UNE GAS­TRO­NO­MIE SA­VOU­REUSE

Le Journal de Montreal - Weekend - - VACANCES - Ste­ven Rai­chlen Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Avez-vous faim? Ap­par­te­nant à la France ou­tre­mer, Saint-Barthélemy ne vous lais­se­ra pas en plan. Il y a des res­tau­rants fran­çais chers, bien sûr, qui font ve­nir la plu­part de leurs in­gré­dients de France ou des États-Unis. En règle gé­né­rale, je les évite et me di­rige plu­tôt vers des res­tos où l’on peut dé­gus­ter les plats lo­caux.

Pre­mière des­ti­na­tion: Ed­dy’s Ghet­to, gé­ré par Ed­dy Stack­pole, fils du fon­da­teur du Se­lect. Il y a plus de 20 ans, Ed­dy a créé ce jar­din fée­rique dé­co­ré avec des meubles de Bali. Oui, vous y trou­ve­rez du co­lom­bo (ca­ri an­tillais), du pois­son lo­cal et même par­fois le ca­bri. Ed­dy (re­con­nais­sable par son casque de che­veux poivre et sel) fut le pre­mier res­tau­ra­teur à dire non aux prix fous des res­tau­rants fran­çais, et sa cui­sine an­tillaise asia­tique abor­dable at­tire tou­jours du monde.

Autres bonnes adresses à Gus­ta­via: Do Bra­sil, res­tau­rant latino-bré­si­lien créé par le chan­teur-ten­nis­man Yan­nick Noah et ins­tal­lé sur la Plage aux Ga­lettes (n’ou­bliez pas de ré­ser­ver votre table au bord de l’eau). Bo­ni­to, res­tau­rant re­con­nu pour sa cui­sine latino-mo­derne et son am­biance ani­mée par un DJ. Pour des su­shis, il y a BAZ (Le Bete a Z’Ailes), res­tau­rant-bar qui donne di­rec­te­ment sur le port avec mu­sique chaque soir. Pour une piz­za et des plats ita­liens simples, al­lez au po­pu­laire Iso­let­ta (frère ca­det du cé­lèbre res­tau­rant ita­lien Iso­la), où l’on achète la piz­za au mètre.

Pour dé­gus­ter la vraie cui­sine créole, di­ri­gez-vous vers Le Grain de Sel à Sa­lines, où Ed­dy Co­cuin, chef ori­gi­naire de Ma­rie Ga­lante en Gua­de­loupe, pré­pare des plats tra­di­tion­nels, comme les acras (bei­gnets de mo­rue), la fri­cas­sée de lam­bi, les ouas­sous (écre­visses géantes de Gua­de­loupe) et le tour­ment d’amour (gâ­teau à la noix de co­co) en des­sert. Ar­ri­vez tôt, de pré­fé­rence à mi­di, car le ser­vice est as­sez re­lax.

Im­pos­sible pour ceux qui, comme moi, connaissent Saint-Barthélemy de­puis 30 ans, de ne point se plaindre que l’île n’est plus ce qu’elle fut. C’est sûr qu’on n’y croise plus ces femmes de SaintBar­thé­le­my qui por­taient des robes ca­li­cots dé­la­vées, des cha­peaux de paille bro­dés à la main et qui mar­chaient pieds nus. Les pe­tites fermes où brou­taient au­tre­fois des ca­bris sont main­te­nant de­ve­nues des vil­las de luxe à 10 millions de dol­lars et les pe­tites routes en bé­ton qui ser­pentent sur l’île, où l’on ne voyait que de rares Mokes (voi­ture d’an­tan ou­verte aux élé­ments), voient dé­sor­mais dé­fi­ler des voi­tures mo­dernes jour et nuit.

Mal­gré tout, Saint-Barthélemy reste un en­droit de rêve par le­quel je me sens at­ti­ré tous les ans.

Ed­dy Stack­pole à droite, fon­da­teur du Ed­dy’s Ghet­to, avec son fils.

La bou­tique Baya à Gus­ta­via

Dans une bou­tique de Saint-Barthélemy

Les rhums exo­tiques du M'Bo­lo

Ed­dy’s Ghet­to

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