Drew God­dard entre film noir et sus­pense

Le Journal de Montreal - Weekend - - SOMMAIRE - ISA­BELLE HONTEBEYRIE Agence QMI

Ch­ris Hem­sworth, Jon Hamm, Jeff Bridges, Cyn­thia Eri­vo, Da­ko­ta John­son, Cai­lee Spae­ny et Le­wis Pull­man se re­trouvent dans la peau de sept étran­gers dans un mo­tel au mi­lieu de nulle part. Un huis clos sa­vam­ment or­ches­tré par Drew God­dard, qu’on connaît pour son ex­cellent La ca­bane dans les bois.

L’Amé­ri­cain, éga­le­ment au­teur des scé­na­rios de Clo­ver­field et Le mar­tien, a adop­té une dé­marche par­ti­cu­lière pour écrire ce Sale temps à l’hô­tel El Royale, mé­lange de sus­pense et de film noir.

« C’est vrai­ment un pro­jet né de la pas­sion. Je l’ai écrit pour moi. Quand j’ai com­men­cé à l’écrire, je tra­vaillais beau­coup sur des films à gros bud­get avec des ef­fets vi­suels com­pli­qués. Je me plai­gnais à ma femme et, un soir, je lui ai dit que mon pro­chain film se­rait un groupe de gens dans une pièce en train de par­ler. Au dé­but, je plai­san­tais, mais les li­mites peuvent être vrai­ment bien pour un scé­na­riste », a-t-il dé­taillé.

« Je me suis donc fixé le dé­fi de construire un scé­na­rio dans le­quel on trouve plu­sieurs per­sonnes dans un es­pace fer­mé. Com­ment rendre ce­la in­té­res­sant ? Com­ment re­tour­ner l’his­toire, sur­tout lors­qu’elle se dé­roule dans le même lieu ? Com­ment chan­ger d’en­droit au cours d’une seule nuit ? Toutes ces ques­tions rendent le pro­ces­sus d’écri­ture dif­fi­cile, mais aus­si très amu­sant. Et j’adore les hô­tels. »

UNE FRON­TIÈRE EN PLEIN MI­LIEU

La par­ti­cu­la­ri­té du El Royale ? Celle d’être à che­val sur la Ca­li­for­nie et le Ne­va­da, une fron­tière – une ligne rouge – pas­sant en plein mi­lieu.

« La cha­leur et le so­leil à l’ouest, l’es­poir et les op­por­tu­ni­tés à l’est, a ex­pli­qué Drew God­dard. La Ca­li­for­nie, c’est la cha­leur et le so­leil qui ap­pellent les gens comme le chant d’une si­rène. C’est un en­droit qui ap­pelle. Le Ne­va­da sym­bo­lise le chan­ge­ment de vie, l’idée qu’on peut en­trer dans un ca­si­no et en res­sor­tir quel­qu’un de com­plè­te­ment dif­fé­rent. C’est la pro­messe de l’es­poir, cou­plé à l’as­pect sau­vage du Ne­va­da qui a com­men­cé comme État hors-la-loi et qui est len­te­ment de­ve­nu ce phare du ca­pi­ta­lisme. »

LES PER­SON­NAGES RA­CON­TÉS PAR LES AC­TEURS BILLY LEE – CH­RIS HEM­SWORTH

« J’ai pas­sé ma car­rière à jouer les hé­ros. Comme il y a cer­taines règles qu’ils doivent res­pec­ter, ils de­viennent pré­vi­sibles. J’ai trou­vé très agréable de jouer un per­son­nage im­pré­vi­sible, qui amène le ques­tion­ne­ment chez les spec­ta­teurs. »

EMI­LY SUMMERSPRING – DA­KO­TA JOHN­SON

« C’est un peu une hors-la-loi. Elle vient de vivre quelque chose de dif­fi­cile, elle a eu une en­fance com­plexe, elle est très en co­lère. Elle n’a pas peur de faire du mal à qui­conque se met en tra­vers de son che­min. » LARAMIE SEY­MOUR SUL­LI­VAN – JON HAMM

« À la base, mon per­son­nage est un ven­deur d’as­pi­ra­teurs. Mais on fi­nit par s’aper­ce­voir que ce n’est pas to­ta­le­ment vrai et qu’il a un rôle im­por­tant dans l’his­toire de cet hô­tel. »

LE PÈRE DA­NIEL FLYNN – JEFF BRIDGES

« Au pre­mier re­gard, on voit un prêtre du peuple, le genre de prêtre qui se­rait à sa place dans une soupe po­pu­laire. Mais quelques pe­tites choses ne tournent pas rond, même si on ne les voit pas tout de suite. Sa veste et ses pan­ta­lons ne vont pas en­semble, son col est un peu trop grand. Je ne suis pas qui je semble être. Et on voit des in­dices si on fait at­ten­tion. »

DARLENE SWEET – CYN­THIA ERI­VO

« Le jaune de sa robe est tel­le­ment vif. Ça de­vient presque son au­ra. Elle est jaune à l’in­té­rieur d’elle-même. Elle a vé­cu beau­coup de choses et a be­soin d’un vê­te­ment qui lui don­ne­ra confiance en elle, qui lui per­met­tra de dé­cou­vrir qui elle est, qui lui per­met­tra de conser­ver cet amour de la mu­sique qui la fait avan­cer. La mu­sique lui per­met de gar­der sa pu­re­té. »

ROSE SUMMERSPRING – CAI­LEE SPAE­NY

« Ce que je peux dire, c’est que mon per­son­nage ren­contre les mau­vaises per­sonnes au mau­vais mo­ment. »

MILES MILLER – LE­WIS PULL­MAN

« Miles est étrange. Il n’est pas à l’aise et n’est ja­mais to­ta­le­ment en contrôle. On ne sait pas de­puis com­bien de temps il tra­vaille au El Royale ni pour­quoi il y est ve­nu. C’est une es­pèce de pur­ga­toire pour lui, alors qu’il at­tend que l’in­évi­table se pro­duise. »

SALE TEMPS À L’HÔ­TEL EL ROYALE

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.