LE COEUR D’EN­FANT MI­CHEL BOUJENAH DE

Grand amou­reux du Qué­bec, Mi­chel Boujenah ne rate ja­mais une oc­ca­sion de ve­nir à la ren­contre du pu­blic qué­bé­cois. Moins d’un an après avoir don­né un spec­tacle sur la scène de l’Olym­pia de Mon­tréal, le po­pu­laire hu­mo­riste et co­mé­dien fran­çais était de ret

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.de­mers @que­be­cor­me­dia.com

Mi­chel Boujenah s’est tou­jours sen­ti bien au Qué­bec. De­puis ses pre­mières vi­sites dans la Belle Pro­vince, au dé­but des an­nées 1980, le co­mique fran­çais a tou­jours sen­ti une connexion très forte avec le pu­blic qué­bé­cois et les Qué­bé­cois en gé­né­ral. Il a d’ailleurs plu­sieurs bons amis au sein de la com­mu­nau­té ar­tis­tique qué­bé­coise, dont les hu­mo­ristes Jean-Mi­chel Anc­til et Mi­chel Bar­rette et le pro­duc­teur Ro­ger Frap­pier (qui a pro­duit son pre­mier film, Père et Fils, en 2003).

«J’ai tou­jours ai­mé ve­nir à Mon­tréal et au Qué­bec, sou­ligne Boujenah en en­tre­vue avec Le Jour­nal.

«Je ne peux pas ex­pli­quer pour­quoi, mais c’est comme ça. D’abord, j’adore Mon­tréal parce qu’on voit le ciel de par­tout, contrai­re­ment à New York. Je dé­teste New York à cause de ce­la. Je m’y sens étouf­fé. Mon­tréal est une grande ville, mais c’est une ville à ma taille. Et au-de­là de ce­la, ce sont les Qué­bé­cois que j’adore.»

«De­puis mon pre­mier voyage au Qué­bec au dé­but des an­nées 1980, j’ai dé­ve­lop­pé un lien très fort avec le Qué­bec. J’ai tour­né un film au Qué­bec (Père et Fils, avec le re­gret­té Phi­lippe Noi­ret), j’ai don­né des spec­tacles, j’ai eu une col­la­bo­ra­tion avec Juste pour rire et avec le Grand Rire (Co­mé­diHa). Je me sens bien au Qué­bec. C’est aus­si simple que ce­la.»

UNE HIS­TOIRE TOUCHANTE

Cette fois-ci, c’est un film qui ra­mène Mi­chel Boujenah au Qué­bec. Le coeur en braille, son troi­sième film à titre de réa­li­sa­teur, a été pré­sen­té cette se­maine en ou­ver­ture du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film pour en­fants de Mon­tréal. Adap­té du ro­man épo­nyme de Pas­cal Ru­ter, le film ra­conte l’his­toire d’une jeune fille de 12 ans (Alix Vaillot), pas­sion­née de vio­lon­celle, qui rêve de pas­ser le concours d’en­trée au con­ser­va­toire. L’en­nui, c’est qu’elle est at­teinte d’une ma­la­die qui lui fait perdre pro­gres­si­ve­ment la vue. Pour évi­ter que son se­cret soit ré­vé­lé à l’école, elle s’as­so­cie­ra avec un gar­çon de sa classe qui est amou­reux d’elle (Jean-Stan Du Pac).

«C’est mon bon ami Pas­cal El­bé (qui joue d’ailleurs dans le film) qui m’a fait par­ve­nir le ro­man par l’en­tre­mise du pro­duc­teur, qui avait ac­quis les droits d’adap­ta­tion», ex­plique Mi­chel Boujenah.

«Cette his­toire d’en­fants m’a tou­ché. Au dé­part, je ne me di­ri­geais pas vers ce genre de film. Mais cette his­toire d’en­fants qui donnent des le­çons de vie à des adultes m’a plu. Même le cô­té mé­lo de l’his­toire me plai­sait, même si ce n’est pas du tout à la mode. La gra­vi­té du sen­ti­ment amou­reux me plai­sait beau­coup aus­si. Et comme je suis en­core un en­fant moi même, j’étais dans mon élé­ment! J’ai un corps d’adulte, mais il me manque en­core des pièces pour que j’ar­rive à gran­dir!»

L’IM­POR­TANCE DU CI­NÉ­MA

Même s’il est connu d’abord et avant tout comme un hu­mo­riste, Mi­chel Boujenah prend sa car­rière de ci­néaste très au sé­rieux. Tout en tra­vaillant sur son pro­chain spec­tacle, l’ar­tiste de 64 ans planche en pa­ral­lèle sur quelques scé­na­rios de films – dont un avec l’hu­mo­riste qué­bé­cois Mi­chel Bar­rette.

«Pour être hon­nête, le pro­jet avec Mi­chel est un peu frei­né en ce mo­ment, ad­met-il. Mais on a tou­jours ce rêve de faire un film en­semble un jour. Entre Mi­chel et moi, il y une ami­tié qui est née sur scène il y a une tren­taine d’an­nées et qui dure en­core au­jourd’hui.»

«Mais en ce mo­ment, j’écris un film sur l’his­toire de deux frères. C’est sur le conflit entre deux frères. C’est un thème qui était pré­sent dans mon film Père et Fils, mais que je n’avais pas dé­ve­lop­pé à l’époque.»

«Je consi­dère que je suis ac­tuel­le­ment à 30 % de ce je veux ac­com­plir comme ci­néaste. Le pro­blème, c’est que je tra­vaille très len­te­ment. Les arbres ne poussent pas en une seule jour­née. Et je ne peux pas al­ler plus vite que la ma­chine. Mais j’ai de la chance, je tra­vaille avec des gens très pa­tients. Je fais plein de choses en même temps, mais le ci­né­ma oc­cupe main­te­nant une place très im­por­tante dans ma vie.»

Le coeur en braille a pris l’af­fiche hier au Qué­bec.

Mi­chel Boujenah était de pas­sage à Mon­tréal cette se­maine pour pré­sen­ter son nou­veau film, Le coeur en braille.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.