MARC DU­PRÉ

D’AVO­CAT À CHAN­TEUR

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

En­fant, Marc Du­pré vou­lait de­ve­nir avo­cat. Pour­quoi? Parce que c’était payant. Une rai­son qui n’a pas sa­tis­fait son père. «Il m’a dit que ce n’était pas la bonne fa­çon de choi­sir un mé­tier, qu’il va­lait mieux faire quelque chose qu’on aime peu im­porte le sa­laire, parce qu’au moins, le lun­di ma­tin, ça t’as­sure d’être heu­reux d’al­ler tra­vailler», ra­conte le chan­teur.

Cette ré­plique, Marc-Du­pré s’en sou­vient en­core, tout comme la pre­mière fois qu’il a chan­té en public. C’était en camp de va­cances, alors qu’il avait 10 ans, soit l’âge des par­ti­ci­pants de La Voix ju­nior. Il avait certes en­ton­né quelques airs en fa­mille avant, mais ja­mais de­vant des étran­gers. Les choses ont chan­gé quand un mo­ni­teur a sor­ti sa gui­tare pour re­prendre du Beau Dom­mage. Le blues d’la mé­tro­pole, pour être plus pré­cis. À cette époque, Marc Du­pré ne connais­sait pas beau­coup le ré­per­toire du groupe phare des an­nées 1970 au Qué­bec, mais ce­la n’al­lait pas l’em­pê­cher de briller à son tour.

«J’avais ap­pris la toune par coeur et trois jours plus tard, j’avais chan­té un peu plus fort que les autres. Les mo­ni­teurs avaient trou­vé que j’avais une bonne voix et j’avais com­men­cé à faire mon show en imi­tant Fran­cis Ca­brel, Ju­lien Clerc et Pierre La­londe.»

TEL PÈRE, TELLE FILLE

Père de trois en­fants, Marc Du­pré laisse sou­vent sa fille aî­née, Stel­la, chan­ter dans ses spec­tacles. Âgée de 13 ans, cette der­nière n’a tou­te­fois pas ex­pri­mé le dé­sir de par­ti­ci­per à La Voix ju­nior.

«Elle m’a de­man­dé si j’al­lais être coach cet été, j’ai ré­pon­du “peut-être”, et ce n’est pas al­lé plus loin, in­dique l’au­teur­com­po­si­teur-in­ter­prète. Elle s’est pro­ba­ble­ment dit : «Je l’ai dé­jà comme coach à la mai­son, s’il fal­lait que je l’aie comme coach à la té­lé­vi­sion…» C’est comme en sport: tu ne veux pas avoir ton père comme en­traî­neur au ho­ckey!»

CHAN­TEUR PO­PU­LAIRE

Se­lon Marc Du­pré, La Voix est – en par­tie – res­pon­sable du suc­cès qu’il rem­porte au­près des en­fants de­puis quelques an­nées. Ren­dez-vous fa­mi­lial par ex­cel­lence du di­manche soir, la com­pé­ti­tion de chant de TVA a confé­ré au chan­teur une ré­pu­ta­tion de gars qui «fait des jokes», sou­ligne le prin­ci­pal in­té­res­sé.

Autre fac­teur ayant contri­bué à gon­fler sa cote de po­pu­la­ri­té au­près des jeunes : le suc­cès ra­dio de pièces comme Nous sommes les mêmes et S’ai­mer comme on est. Cette der­nière a d’ailleurs été com­po­sée pour Stel­la.

«Je vou­lais lui dire : “T’es par­faite comme t’es”, ex­plique le chan­teur. Je l’ai écrite en pen­sant à tous ces jeunes qui se cachent der­rière plein d’af­faires, comme des filtres Ins­ta­gram, etc. Des fois, ils s’in­ventent même des vies alors que leur propre vie est ma­gni­fique. En show, quand je fais S’ai­mer comme on est, la ré­ponse est tou­jours ins­tan­ta­née.»

COMME UN PE­TIT GAR­ÇON

Marc Du­pré dit avoir ado­ré par­ti­ci­per aux en­re­gis­tre­ments de La Voix ju­nior cet été. En­tou­ré de jeunes, il avait l’im­pres­sion d’avoir re­trou­vé son coeur d’en­fant et d’être un pe­tit gar­çon à nou­veau.

«Avec les jeunes, il n’y a pas de ju­ge­ment. C’est di­rect. Quand on est triste, on est triste, et quand on est content, on est content. Ils ne cachent pas leurs émo­tions. Et quand ils rient, c’est sin­cère.»

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