DU PLOMB DANS L’AILE

Cette suite de Pas­cal Bour­diaux avec Franck Du­bosc, Ma­thilde Sei­gner et Char­lie Lan­gen­dries peine à trou­ver un rythme ef­fi­cace.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - ISABELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Adap­ta­tion de la cé­lèbre bande des­si­née, Boule et Bill 2 veut s’adres­ser tant aux pa­rents qu’aux très jeunes. Mal­heu­reu­se­ment, en ten­tant de conci­lier ces deux pu­blics, le scé­na­riste Ben­ja­min Guedj ne réus­sit qu’à en­nuyer.

Se dé­rou­lant dans le cadre sur­an­né des années 1970, cette suite s’in­té­resse au jeune Boule (Char­lie Lan­gen­dries), gar­çon­net de 10 ans qui cherche à tout prix à ai­der sa fa­mille.

C’est que son pa­pa (Franck Du­bosc), des­si­na­teur de bandes des­si­nées, a eu une com­mande bien spé­ciale de la part de son édi­trice. Pour plaire, il doit non plus se concen­trer sur le bon­heur, mais sur le mal­heur. Fi­nies donc les his­toires pleines de bons sen­ti­ments. Place à la noir­ceur. Le pauvre père dé­cide alors de faire som­brer la fa­mille dans le mal­heur afin d’y pui­ser l’ins­pi­ra­tion né­ces­saire à son pro­chain ou­vrage.

Évi­dem­ment, cette dé­ci­sion dés­équi­libre la fa­mille, la ma­man (Ma­thilde Sei­gner) étant l’une des « vic­times » de cette vo­lon­té de son ma­ri à dé­truire le bon­heur fa­mi­lial. Et Boule, épau­lé par ses amis hu­mains ou non, dont son chien Bill, un gen­til co­cker, va tout mettre en oeuvre pour ra­me­ner l’ordre.

Parce que le long mé­trage de 80 mi­nutes s’ins­pire de la bande des­si­née de Jean Ro­ba, on a droit à des mo­ments de farce (le res­sort co­mique du slaps­tick an­glais où l’hu­mour dé­pend des consé­quences phy­siques des gestes des per­son­nages) qui lassent un peu, comme cette scène où la mère va d’ac­ci­dent en ac­ci­dent… le tout se ter­mi­nant évi­dem­ment à l’hô­pi­tal.

Les mo­ments dé­diés aux en­fants sont quelque peu dé­pour­vus de l’ha­bi­tuelle fraî­cheur en­fan­tine, le scé­na­rio vou­lant à tout prix re­joindre les adultes. Les ré­pliques sur le ma­riage, no­tam­ment, ne font que sou­li­gner ce dés­équi­libre. ∫ Quant aux acteurs, on a sou­vent l’im­pres­sion qu’ils ré­citent leur texte sans convic­tion, ou pire, avec af­fec­ta­tion.

Boule et Bill 2 est un film qui ne mé­rite pas une sor­tie en salle et que les in­con­di­tion­nels re­gar­de­ront lors de son pas­sage au pe­tit écran.

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