BIEN­VE­NUE MO­REN­CY ! CHEZ LES

Si vous avez en­vie de sa­voir d’où vient l’ex­tra­or­di­naire sens de la ré­par­tie de Fran­çois Mo­ren­cy, sau­tez sur son nou­veau livre, Dis­cus­sions avec mes pa­rents. Ce pe­tit bi­jou d’hu­mour, su­per­be­ment écrit, est aus­si drôle qu’émou­vant. Il dé­voile au­tant de «tr

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Marie-France Bornais Le Jour­nal de Qué­bec

L’hu­mo­riste ra­conte des his­toires in­croyables de pas­sages aux douanes en re­ve­nant d’Old Or­chard, dé­peint le «pi­cos­sage» in­ces­sant des pa­rents Mo­ren­cy en jouant aux cartes ou aux jeux de so­cié­té, et les conver­sa­tions fa­mi­liales.

Entre une his­toire de ma­chine à coudre Sin­ger ou de pe­tites cuillères, des sou­ve­nirs de jeu­nesse et des dia­logues sa­vou­reux, on éclate de rire sou­vent. On a droit à des «ré­vé­la­tions» (hum hum!) comme un cer­tain ha­bit rouge brique en 1976, un pouf à la patte cas­sée et quan­ti­té d’anec­dotes sa­vou­reuses.

Fran­çois maî­trise par­fai­te­ment l’écri­ture co­mique et livre le meilleur de lui-même dans ses textes hi­la­rants, ses re­marques au coin du bon sens, ses ré­pliques sans ap­pel et ses dia­logues dignes des meilleurs shows d’hu­mour.

NÉ D’UN STA­TUT FACEBOOK

Ce pro­jet est né avec des sta­tuts Facebook que Fran­çois fai­sait ré­gu­liè­re­ment au su­jet de ses pa­rents, Rol­lande Ma­thieu et Jean-Paul Mo­ren­cy, qui ont beau­coup at­ti­ré l’at­ten­tion. «J’ai sen­ti que ça mor­dait, non seule­ment par l’en­thou­siasme, mais aus­si par les com­men­taires des gens qui me di­saient: “On di­rait mes pa­rents, par la fa­çon de s’obs­ti­ner sur des dé­tails”», ex­plique Fran­çois, en en­tre­vue.

Der­rière l’hu­mour se cachent l’amour fi­lial, le sens de la fa­mille, l’uni­té du clan Mo­ren­cy et beau­coup de ten­dresse. «C’est ex­tra­or­di­naire parce que je n’ai ja­mais vu mes pa­rents s’obs­ti­ner sur des su­jets sé­rieux ou les vraies rai­sons qui font qu’un couple ne s’en­tend pas. Ça a tou­jours été sur des dé­tails. C’est d’au­tant plus va­lo­ri­sant et le fun d’en par­ler.»

L’ÉCRI­TURE CO­MIQUE

Fran­çois a ta­pé dans le mille. Et quelle belle écri­ture – d’au­tant que l’écri­ture co­mique est ré­pu­tée comme étant l’une des plus dif­fi­ciles! «Une fois que j’ai l’idée de ce que je veux dire de drôle et que la joke est for­mu­lée, je peux me ques­tion­ner pen­dant une heure. Est-ce que je peux la rac­cour­cir? Est-ce que tous les mots sont né­ces­saires? Est-ce que je peux choi­sir un autre mot qui sonne plus drôle? Ça de­vient une fo­lie chi­rur­gi­cale qui est très pas­sion­nante, mais qui est très pre­nante.»

Il conti­nue sa ré­flexion, très in­té­res­sante. «Un livre, con­trai­re­ment à un spec­tacle, une fois qu’il est fait, il est fait. C’est ça que les gens vont lire. Un spec­tacle, tu l’amé­liores. J’ai fait des tour­nées de 243 shows et à la 242e représentation, je chan­geais en­core des choses. C’est fas­ci­nant parce qu’on ne maî­trise ja­mais com­plè­te­ment l’écri­ture co­mique: on est tou­jours en train d’ap­prendre.»

L’écri­ture du livre re­pré­sen­tait un bon défi, même s’il avait dé­jà écrit Dure soi­rée, en 2012, un livre sur les mau­vaises expériences de scène, qui s’est ven­du à plus de 30 000 exem­plaires.

«C’est beau­coup plus dif­fi­cile d’écrire un livre que d’écrire un show. Quand tu écris un show, 50 % du tra­vail, c’est com­ment tu vas ra­con­ter ce show, ton in­ter­pré­ta­tion, ta li­vrai­son des gags. Tu ne peux pas comp­ter sur ton vi­sage pour faire com­prendre un deuxième ni­veau, ou un sou­rire en coin. Il faut que tout soit lim­pide et t’as juste les mots. T’as pas ta face, ta voix, tes gestes. J’ad­mi­rais dé­jà les au­teurs qui écrivent des fresques, comme Ken Fol­lett et Mi­chel Fol­co. Mais là, je leur voue un culte!»

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