Une ar­tiste qui s’as­sume

An­nie Ville­neuve l’ad­met d’en­trée de jeu: elle a «mis sa car­rière de cô­té» dans les der­nières an­nées. «D’abord par amour, puis pour la fa­mille. Mais là, je suis prête à re­ve­nir. C’est trop fort en moi pour lais­ser la mu­sique de cô­té», an­nonce la chan­teuse

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - Bruno La­pointe

«Je sens, et je sais, que toutes ces sphères peuvent co­exis­ter. Ça de­mande un peu plus de lo­gis­tique, mais je vais y ar­ri­ver», dit An­nie Ville­neuve, confiante, en en­tre­vue au Jour­nal.

La chan­teuse est donc de re­tour avec 5, le cin­quième opus de sa car­rière, ar­ri­vé dans les bacs hier. En plus de si­gni­fier son re­tour sur les ta­blettes des dis­quaires, cet al­bum marque un tour­nant im­por­tant dans la car­rière d’An­nie Ville­neuve; elle as­sume dé­sor­mais plei­ne­ment les rôles d’au­teure et de com­po­si­trice, po­sant sa si­gna­ture sur les pa­roles ou la mu­sique (par­fois même les deux) de 10 des 11 titres qui y sont pro­po­sés.

«Avant, je n’ar­ri­vais pas à as­su­mer d’avoir plus de la moi­tié de mes propres textes ou mu­siques sur un al­bum. On m’a connue d’abord comme in­ter­prète et c’est par la suite que je me suis moi­même dé­cou­verte comme au­teu­re­com­po­si­trice. J’avais le syn­drome de l’im­pos­teur. Mais au­jourd’hui, je suis ren­due là. Je suis prête. Et j’as­sume».

LE CHE­MIN D’UNE RUP­TURE

Le résultat? Un al­bum plus per­son­nel. «Je me suis lais­sée al­ler plus que ja­mais au­pa­ra­vant», avoue-t-elle.

À preuve, An­nie Ville­neuve aborde, entre autres, sa rup­ture avec le ho­ckeyeur Guillaume La­ten­dresse sur la pièce Le Che­min. Leur re­la­tion, de la­quelle est née la pe­tite Léa en 2013, s’est ter­mi­née en juin der­nier après sept ans.

«Il y a du per­son­nel dans chaque chan­son, que ce soit un peu ou en­core beau­coup. Dans ce cas-ci, c’est évi­dem­ment la to­ta­li­té», confie-t-elle.

«Mais je ne veux pas que les gens écoutent cette chan­son et se disent: “Ah, c’est An­nie et Guillaume”. Je veux qu’ils se rap­pellent une date, une heure, une per­sonne de leur pas­sé. Qu’ils se l’ap­pro­prient complètement», pour­suit la chan­teuse.

SOU­VE­NIR DES AN­NÉES 1980

Les fans re­con­naî­tront éga­le­ment un air bien fa­mi­lier sur ce nou­vel al­bum. Ap­puyée par un choeur de 20 per­sonnes, An­nie Ville­neuve re­vi­site la pièce I Want to Know What Love Is, suc­cès pla­né­taire de la for­ma­tion an­glo-amé­ri­caine Fo­rei­gner da­tant du milieu des an­nées 1980.

La chan­teuse a tou­te­fois pré­fé­ré abor­der cette chan­son avec dou­ceur, of­frant une ver­sion se rap­pro­chant da­van­tage de la re­prise qu’avait en­re­gis­trée Ma­riah Ca­rey en 2009 sur son al­bum Me­moirs of an Im­per­fect An­gel.

«J’ai écou­té les deux ver­sions avant d’en­trer en stu­dio. Le texte est tel­le­ment beau, tel­le­ment fort. Je vou­lais y al­ler plus sim­ple­ment, le lais­ser prendre toute la place», ex­plique-t-elle.

DE RE­TOUR DANS GREASE

Les fans de­vront ce­pen­dant at­tendre l’au­tomne pro­chain avant d’en­tendre ces nou­velles chan­sons sur scène. D’ici là, An­nie Ville­neuve se glis­se­ra à nou­veau dans la peau de San­dy Ol­sen (qu’elle in­carne de­puis main­te­nant deux ans) pour de nou­velles re­pré­sen­ta­tions de la co­mé­die mu­si­cale Grease à Ga­ti­neau et Trois-Ri­vières.

«Il n’est pas ques­tion que je laisse quelqu’un d’autre en­fi­ler mon blou­son de Pink La­dy», s’es­claffe-t-elle.

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