POR­TRAIT D’UN POÈTE EN­GA­GÉ

Raôul Du­guay : L’arbre qui cache la fo­rêt

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ma­rie-France Bor­nais Le Jour­nal de Qué­bec

Connu sur­tout pour sa chan­son em­blé­ma­tique La bittt à Ti­bi, Raôul Du­guay, un phi­lo­sophe, un poète, un ar­tiste en­ga­gé, a ra­con­té 78 ans de vie et 50 ans de car­rière à la psy­cho­so­cio­logue Louise Thé­riault. Elle dresse un por­trait co­lo­ré de cet ar­tiste mul­ti­dis­ci­pli­naire dans Raôul Du­guay: L’arbre qui cache la fo­rêt.

Par la plume de Louise Thé­riault, qui a si­gné la bio­gra­phie de Serge Fiori il y a quelques an­nées, Raôul Du­guay ra­conte son en­fance, de l’Aca­die à l’Abi­ti­bi, son pas­sage à l’or­phe­li­nat, son cours clas­sique, son ap­pren­tis­sage de la pein­ture et du ci­né­ma, l’In­fo­nie, All­lô Toul­mond, Ô ou l’In­vi­sible En­fant, Rio­pelle, Les Lé­gendes fan­tas­tiques... tout un par­cours de créa­teur.

En entrevue, il parle avec en­thou­siasme de L’Arbre qui cache la fo­rêt. «C’est 50 ans de car­rière! Il y a tous les arts. Les trois grands che­vaux de ba­taille que j’ai mon­tés dans toute ma car­rière, ça a été d’abord la dé­fense de la langue fran­çaise, la dé­fense et la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment parce que j’ai été por­teur d’eau pour la Coa­li­tion Eau Se­cours, et na­tu­rel­le­ment, la sou­ve­rai­ne­té.»

Le tra­vail de ren­contres avec Louise Thé­riault a né­ces­si­té deux ans de tra­vail. «Il fal­lait pas­ser du théâtre au ci­né­ma, du ci­né­ma à la pein­ture, de la pein­ture à la sculp­ture, à la pé­da­go­gie, aux confé­rences, aux spec­tacles... Louise est très di­recte et très à l’écoute et j’ai ré­pon­du à toutes ses ques­tions.»

«J’ai ajus­té et com­plé­té des in­for­ma­tions que seul j’avais. Pour cou­vrir 50 ans de car­rière, si on veut être com­plet, ça pren­drait deux ou trois livres. C’est un por­trait plu­tôt qu’une bio­gra­phie et le plus im­por­tant, c’est le fait qu’à tra­vers tout le tra­vail qui a été fait, on dé­voile la fo­rêt, alors que Raôul est connu sur­tout pour l’arbre, qui est La bittt à Ti­bi. C’est mon seul hit vrai­ment im­por­tant dans toute ma car­rière.»

« D’AUTRES DI­MEN­SIONS »

Il fait re­mar­quer que peu de gens savent qu’il a ani­mé des ate­liers de voix pen­dant des an­nées, qu’il a don­né des confé­rences dans les plus grandes en­tre­prises du Qué­bec en res­sources hu­maines, comme phi­lo­sophe sur­tout, qu’il a ex­po­sé ses toiles et ses sculp­tures.

«J’ai fait plu­sieurs pièces de théâtre, un long-mé­trage et j’ai joué dans une di­zaine de films. Ça, c’est la fo­rêt que peu de gens savent. Je pense que c’est l’avan­tage de ce livre de dé­voi­ler d’autres di­men­sions, plus mon im­pli­ca­tion po­li­tique, car j’ai écrit beau­coup sur le su­jet.»

Avec le re­cul, qu’est-ce qu’il consi­dère comme son ac­com­plis­se­ment le plus im­por­tant? «Ce­lui qui s’en vient. Quand on me de­mande quelle est la plus belle de mes toiles, je dis, celle que je vais faire. C’est quoi ma plus belle mu­sique? Mon plus beau poème? Ce­lui sur le­quel je tra­vaille ou bien ce­lui que je vais faire. Parce que j’ai l’ha­bi­tude de dire que je n’ai de mé­moire que du fu­tur. Ce qui m’in­té­resse, c’est ce qu’il y a en avant.»

Raôul Du­guay : L’arbre qui cache la fo­rêt Louise Thé­riault Édi­tions du CRAM - 480 pages

Raôul Du­guay tra­vaille pré­sen­te­ment sur L’Étoile, un pro­jet mul­ti­mé­dia qui uni­fie pein­ture, sculp­ture, mu­sique, phi­lo­so­phie et qui est ba­sé sur les prin­cipes ma­thé­ma­tiques.

Raôul Du­guay et Louise Thé­riault se­ront à la Li­brai­rie La­li­ber­té (2360, che­min Sainte-Foy, à Qué­bec) le 4 mai de 17 h à 19 h, pour des dé­di­caces.

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