«J’AI EN­VIE D’ÊTRE UN MO­DÈLE»

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec cedric.be­lan­ger @que­be­cor­me­dia.com

Avec son folk tein­té de blues «qui part de mes hanches» et ses chan­sons en­ga­gées dans les­quelles elle bran­dit ses convic­tions fé­mi­nistes, Sa­muele ne risque pas de passer in­aper­çue, elle qui lance un pre­mier al­bum com­plet, Les filles sages vont au pa­ra­dis, les autres vont où elles veulent, moins d’un an après avoir rem­por­té les grands hon­neurs du Festival de la chan­son de Gran­by.

Dé­jà, l’abra­sif single La sor­tie tourne à la ra­dio, même dans des sta­tions com­mer­ciales, s’étonne Sa­muele.

Mais avant d’al­ler plus loin, pe­tite pause pour ré­pondre à une ques­tion qui chi­cote sû­re­ment plu­sieurs lec­teurs: qui est cette Sa­muele?

Fière ré­si­dente du quartier Ho­che­la­ga, au­quel elle rend hom­mage avec la chan­son Ho­che­la­ga, mon amour, Sa­muele est une maman mo­no­pa­ren­tale de 30 ans qui a lan­cé, en 2015, un al­bum sur le web, in­ti­tu­lé Z’al­bum, avant d’être re­mar­quée aux Fran­cou­vertes et à Gran­by.

«J’ai eu mon pre­mier band à 15 ans», rap­pelle celle qui a dé­ci­dé il y a quelques an­nées de tout mi­ser sur la mu­sique afin que sa car­rière dé­colle.

«J’ai lâ­ché mon tra­vail pour m’y consa­crer. J’étais ren­due à un mo­ment où si je vou­lais bien faire les choses, la mu­sique devait être mon oc­cu­pa­tion prin­ci­pale.»

UN DE­VOIR DE PAR­LER

Sur l’al­bum, Sa­muele an­nonce ses cou­leurs avec Éga­li­té de pa­pier, une pièce au discours fé­mi­niste af­fir­mé.

«Les gens me parlent beau­coup de ce texte, confie-t-elle. À mes yeux, c’est un pri­vi­lège et un de­voir de par­ta­ger ces choses-là, d’au­tant plus que j’ai une fa­ci­li­té à com­mu­ni­quer des idées. Ça ne me dé­range pas d’être per­çue comme une ar­tiste fé­mi­niste. De toute fa­çon, je le suis. Ce n’est pas une in­sulte ni un pro­blème. Au contraire, je pense que c’est ins­pi­rant de voir des femmes qui prennent leur place».

«Quand les ga­mines me disent qu’elles aiment ce que je fais, c’est là que ça prend tout son sens. Moi, j’ai gran­di uni­que­ment avec des mo­dèles de gars. Dans les ma­ga­zines de gui­tare, il y avait juste des gars. C’était dur de prendre ma place. Au­jourd’hui, j’ai en­vie d’être un mo­dèle, et c’est ce qui me pousse à faire car­rière», ajoute Sa­muele.

« LE GROOVE NA­TU­REL »

Ce­la dit, Sa­muele ne semble pas être de celles qui se cassent la tête avec la vie. Quand on l’in­ter­roge sur l’ori­gine du son folk et blues de ses chan­sons, elle ré­pond que ça lui vient comme ça. «Un groove na­tu­rel qui part de mes hanches», dit-elle.

Idem pour sa car­rière. Elle n’a pas de plans dé­fi­nis, pré­fère se lais­ser sur­prendre par le destin. «C’est quand tu t’y at­tends le moins que les choses sont le plus ma­giques. Je me sens sim­ple­ment chan­ceuse que la mu­sique soit mon tra­vail.»

L’al­bum Les filles sages vont au pa­ra­dis, les autres vont où elles veulent est en vente de­puis le 7 avril.

Sa­muele fe­ra la pre­mière par­tie de Ber­nard Ada­mus, le 7 juillet, à la place d’You­ville, dans le cadre du Festival d’été de Qué­bec.

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