MA CA­BANE EN SI­BÉ­RIE

Qui n’a pas dé­jà son­gé à aban­don­ner son pe­tit train-train quo­ti­dien pour par­tir à l’aven­ture à l’autre bout du monde? C’est ce que vit le per­son­nage prin­ci­pal du film fran­çais Dans les fo­rêts de Si­bé­rie, qui dé­cide d’al­ler s’ins­tal­ler seul pen­dant quelque

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.de­mers @que­be­cor­me­dia.com

Adap­té li­bre­ment du ré­cit de l’aven­tu­rier fran­çais Syl­vain Tes­son, ce film splen­dide et dé­pay­sant du ci­néaste Sa­fy Neb­bou (L’Autre Du­mas, L’Em­preinte) a pris l’af­fiche au Qué­bec hier, après avoir été pro­je­té plus tôt cette se­maine au Fes­ti­val de films fran­co­phones Ci­ne­ma­nia.

Se­lon l’ac­teur Ra­phaël Per­son­naz (La prin­cesse de Mont­pel­lier), qui était de pas­sage à Mon­tréal cette se­maine pour pré­sen­ter le film, Dans les fo­rêts de Si­bé­rie a connu un suc­cès quelque peu in­at­ten­du sur les écrans fran­çais, l’été pas­sé.

«Les dis­tri­bu­teurs ont d’abord eu des doutes parce qu’ils se de­man­daient à qui le film s’adres­sait, ex­plique l’ac­teur qui joue le rôle prin­ci­pal du film.

«C’est vrai que c’est un film qui ne cor­res­pond pas à l’image qu’on a du cinéma fran­çais. Ce n’est pas un film d’au­teur ni une co­mé­die po­pu­laire. Les références pour ce genre de film sont plu­tôt amé­ri­caines (Wild, Vers l’in­con­nu). Mais le film a beau­coup plu à la presse et a réus­si à trou­ver son pu­blic.

«Il y a un mou­ve­ment de gens en ce mo­ment en France qui se re­trouvent dans ce genre de vie et qui rêvent de par­tir vivre ce genre d’aven­ture. Ces gens-là se sont re­con­nus dans le per­son­nage du film, qui dé­cide de tout aban­don­ner pour par­tir as­sou­vir son dé­sir de li­ber­té.»

CINÉMA-VÉ­RI­TÉ

«À l’image de l’histoire du film, le tour­nage a aus­si été une aven­ture en soi, ex­plique Ra­phaël Per­son­naz. Dans les fo­rêts de Si­bé­rie a été tour­né en Si­bé­rie, dans des condi­tions sou­vent dif­fi­ciles.

«Le dé­pay­se­ment que vit le per­son­nage, je l’ai aus­si vé­cu d’une cer­taine ma­nière pen­dant le tour­nage, dit l’ac­teur.

«J’ai vé­cu les mêmes émo­tions que ce per­son­nage, en dé­cou­vrant la vie là-bas. Ce n’est pas une au­to­fic­tion parce qu’il y a une di­men­sion ro­ma­nesque dans l’histoire. Mais il y a cer­tai­ne­ment une no­tion de cinéma-vé­ri­té dans le film. Ça pa­raît ir­réa­liste de vivre quelque chose comme ce­la, mais au fond, c’est to­ta­le­ment pos­sible. Quand on vit ce genre d’ex­pé­rience, on re­vient à la mai­son en­suite en se di­sant que ce genre d’en­droit existe en­core. Quand on se re­trouve seul sur un lac ge­lé de 800 km, on res­sent un im­mense sen­ti­ment de li­ber­té.»

En tant qu’ac­teur, Ra­phaël Per­son­naz dit avoir eu plu­sieurs dé­fis à re­le­ver pen­dant le tour­nage de Dans les fo­rêts de Si­bé­rie. D’abord, il a dû pas­ser la ma­jo­ri­té des scènes du film à jouer seul, à l’écran.

«Il y avait de nom­breux pièges à évi­ter, ob­serve-t-il. On a no­tam­ment eu peur que le spec­ta­teur s’en­nuie, et pour cause parce que c’était un des risques. Mais en même temps, il ne fal­lait pas tom­ber dans une per­for­mance où on s’agite in­uti­le­ment pour com­bler le vide. Au contraire, les si­lences étaient im­por­tants. Et en tant qu’ac­teur, il fal­lait que j’ac­cepte ce­la. Il fal­lait aus­si lais­ser par­ler la na­ture qui est gran­diose et ma­gni­fique.

«Au fond, ce film s’ap­pa­rente à un voyage. Et comme dans tout voyage, on se per­met de lâ­cher un peu, de prendre du temps. On largue les amarres et on se laisse un peu al­ler.»

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