Juste une grosse ma­chine ?

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - Ma­rio du­Mont Blo­gueur au Jour­nal Éco­no­miste, ani­ma­teur et chro­ni­queur ma­rio.du­mont @que­be­cor­me­dia.com @ma­rio­du­mont

Le Conseil gé­né­ral du Par­ti li­bé­ral du Qué­bec qui se tient ce wee­kend de­vrait don­ner lieu à des dis­cus­sions qui ne se sont pas pro­duites de­puis des lunes dans les rangs li­bé­raux, sur­tout avec le son­dage pu­blié ce ma­tin. En fait, il se­ra ques­tion du par­ti lui-même, de ses mi­li­tants, de son éthique, de sa mis­sion.

Je ré­su­me­rais la ques­tion cen­trale que se posent les mi­li­tants de la base de la fa­çon sui­vante: notre par­ti est-il de­ve­nu juste une grosse ma­chine à ga­gner des élec­tions? Comme une chaîne com­mer­ciale de chaus­sures, comme une ban­nière de fast-food bien im­plan­tée, comme une ban­nière de ma­ga­sins à un dol­lar?

Le pré­sident sor­tant de la Com­mis­sion po­li­tique lance un ap­pel aux autres membres concer­nant l’état de son par­ti. Il sou­haite que le mi­li­tan­tisme dans son sens le plus noble re­trouve une si­gni­fi­ca­tion dans PLQ de Phi­lippe Couillard.

DUR CONSTAT !

Les constats de ce li­bé­ral ne manquent pas de punch. Le par­ti connaît des dys­fonc­tion­ne­ments, sa base mi­li­tante est en chute libre et le gou­ver­ne­ment li­bé­ral fait fi des po­si­tions vo­tées par ses propres mi­li­tants.

Cu­rieuse af­faire quand même. Gé­né­ra­le­ment, un par­ti po­li­tique se trouve très beau et très bon, même lorsque les élec­teurs l’ap­puient peu. Le Par­ti li­bé­ral de son cô­té do­mine dans les son­dages, est au pou­voir presque sans in­ter­rup­tion de­puis 15 ans…et ce sont ses propres troupes qui tré­pignent.

Il y a néan­moins quelque chose de ras­su­rant dans ce sou­bre­saut ve­nant de la base li­bé­rale. Ce­la nous fait voir qu’il se trouve en­core dans les ra­cines du Par­ti li­bé­ral un fond de gens qui mi­litent pour les bonnes rai­sons. Ce­la nous in­dique que le PLQ n’est pas en­tiè­re­ment entre les mains de gens qui y sont par in­té­rêt.

CONVIC­TIONS VS OP­POR­TU­NISME

Je sais que la mode veut que l’on soit cy­nique en­vers les par­tis po­li­tiques. Un par­ti po­li­tique, c’est une farce, des croches, des pro­fi­teurs ou au mieux des rê­veurs lors­qu’ils sont loin du pou­voir. Pour qui­conque croit en notre dé­mo­cra­tie, un par­ti po­li­tique est plu­tôt le pre­mier lieu de ras­sem­ble­ment d’hommes et de femmes qui par­tagent des convic­tions et des idées pour l’ave­nir de leur so­cié­té.

Ain­si réunis, ils sont en me­sure de re­grou­per leurs idées sous la forme d’un pro­gramme, puis de se don­ner les moyens d’of­frir le­dit pro­gramme à leurs conci­toyens en pré­sen­tant un can­di­dat dans chaque com­té. Ce­lui qui y mi­lite est un ci­toyen qui veut par­ti­ci­per plus ac­ti­ve­ment à dé­fi­nir la so­cié­té de de­main.

Vous n’êtes pas naïfs. Vous sa­vez qu’il y a aus­si des gens qui sont là par in­té­rêt per­son­nel. L’ar­gent, le pou­voir. Ce n’est pas si grave tant que ceux-ci ne mènent pas la barque. Tant que les vrais mi­li­tants de convic­tion res­tent aux com­mandes.

Dans un par­ti de pou­voir comme le PLQ, le dan­ger c’est de de­ve­nir stric­te­ment un par­ti d’in­té­rêts. Un par­ti qui bâ­tit un pro­gramme à par­tir des son­dages, ra­masse de l’ar­gent et soigne sa marque de com­merce pour être élu. Le pou­voir pour ser­vir ses in­té­rêts. Le pou­voir pour le pou­voir.

Des mi­li­tants veulent évi­ter ce­la? Il est mi­nuit moins cinq.

Dans un par­ti de pou­voir comme le PLQ, le dan­ger c’est de de­ve­nir stric­te­ment un par­ti d’in­té­rêts.

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