MA­GIE, TO­LÉ­RANCE ET AMOUR

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA WEEKEND - Isa­belle Hon­te­bey­rie

L’of­fice na­tio­nal du film est re­con­nu pour la qua­li­té de ses ani­ma­tions et c’est un char­mant des­sin ani­mé que livre ici la ci­néaste Ann Marie Fle­ming.

Tout dé­bute avec Ro­sie Ming, une jeune fille qui tra­vaille dans un fast­food en com­pa­gnie de Kel­ly. Dans ses temps libres, elle écrit des poèmes qu’elle chante en s’ac­com­pa­gnant d’une gui­tare. Et, après qu’elle a dé­ci­dé d’au­to­pu­blier son pre­mier re­cueil, elle est in­vi­tée à un fes­ti­val de poé­sie à Chi­raz, en Iran.

Ro­sie est or­phe­line. Sa mère est morte et son père, d’ori­gine ira­nienne, a aban­don­né sa fa­mille, et la jeune fille a été éle­vée par ses grands-pa­rents chi­nois. Outre la poé­sie, Ro­sie a deux pas­sions dans la vie: la cou­leur rose et la France, pays où elle rêve d’al­ler un jour.

Après son ar­ri­vée au fes­ti­val, elle est ini­tiée à la culture et à la poé­sie per­sanes par Mehr­naz, une pro­fes­seure à l’Uni­ver­si­té de Té­hé­ran et a des re­la­tions hou­leuses avec Diet­mar, un par­ti­ci­pant au fes­ti­val. Et, peu à peu, Ro­sie dé­couvre le pas­sé de sa fa­mille et la va­leur de la poé­sie.

Avec hu­mour et émo­tion, Ann Marie Fle­ming ne re­cule pas de­vant les su­jets dif­fi­ciles comme le port du tcha­dor et toute l’am­bigüi­té de la place des femmes dans la so­cié­té ira­nienne.

La réa­li­sa­trice et scé­na­riste prend, dès le dé­part, un par­ti-pris à la fois ori­gi­nal et ris­qué, ce­lui de des­si­ner Ro­sie Ming en «bon­homme al­lu­mette». Si cette dé­ci­sion dé­route pen­dant les pre­mières mi­nutes, on en re­con­naît en­suite toute la sa­gesse. En pre­mier lieu, ce­la per­met au spec­ta­teur de se concen­trer sur les dia­logues et, grâce au sa­vant do­sage de cou­leurs et d’ani­ma­tions poé­tiques, l’ima­gi­na­tion du pu­blic tra­vaille à son plein po­ten­tiel.

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