QUAND LA FÊTE TOURNE AU VI­NAIGRE

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - LOUISE BOURBONNAIS Col­la­bo­ra­tion spé­ciale louise.bourbonnais @que­be­cor­me­dia.com

Le nou­velle Théâtre créa­tion La Li­corne de Fa­bien pré­sente Clou­tier. ces jours-ci Met­tant la en ve­dette Jo­sée Des­chêne, qui se­ra en­tou­rée par huit co­mé­diens sur scène, la pièce trans­por­te­ra les spec­ta­teurs au coeur d’une fête fa­mi­liale, où l’on est réuni pour sou­li­gner la re­traite de Jo­ce­lyne. D’em­blée, on nous an­nonce que le sou­per de fa­mille va mal se ter­mi­ner.

Tan­dis qu’elle s’ap­prête à prendre sa re­traite, Jo­ce­lyne, in­ter­pré­tée par Jo­sée Deschênes, in­vite ses proches pour cé­lé­brer en fa­mille et, par la même oc­ca­sion, leur an­non­cer la nou­velle.

« Jo­ce­lyne est une fonc­tion­naire, an­nonce Jo­sée Deschênes à pro­pos de son per­son­nage. Elle a tous les avan­tages so­ciaux per­met­tant de prendre une re­traite do­rée à l’âge de 55 ans. »

Un constat qui ne va pas plaire à cha­cun.

« On évoque l’idée que l’on a ce que l’on mé­rite », ajoute la co­mé­dienne.

La pièce est un pré­texte pour dres­ser un por­trait de la so­cié­té par le tru­che­ment d’une fa­mille du Qué­bec d’au­jourd’hui, is­sue de la classe moyenne.

C’est prin­ci­pa­le­ment le manque d’em­pa­thie qui res­sor­ti­ra de cette fa­mille, où l’on ne sait pas écou­ter, ni même ai­mer.

HY­PER INDIVIDUALISME

« On est dans le règne de l’hy­per individualisme, fait re­mar­quer Jo­sée Deschênes. Cha­cun parle de soi sans vrai­ment écou­ter les autres, in­ca­pable de se mettre dans la peau de l’autre et sans se pré­oc­cu­per de la dé­tresse des autres. »

On évoque le trouble psy­cho­lo­gique de l’un, ou la peine d’amour d’un autre. Bref, une foule de con­ver­sa­tions, où per­sonne n’écoute vrai­ment l’autre et où cha­cun de­meure cam­pé dans son propre rai­son­ne­ment et ses propres va­leurs, ex­pri­mant ses propres points de vue.

« Cer­taines con­ver­sa­tions vont trop loin sans se rendre compte qu’on vient de créer un tsu­na­mi chez l’autre, sou­ligne la co­mé­dienne. Ils ont des opi­nions sur tout sans être ex­perts en rien. »

Par­mi les autres per­son­nages, on re­trou­ve­ra no­tam­ment Bri­gitte Pou­part, qui in­ter­prète la soeur de Jo­ce­lyne et qui est quelque peu ja­louse de la si­tua­tion de Jo­ce­lyne, n’ayant pas la pos­si­bi­li­té de prendre sa re­traite avant l’heure.

UN HU­MOUR CIN­GLANT

Pré­ju­gés, ja­lou­sie et mal­adresses se­ront de la par­tie.

Nous sommes dans une co­mé­die dra­ma­tique. Il faut donc s’at­tendre à ce que la fête fa­mi­liale tourne au drame, prin­ci­pa­le­ment lorsque cer­tains se­crets de fa­mille se­ront dé­voi­lés.

« Au dé­but, on va rire beau­coup et à la fin on ne ri­ra plus du tout, ré­vè­let-elle. On as­siste à une soi­rée qui dé­gé­nère. »

Avec Bonne re­traite, Jo­ce­lyne, l’au­teur et met­teur en scène Fa­bien Clou­tier signe sa der­nière pièce dans le cadre de sa ré­si­dence d’au­teur à La Li­corne.

Par ailleurs, on pour­ra voir Jo­sée Deschênes à l’Es­pace Libre à comp­ter du 27 no­vembre dans la pièce Ca­mi­lien Houde qui est re­prise cette an­née après le suc­cès qu’elle a connu la sai­son der­nière.

Les co­mé­diens Éric Le­blanc, Jo­sée Deschênes, Jean-Guy Bou­chard et Bri­gitte Pou­part font par­tie de la dis­tri­bu­tion.

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