AMOUR ET ES­PION­NAGE

Dans Al­liés, Brad Pitt et Ma­rion Co­tillard tiennent les rôles d’agents se­crets pen­dant la Deuxième Guerre mon­diale. Réa­li­sé par Ro­bert Ze­me­ckis (For­rest Gump ou Vol), ce suspense d’es­pion­nage et de guerre est éga­le­ment une for­mi­dable his­toire d’amour.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie

Max Va­tan (Brad Pitt) oeuvre au sein du «Spe­cial Ope­ra­tions Exe­cu­tive» (lit­té­ra­le­ment la «Di­rec­tion des opé­ra­tions spé­ciales») bri­tan­nique. C’est que la guerre fait rage en cette an­née 1942, qui voit 26 pays s’al­lier pour lut­ter contre les forces du ré­gime na­zi. Pa­ra­chu­té à Ca­sa­blan­ca, au Ma­roc, pays oc­cu­pé par les Al­le­mands, il doit se faire pas­ser pour le ma­ri de Ma­rianne Beau­sé­jour (Ma­rion Co­tillard), une ré­sis­tante fran­çaise. Or, les deux espions tombent amou­reux l’un de l’autre. Après avoir ral­lié Londres, ils fondent une fa­mille, mais les Bri­tan­niques se mettent à soup­çon­ner Ma­rianne d’être une agente na­zie. À Max de dé­cou­vrir la vé­ri­té et de tuer celle qu’il aime s’il s’avère qu’elle tra­hit les Al­liés.

TRA­HI­SON…

Si Brad Pitt a as­sis­té à la pre­mière chi­noise du film Al­liés, il a, en rai­son de sa si­tua­tion fa­mi­liale, dé­cli­né toute en­tre­vue et toute par­ti­ci­pa­tion aux confé­rences de presse pour le long mé­trage, ce sont donc ses col­lègues qui ont dé­crit son per­son­nage et sa ma­nière de l’abor­der.

«Le thème uni­ver­sel, a ain­si ex­pli­qué le ci­néaste Ro­bert Ze­me­ckis, est la tra­hi­son et la ma­nière dont on ré­agit quand les per­sonnes qu’on cô­toie ne sont peut-être pas celles que nous pen­sions. Cette si­tua­tion est d’au­tant plus com­pli­quée que nous évo­luons dans le mi­lieu de l’es­pion­nage qui, par na­ture, est fon­dé sur le men­songe.»

Dès le dé­part, Brad Pitt a en­vi­sa­gé son per­son­nage de Max Va­tan comme un homme ré­ser­vé, mal­gré ses ta­lents in­dé­niables de com­bat­tant de l’ombre. Le pro­duc­teur Gra­ham King, col­la­bo­ra­teur de longue date de l’ac­teur nom­mé aux Os­cars, s’est rap­pe­lé leur con­ver­sa­tion ini­tiale. «Brad m’a dit qu’il vou­lait jouer Max comme un homme qui est sur­tout un ob­ser­va­teur, mais qui, lors­qu’il est en dan­ger, est ca­pable de ré­agir im­mé­dia­te­ment.»

«Brad m’a ex­pli­qué que c’est jus­te­ment cette qua­li­té qui per­met à Max de res­ter en vie. Mais c’est éga­le­ment ce trait de ca­rac­tère qui fait qu’il n’ar­rête pas lors­qu’on lui dit que Ma­rianne pour­rait être une traître. Per­sonne n’est ca­pable de jouer avec les émo­tions du pu­blic comme Brad lorsque son per­son­nage est bri­sé par les im­pli­ca­tions de ce qu’il ap­prend. J’ai vrai­ment vu Brad mettre tout son coeur et toute son âme dans la pré­pa­ra­tion de son rôle.»

Tou­jours dans un sou­ci de réa­lisme, Brad Pitt a de­man­dé à pou­voir tra­vailler avec un consul­tant en langues étran­gères afin de maî­tri­ser l’ac­cent qué­bé­cois qu’a Max lors­qu’il ren­contre Ma­rianne pour la pre­mière fois à Ca­sa­blan­ca!

ÉVO­LU­TION

Dans le même es­prit, l’ex-époux d’An­ge­li­na Jo­lie a de­man­dé au ci­néaste à ce qu’Al­liés soit tour­né dans l’ordre chro­no­lo­gique de ma­nière à pou­voir plei­ne­ment ex­pri­mer les sen­ti­ments qui animent Max au fur et à me­sure du dé­ve­lop­pe­ment de l’in­trigue.

«C’était une idée fort in­tel­li­gente. Lorsque le pu­blic voit la pre­mière ren­contre entre Max et Ma­rianne dans cette boîte de nuit à Ca­sa­blan­ca, les deux ac­teurs se donnent réel­le­ment la ré­plique pour la pre­mière fois de­vant les ca­mé­ras. On voit en­suite leur re­la­tion se dé­ve­lop­per qua­si­ment en temps réel et ce­la ajoute un grand réa­lisme au suspense», a sou­li­gné Gra­ham King.

Et Ro­bert Ze­me­ckis a te­nu à men­tion­ner toute la chance qu’il avait eue de trou­ver des ac­teurs du ca­libre de Brad Pitt et de Ma­rion Co­tillard.

«Lors­qu’on tourne une his­toire d’amour, on prie tou­jours pour que les deux ac­teurs aient une chi­mie in­croyable qui se res­sent dans la salle de ci­né­ma. Et c’est ce qui s’est pro­duit avec Al­liés. Brad et Ma­rion pos­sèdent tous les deux cette flam­boyance des stars de ci­né­ma. De plus, cha­cun d’eux a don­né tel­le­ment que ce­la a été ma­gni­fié par leur chi­mie chaque fois qu’ils par­ta­geaient l’écran.» Al­liés est pré­sen­te­ment en salles.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.