Les passe-droits de l’État

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - LISE RAVARY lise.ravary@que­be­cor­me­dia.com @li­se­ra­va­ry

Dans l’im­men­si­té du bud­get du gou­ver­ne­ment du Qué­bec, l’in­dem­ni­té de dé­part de 200 000 $ consen­tie à Ch­ris­tian Gou­let, ren­voyé après en­quête de son poste de pa­tron des Ser­vices par­ta­gés du Qué­bec, ne re­pré­sente que quelques grains de sable.

Le vrai scan­dale, c’est l’in­ca­pa­ci­té de la classe po­li­tique de com­prendre à quel point la po­pu­la­tion est écoeu­rée de ce qu’elle ap­pelle les « ma­gouilles », les « passe-droits », les « pri­vi­lèges », la « crosse » au sein l’ap­pa­reil gou­ver­ne­men­tal. Sur­tout qu’elle paie la note. Mes­dames, mes­sieurs du gou­ver­ne­ment, vous n’avez au­cune idée à quel point les gens en ont ras le bol.

DEUX POIDS…

Se­lon la Loi sur les normes du tra­vail, qui « pro­tège » le bon peuple en cas de congé­die­ment, « l’em­ployeur doit s’as­su­rer de re­mettre au sa­la­rié toutes les sommes qui lui sont dues : sa­laire, heures sup­plé­men­taires, in­dem­ni­té de va­cances (4 % ou 6 %), etc. » C’est tout. Mais la loi n’est pas faite pour les grands com­mis de l’État.

Se­lon le mi­nistre Pierre Ar­cand, la faute de M. Gou­let – conflit d’in­té­rêts – n’était pas as­sez grave pour re­te­nir les 200 000 $. La dé­pu­tée pé­quiste Ni­cole Lé­ger a po­sé LA ques­tion du jour : « Comment la faute com­mise par M. Gou­let peu­telle être as­sez lourde pour que le gou­ver­ne­ment or­donne son congé­die­ment, mais pas as­sez grave pour lui en­le­ver son in­dem­ni­té ?

Quand le gou­ver­ne­ment va-t-il ces­ser d’of­frir des condi­tions pha­rao­niques à ses hauts fonc­tion­naires ? L’ex­cuse de de­voir concur­ren­cer le pri­vé ne tient pas. J’ai tra­vaillé au pri­vé dans des postes de cadre toute ma vie et je n’ai ja­mais vu quel­qu’un re­ce­voir un an de sa­laire pour trois mois d’em­ploi après un congé­die­ment avec cause. Ja­mais.

Si ja­mais le Qué­bec se re­trouve un jour avec un po­pu­liste au­to­ri­taire à la tête de l’État, les res­pon­sables de ces dé­ci­sions, in­com­pré­hen­sibles et in­dé­fen­dables, se­ront à blâ­mer.

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