ZONE DE TURBULENCE DÉSOPILANTE

Re­con­nue pour son hu­mour ro­cam­bo­lesque, la cé­lèbre pièce de Marc Ca­mo­let­ti Boeing Boeing, à l’af­fiche au Théâtre Hec­tor-Char­land de L’As­somp­tion pour la sai­son es­ti­vale, trans­porte ses spec­ta­teurs dans la vie tré­pi­dante d’un don Juan qui en­tre­tient trois

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - LOUISE BOURBONNAIS Col­la­bo­ra­tion spé­ciale louise.bourbonnais @que­be­cor­me­dia.com

Si plu­sieurs hommes rêvent de jouer les dons Juans, ce n’était pas le cas de Ber­nard For­tin lors­qu’il a été sol­li­ci­té pour le faire. « Je n’y te­nais pas parce que j’ai dé­jà joué ce genre de grand sé­duc­teur », confie le co­mé­dien qui prend dé­sor­mais un plai­sir fou à in­ter­pré­ter le rôle de Ri­chard, un homme ha­bile qui par­tage sa vie avec trois femmes dif­fé­rentes.

Cette mou­ture qui a connu un im­por­tant suc­cès en 2015, alors qu’elle était pré­sen­tée à Drum­mond­ville, a failli ne ja­mais connaître un se­cond souffle. « On avait dé­jà or­ga­ni­sé un tran­sport en ca­mion afin de ré­cu­pé­rer le dé­cor le soir de la der­nière re­pré­sen­ta­tion afin de le dé­truire », se sou­vient Ber­nard For­tin. Ce n’est que 24 heures avant la der­nière re­pré­sen­ta­tion qu’un re­vi­re­ment de si­tua­tion est sur­ve­nu. « Le diffuseur du Théâtre Hec­tor-Char­land a ma­ni­fes­té son in­té­rêt pour dif­fu­ser la pièce du­rant la sai­son es­ti­vale 2017 », pré­cise-t-il.

VER­SION AMÉ­LIO­RÉE

La ver­sion ori­gi­nale de 1960, qui a fait l’ob­jet d’une adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique, a été pré­sen­tée plus de 20 000 fois à tra­vers le monde. Elle fi­gure dans le livre des records Guin­ness pour avoir été la pièce fran­çaise la plus re­pré­sen­tée à l’étran­ger. Néan­moins, la mou­ture qué­bé­coise, mise en scène par An­dré Ro­bi­taille, a trans­for­mé les hô­tesses de l’air un peu nu­nuches, en femmes in­tel­li­gentes. « On a cou­pé les conno­ta­tions mi­so­gynes », sou­ligne Ber­nard For­tin, qui a dé­jà pré­sen­té plus d’une cin­quan­taine de re­pré­sen­ta­tions de Boeing Boeing.

Même si on a gar­dé l’ap­pel­la­tion hô­tesse de l’air au lieu d’agente de bord, nous sommes dans un uni­vers contem­po­rain.

TROIS PAYS DIF­FÉ­RENTS

Pour réus­sir son tour de force, Ri­chard a choi­si trois agentes de bord qui tra­vaillent pour trois com­pa­gnies aé­riennes dif­fé­rentes. Elles sont aus­si ori­gi­naires de trois pays dis­tincts. L’une est qué­bé­coise (Caroline Bou­chard), une autre est fran­çaise (Mar­tine Francke) tan­dis que la troi­sième est russe (Lise Mar­tin). Elles vivent toutes sous le même toit, les unes à l’in­su des autres, et elles ont toutes re­çu une de­mande en ma­riage.

DEUX COM­PLICES

Mais si Ber­nard tire son épingle du jeu, c’est prin­ci­pa­le­ment grâce à l’aide de sa femme à tout faire, Berthe (Pau­line Mar­tin). En ef­fet, c’est elle qui l’épaule dans la ges­tion de son agen­da, tout en pre­nant en consi­dé­ra­tion les ho­raires de vol de ses amou­reuses. S’ajou­te­ra à l’his­toire son meilleur ami (Mar­tin Hé­roux), qui, en plus d’être com­plice, l’ai­de­ra à tra­ver­ser des zones de turbulence alors que les trois amou­reuses dé­bar­que­ront chez lui le même jour. Il fau­dra s’at­tendre à voir des maî­tresses dans le pla­card.

« C’est un feu rou­lant avec un jeu de porte très ryth­mé », conclut Ber­nard For­tin.

BOEING BOEING

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