«DANS MON COEUR, J’AI TOU­JOURS 20 ANS»

Elle a don­né la ré­plique aux plus grands et mar­qué les gé­né­ra­tions grâce aux per­son­nages de Blanche Bel­le­mare, An­gé­line Des­ma­rais et Marge Simp­son. Et à 87 ans, Béa­trice Pi­card n’a pas l’in­ten­tion de prendre sa re­traite. «J’ar­rê­te­rai le jour où je n’au­rai

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Bru­no La­pointe

Mal­gré ses 87 prin­temps, Béa­trice Pi­card de­meure ac­tive. La dame conduit tou­jours sa voi­ture. Elle voyage. Elle joue au bridge (ses yeux s’illu­minent lorsque la conver­sa­tion ef­fleure le su­jet). Bref, elle n’a «pas le temps d’être ma­lade».

«Je me tiens bien trop oc­cu­pée! La jour­née où on cesse d’avoir des pro­jets, de s’émer­veiller de­vant les plai­sirs de la vie, on com­mence à de­ve­nir vieux», ex­plique la co­mé­dienne.

UNE CAR­RIÈRE BIEN REM­PLIE

Des pro­jets, Béa­trice Pi­card en a eu toute sa vie. La co­mé­dienne re­con­naît avoir eu une car­rière «bien rem­plie» avec des rôles dans des sé­ries telles que Sym­pho­rien, Cré Ba­sile et autres Sous un ciel va­riable.

«J’ai été chan­ceuse; il y a des co­mé­diens qui connaissent de grands vides dans leur car­rière, mais je n’ai pas eu ce pro­blème», confie-t-elle.

Et à quoi at­tri­bue-t-elle ce suc­cès constant et re­nou­ve­lé?

«Je n’étais pas la plus en de­mande pour des pre­miers rôles. Étran­ge­ment, c’est ça qui m’a ai­dée», avance-t-elle.

«Quand on ne fait que des pre­miers rôles, il peut se pas­ser du temps entre cha­cun. Moi, j’avais une fa­mille à éle­ver, donc je n’avais pas le choix. Il fal­lait que l’ar­gent rentre. Alors j’ai fait des pe­tits rôles, des moyens, et quelques-uns plus grands. Mais j’ai aus­si fait de la ra­dio, du ci­né­ma, de la ra­dio, du théâtre, du dou­blage... J’ai tou­ché à tout pour ne ja­mais man­quer de tra­vail», re­late-t-elle.

UN PLAI­SIR RE­NOU­VE­LÉ

La co­mé­dienne n’a d’ailleurs pas l’in­ten­tion d’ar­rê­ter de tra­vailler. Béa­trice Pi­card se ré­jouit de pou­voir tou­jours mon­ter sur les planches du théâtre, avec une pas­sion tou­jours aus­si grande (voire su­pé­rieure), après toutes ces an­nées.

«À une cer­taine époque, on jouait pra­ti­que­ment tou­jours de­vant un ri­deau noir. Quand on était chan­ceux, on avait un élé­ment de dé­cor, mais rien de plus. Au­jourd’hui, on a les moyens et les res­sources de mon­ter des spec­tacles qui sont meilleurs et plus beaux qu’avant», ré­vèle celle qui tien­dra bien­tôt la ve­dette de Ha­rold et Maude au Théâtre Du­ceppe de Mon­tréal.

MARGE UN JOUR, MARGE TOU­JOURS

Pour toute une gé­né­ra­tion, Béa­trice Pi­card res­te­ra tou­jours Marge Simp­son, le per­son­nage de la po­pu­laire émis­sion Les Simp­son. D’ailleurs, aus­si­tôt qu’il est ques­tion de ce rôle, la voix de Béa­trice Pi­card se trans­forme. Un tan­ti­net plus rauque, elle colle au timbre de ce­lui de la ma­triarche de la fa­mille Sim­spon et un sou­rire se des­sine sur ses lèvres.

«Je ren­contre par­fois des gens qui sont avec leurs en­fants, et ils es­saient de leur ex­pli­quer que je suis, à leurs yeux, une grande co­mé­dienne. Quand je prends la voix de Marge Simp­son, je vois leurs yeux s’agran­dir! Ça me fait tou­jours rire», ex­plique Béa­trice Pi­card.

Voi­là qui a de quoi la gar­der jeune. D’ailleurs, même à 87 ans, la co­mé­dienne est ca­té­go­rique: «Oui, je suis vieille. Mais dans mon coeur, j’ai tou­jours 20 ans», an­nonce-t-elle avec un large sou­rire.

BÉA­TRICE PI­CARD

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