ÇA NE VOLE PAS HAUT

L’idée est bonne, plu­sieurs scènes sont tou­chantes, mais l’en­semble s’avère un peu long.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie, Agence QMI

Cou­leurs écla­tantes et idée de dé­part ori­gi­nale sont les élé­ments qui frappent lors du dé­but du film Les ci­gognes, un long mé­trage d’ani­ma­tion qui re­vi­site le mythe de ces oi­seaux, tra­di­tion­nel­le­ment li­vreurs de bé­bés.

Dans cet uni­vers créé, écrit et co­réa­li­sé par Ni­cho­las Stol­ler (Les voi­sins 2: la hausse de la so­ro­ri­té), les ci­gognes ne livrent plus de bé­bés de­puis long­temps. Flai­rant la bonne af­faire, Hun­ter (voix de Kel­sey Gram­mer en ver­sion ori­gi­nale), le pa­tron des oi­seaux, a ou­vert un com­merce en ligne et en­voie sa flotte li­vrer des cen­taines de mil­liers de pa­quets.

Pa­ral­lè­le­ment, Ju­nior (Andy Sam­berg) est pres­sen­ti pour rem­pla­cer Hun­ter à condi­tion de mettre Tu­lip (Ka­tie Crown) de­hors. C’est que Tu­lip, 18 ans, est la seule hu­maine de l’en­droit et elle gé­nère quelques sou­cis. Mais voi­là, Ju­nior ne par­vient pas à être aus­si dur que le sou­haite Hun­ter et, de fil en ai­guille, Tu­lip met en marche la fa­brique de bé­bés, lais­sée à l’aban­don de­puis 18 ans! Afin d’évi­ter la ca­tas­trophe, Ju­nior et la jeune fille vont donc al­ler li­vrer cette ado­rable pe­tite fille à sa fa­mille.

OMBRE AU TA­BLEAU

Si le dé­but est at­trayant, pim­pan­tet vi­vant (les plans de l’usine des ci­gognes, la mal­adresse de Tu­lip ain­si que son dé­sir de faire par­tie de la com­mu­nau­té des ci­gognes, etc.), la suite tombe ra­pi­de­ment à plat. Car le tra­jet de Ju­nior et Tu­lip, simple en ap­pa­rence, se­ra – pour des be­soins de du­rée, le film fait 90 mi­nutes – par­se­mé d’em­bûches.

Par­mi les obs­tacles, sou­li­gnons une meute de loups ori­gi­nale, mais mal ex­ploi­tée. Les pré­da­teurs, dé­si­reux de ne faire qu’une bou­chée du bé­bé, en de­vien­dront ga­gas. De plus, la meute est ca­pable de se trans­for­mer en sous-ma­rin, ca­mion, etc. afin de mieux en­le­ver le bam­bin. Mais cette pour­suite se trans­forme vite en «rem­plis­sage» plu­tôt que de de­ve­nir un élé­ment co­mique cen­tral au film, tout comme l’his­toire de Tu­lip et les rai­sons de sa pré­sence ar­rivent comme un che­veu sur la soupe, sans être réel­le­ment in­té­grées au ré­cit.

IN­TÉ­RES­SANT, MAIS...

Quelques bonnes trou­vailles sau­poudrent ça et là le long mé­trage à la 3D inu­tile, un peu long pour les adultes, mais que les bam­bins pré­sents lors de cette pro­jec­tion ont sem­blé glo­ba­le­ment ap­pré­cier, sans plus. La fa­mille à qui le bé­bé est des­ti­né sert de pa­ra­bole (peu sub­tile, mais in­té­res­sante) sur la né­ces­si­té pour les pa­rents d’ac­cor­der de l’at­ten­tion à leurs en­fants. Oui, le mes­sage sur la fa­mille – bio­lo­gique ou créée une fois adulte – est mi­gnon, mais est-ce vrai­ment suf­fi­sant?

PHO­TOS COURTOISIE ALLOCINÉ

Mal­gré une pré­misse ori­gi­nale, l’his­toire de la jeune Tu­lip et de la ci­gogne Ju­nior ne par­vient pas à in­té­res­ser com­plè­te­ment le spec­ta­teur pen­dant toute la du­rée du film.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.