban­jo, mais aus­si de gui­tare. Je me suis ini­tiée au blue grass et au old time mu­sic. Ap­prendre des nou­velles choses, c’est ins­pi­rant.»

Par­lant de son ins­tru­ment (le ban­jo), ce der­nier est beau­coup moins pré­sent sur Why You Wan­na leave, Ru­na­way Queen? que sur son pre­mier al­bum épo­nyme et son EP High­ways, Hear­taches and Time Well Was­ted, pa­rus en 2012 et 2014.

«C’est juste une phase, I guess. De­puis une couple d’an­nées, j’ap­prends la guit élec­trique et c’est com­plè­te­ment un autre style de playing. Par contre, je me pro­mène tou­jours avec mon ban­jo. Je l’ai tou­jours sur mon dos.»

L’AMOUR

L’amour est au coeur de ce disque qui s’amorce avec Could You Wait ‘Til I Had My Cof­fee?, pièce rock dans la­quelle la chan­teuse évoque la jour­née où son chum l’a quit­tée avant qu’elle ait eu la chance de boire son pre­mier ca­fé.

«Dans une toune, les choses ont tou­jours l’air pires qu’elles le sont réel­le­ment, parce que tu l’as écrite la jour­née où tu t’es fait dom­per. Après, tu get over it, mais ce qui est très drôle, c’est que la chan­son reste pour toute la vie; la tienne, mais celle de l’autre aus­si. C’est un win win si­tua­tion.»

En plus de par­ler de l’amour à dis­tance sur 5748 km et d’un couple qui bat de l’aile sur Why Does It Feel So Lo­ne­ly (When You Are Around), l’ar­tiste pro­pose éga­le­ment l’une de ses chan­sons les plus per­son­nelles à ce jour avec I Ain’t Per­fect, Babe, pièce qui conclut cet al­bum sur une tou­chante dose de sin­cé­ri­té.

«C’est une chan­son sur la­quelle j’ad­mets que je ne suis pas par­faite. (...) C’est qua­si­ment stres­sant de la pré­sen­ter, car cette chan­son, c’est juste moi, toute nue.» Why You Wan­na Leave, Ru­na­way Queen? se­ra dis­po­nible à comp­ter du 30 sep­tembre.

PHO­TO CHAN­TAL POI­RIER

WHY YOU WAN­NA LEAVE, RU­NA­WAY QUEEN? Li­sa Le­Blanc lan­ce­ra son nou­vel al­bum in­ti­tu­lé Why You Wan­na Leave, Ru­na­way Queen? le 30 sep­tembre.

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