QUAND CASSEY AF­FLECK SE MET UN DRAP SUR LA TÊTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - ISA­BELLE HONTEBEYRIE

En cette époque d’ef­fets spé­ciaux dé­me­su­rés, Une his­toire de fan­tôme, la nou­velle pro­po­si­tion de Da­vid Lo­we­ry, fait jaser. Car Ca­sey Af­fleck y joue un homme mort qui vient han­ter sa veuve, in­car­née par Roo­ney Ma­ra, avec pour seul ac­ces­soire un drap blanc…

L’idée ori­gi­nale d’Une his­toire de fan­tôme est née dans l’es­prit de Da­vid Lo­we­ry juste après une dis­pute avec sa femme, la réa­li­sa­trice Au­gus­tine Friz­zell. Elle vou­lait qu’ils aillent s’ins­tal­ler à Los An­geles tan­dis que lui n’avait pas en­vie de quit­ter le Texas.

« J’ai réa­li­sé que je n’avais pas du tout en­vie de quit­ter cette mai­son. J’étais com­plè­te­ment dé­pri­mé, notre lit n’était plus là et nous dor­mions par terre, a-t-il ex­pli­qué à In­die­wire lors de la pré­sen­ta­tion de son film au Fes­ti­val de Sun­dance en dé­but d’an­née. Pour­tant, je me di­sais que j’ai­mais tou­jours cet en­droit et que je ne vou­lais pas en par­tir. Je me suis de­man­dé ce qui se pas­se­rait si nous res­tions. Je re­con­nais qu’il s’agit là d’un dé­faut de m’at­ta­cher à quelque chose d’aus­si éphémère. Nous en étions lo­ca­taires ! Nous n’étions même pas pro­prié­taires. Et cette mai­son est très sem­blable à celle qu’on voit dans le film. »

Dans le long mé­trage, C (Ca­sey Af­fleck) tente de com­mu­ni­quer avec M, sa veuve, après sa mort. « C’est la pre­mière fois que je fais un film qui est aus­si per­son­nel. Évi­dem­ment, j’em­ploie ce terme de ma­nière ima­gée puis­qu’il s’agit d’un film sur un fan­tôme en drap blanc. Pour­tant, je me suis ins­pi­ré, non pas d’évé­ne­ments concrets de ma vie, mais d’évé­ne­ments émo­tion­nels. Tout ce qu’on y voit est pro­fon­dé­ment an­cré dans ma propre ex­pé­rience. Je ne suis pas mort. Je n’ai pas connu le deuil […], mais tout est pro­fon­dé­ment an­cré dans mes peurs et mes ques­tion­ne­ments. Cer­tains dia­logues sont ceux que j’ai eus avec ma femme. J’ai d’ailleurs trai­té le film comme une es­pèce de thé­ra­pie », a-t-il confié.

UN SIMPLE DRAP BLANC

Le plus sur­pre­nant est sans conteste le fait qu’au lieu d’avoir re­cours à des images de syn­thèse ou à des ef­fets spé­ciaux par or­di­na­teur, Da­vid Lo­we­ry a de­man­dé à Ca­sey Af­fleck de se cou­vrir d’un drap blanc des pieds à la tête, ne lais­sant que deux trous à la place des yeux.

« Je vou­lais em­ployer cette image de­puis plu­sieurs an­nées, mais je n’avais pas de film dans le­quel l’uti­li­ser. C’est une image forte parce que nous l’as­so­cions à l’en­fance et à l’Hal­lo­ween. C’est éga­le­ment une image naïve, char­mante et qui évoque le“fait mai­son ”. En même temps, elle évoque un fan­tôme, quel­qu’un qui est mort et qui ne peut quit­ter la Terre pour une rai­son. Il y a tel­le­ment de si­gni­fi­ca­tions der­rière cette image en­fan­tine très simple et j’ai ado­ré l’idée de la prendre et d’y in­suf­fler une cer­taine gra­vi­té », a-t-il dé­taillé au Hol­ly­wood Re­por­ter.

UNE BONNE DOSE DE PA­TIENCE

Or, les idées les plus simples étant les plus com­plexes à exé­cu­ter, il a fal­lu au ci­néaste, à son ac­teur et à sa cos­tu­mière, une bonne dose de pa­tience et d’in­ven­ti­vi­té.

« Ma cos­tu­mière, An­nell Bro­deur, a fait des tests avec dif­fé­rents tis­sus pour le drap… qui n’était même pas un drap , a pré­ci­sé le réa­li­sa­teur. Il faut sa­voir qu’un drap d’un lit très grand for­mat ne couvre pas quel­qu’un en en­tier, car il fal­lait un cer­tain poids pour que les plis tombent de ma­nière par­faite. Au­tre­ment, nous avons eu éga­le­ment re­cours à l’art des ma­rion­net­tistes de ma­nière à ce que les yeux res­tent au même en­droit et ne tombent pas lors­qu’il tourne la tête. Par­fois, il avait l’air d’un élé­phant avec une trompe ! Et, dans la ma­jo­ri­té des scènes, notre équipe des cos­tumes se trou­vait juste sous le cadre de ma­nière à te­nir le drap en place. Ain­si, le vi­sage a main­te­nu cette sim­pli­ci­té qui n’en de­meure pas moins très émo­tive. »

Une his­toire de fan­tôme han­te­ra les cinémas dès le 4 août.

Dans le film, le per­son­nage prin­ci­pal tente de com­mu­ni­quer, après sa mort, avec sa veuve.

spé­ciaux, le Au lieu d’avoir re­cours à des ef­fets simple drap blanc. réa­li­sa­teur a pré­fé­ré uti­li­ser un

est le pre­mier de fan­tôme Lo­we­ry. Une his­toire réa­li­sa­teur Da­vid du per­son­nel film

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