« JE VOU­LAIS PROU­VER QUE J’AI EN­CORE MA PLACE

Jean-Mi­chel Anctil est de re­tour sur les planches avec un qua­trième spec­tacle so­lo, le deuxième mis en scène par son frère Do­mi­nic. Dans le mi­lieu de­puis plus de 20 ans, l’hu­mo­riste ad­met s’être de­man­dé s’il était en­core drôle, en voyant toute la re­lève p

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin Le Jour­nal de Mon­tréal ra­phael.gen­dron-mar­tin @que­be­cor­me­dia.com

Jean-Mi­chel Anctil a ra­re­ment au­tant tra­vaillé sur un nou­veau spec­tacle. Alors que dans ses tour­nées pré­cé­dentes, il ro­dait son ma­té­riel di­rec­te­ment dans des salles de spec­tacles, l’hu­mo­riste est al­lé cette fois-ci plu­sieurs fois au Bor­del Co­mé­die Club pour y tes­ter ses nu­mé­ros, un à la fois.

Sur place, le co­mique a consta­té que la re­lève était en grande forme. «Les voir al­ler, ça m’a don­né en­vie de me mettre en dan­ger, dit-il. Il ne fal­lait pas que j’aie peur de tes­ter mes nu­mé­ros, de les ré­pé­ter. Al­ler au Bor­del et faire des nu­mé­ros pour la pre­mière fois en sui­vant des jeunes et moins jeunes, il faut pi­ler sur ton or­gueil et ac­cep­ter que cer­taines choses ne mar­che­ront pas.»

Un jeune hu­mo­riste l’a même pi­qué au vif en lui di­sant que son hu­mour était dé­pas­sé. «J’ai vou­lu lui mon­trer que je pou­vais évo­luer et suivre les ten­dances, dit Jean-Mi­chel. Ce n’est pas parce que je suis ren­du à 50 ans que je n’ai plus rien à dire, ou que ce n’est plus in­té­res­sant. Avec ce show-là, je vou­lais prou­ver que j’ai en­core ma place.»

Au dé­but de l’écri­ture de son nou­veau spec­tacle, Jean-Mi­chel Anctil tra­vaillait avec Simon Co­hen et Mar­tin Pe­tit. «Avec eux, ça al­lu­mait. Mais quand je re­ve­nais chez moi, la pa­nique em­bar­quait. On au­rait dit que je ne sa­vais plus com­ment faire rire. En écri­vant, je pen­sais tout de suite à com­ment ça al­lait être re­çu par la cri­tique.»

AN­GOISSE ET DOUTES

Crai­gnant de ne pas ré­pondre aux at­tentes, Jean-Mi­chel in­dique avoir en­suite vé­cu de l’an­goisse, du stress et des doutes. «J’étais agres­sif, de mau­vaise hu­meur. Je ne vou­lais pas mon­ter un show dans cet es­prit-là.»

Il a alors dé­ci­dé de re­pous­ser la date de sor­tie de son spec­tacle d’un an. «Je ne me sen­tais pas prêt. Je ne vou­lais pas sor­tir un show pour sor­tir un show. J’avais peur que si je le sor­tais à ce mo­ment-là, on dise que c’était la même recette. De l’avoir re­pous­sé, ça m’a per­mis de le re­tra­vailler et de me trou­ver drôle. Ç’a sti­mu­lé le cô­té créa­tion.»

Si ce n’était que de lui, Jean-Mi­chel Anctil chan­ge­rait le titre du spec­tacle, sim­ple­ment in­ti­tu­lé JE4N-MI­CHEL. «Quand on a com­men­cé le pro­ces­sus de créa­tion, ma prio­ri­té n’était pas de trou­ver un titre au show, dit-il. C’est pour ça qu’il y a un 4 dans le titre, car c’est le qua­trième spec­tacle. Mais si j’avais un titre à don­ner au­jourd’hui, j’ap­pel­le­rais ça Un pe­tit mo­ment par­fait.»

Dans son nou­veau spec­tacle, l’hu­mo­riste parle de ces pe­tits mo­ments par­faits qui n’ont pas be­soin d’être gran­dioses. «Ça peut être un ca­fé lat­té le sa­me­di ma­tin, ta fille qui te fait un câ­lin et qui te dit qu’elle t’aime, ou en­core ar­ri­ver à l’aé­ro­port et voir sa va­lise sor­tir en pre­mier du cha­riot des ba­gages», dit-il.

Il aborde aus­si les fa­meuses pre­mières fois. «Le pre­mier bai­ser, la pre­mière fois où tu fais l’amour, tu veux que ce soit par­fait. Mais ça l’est ra­re­ment», men­tionne-t-il en riant.

SAN FRAN­CIS­CO ET PRIS­CIL­LA

Jean-Mi­chel Anctil a éga­le­ment te­nu à ra­con­ter une anec­dote qui lui est ar­ri­vée à San Fran­cis­co. De­vant al­ler à Pé­kin pour tour­ner une émis­sion, l’hu­mo­riste avait dû dor­mir une nuit dans la ville amé­ri­caine, son vol pour la Chine ayant été an­nu­lé.

«San Fran­cis­co est une ville que je ne connais pas. J’ai ré­ser­vé ra­pi­de­ment un hô­tel, qui était plu­tôt un mo­tel, dans le quar­tier le plus dur de San Fran­cis­co. J’ai pen­sé mou­rir! J’au­rais pu par­tir, car c’était la pro­duc­tion qui payait la chambre, mais je suis res­té là.»

Dans ce spec­tacle, qu’il a construit comme une longue his­toire de 1 h 45, Jean-Mi­chel Anctil ra­mène ses per­son­nages de Pris­cil­la et Râ­teau, mais très peu long­temps. «Ils viennent faire leur tour, mais sans cos­tume. Je vou­lais qu’ils aient quelque chose à ap­por­ter.»

Jean-Mi­chel Anctil pré­sente son spec­tacle JE4N-MI­CHEL du 23 au 25 mars, au Théâtre St-De­nis. Pour toutes les dates: jean­mi­che­lanc­til.com.

Jean-Mi­chel Anctil lance son qua­trième spec­tacle d’hu­mour en 20 ans de car­rière. PHOTO COURTOISIE

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