Le Journal de Montreal

Gaviria se paie une deuxième étape

Le Colombien devance de justesse Sagan et Greipel au sprint final

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SARZEAU | (AFP) Et de deux pour Fernando Gaviria ! Le Colombien a remporté au sprint la 4e étape du Tour de France, hier, à Sarzeau, près du golfe du Morbihan, où l’échappée franco-belge du jour a failli réussir.

L’étape, qui n’a pas modifié la hiérarchie du Tour toujours mené par le Belge Greg Van Avermaet, s’est jouée dans le dernier kilomètre. Pour un sprint très serré entre trois coureurs qui ont franchi la ligne dans un mouchoir.

Le champion du monde, Peter Sagan, est remonté in extremis dans les derniers mètres. Mais le Slovaque a pris la deuxième place, sa... 20e dans le Tour et sa deuxième depuis le départ.

9e VICTOIRE DE LA SAISON

« C’était une question de timing. Si j’avais été dans la roue d’André Greipel quand il a lancé, le résultat aurait pu être différent », a commenté le porteur du maillot vert, à la ligne de résultats impression­nante dans les trois étapes en ligne courues (2e, 1er, 2e).

À l’arrivée, le « Gorille de Rostock », André Greipel, a failli lui aussi gronder de plaisir. Mais l’Allemand a légèrement faibli sur la fin et a pris la troisième place.

À 23 ans, Gaviria a signé son 9e succès de la saison et surtout son deuxième succès depuis le départ du Tour, trois jours après son sprint victorieux de Fontenay-le-Comte. Il est en passe de réussir des débuts aussi flamboyant­s que ceux de Sagan, qui avait gagné à trois reprises lors de sa première participat­ion en 2012.

SUSPENS POUR L’ÉCHAPPÉE

Quel est le secret pour le battre ? Sagan a donné sa réponse : « C’est d’attendre qu’il commette une erreur... ou qu’il y ait des côtes. »

En attendant ces terrains plus favorables, le peloton a joué avec le feu avec l’échappée du jour, reprise seulement sous la flamme rouge du dernier kilomètre.

Par une étrange coïncidenc­e avant la demi-finale France-Belgique du Mondial de football, l’échappée a réuni dès les premiers hectomètre­s quatre représenta­nts des deux pays.

Les deux « Bleus », Jérôme Cousin et Anthony Pérez, et les deux « Diables Rouges », Dimitri Claeys et Guillaume Van Keirsbulck, ont bénéficié d’un bon de sortie qui a culminé à 7 minutes et demie. Mais leur avance s’est réduite sous l’effet conjugué de la poursuite organisée par les équipes de sprinteurs (Gaviria, Greipel, Démare, Groenewege­n) et du vent de face dans les 100 derniers kilomètres.

Le quatuor a accéléré à l’approche des 40 derniers kilomètres pour compter encore 2 minutes et demie aux 25 kilomètres. L’équipe Quick-Step a dû dépêcher plusieurs coureurs pour activer la chasse sans pour autant mettre fin au suspens.

La formation belge, qui espérait du renfort, a modéré ses efforts en tête du peloton avant d’insister de nouveau. L’écart, qui atteignait 1 min 45 s aux 15 kilomètres, a diminué ensuite : 1 minute aux 8 kilomètres et 35 secondes 4 kilomètres plus loin.

UN HOMME EN MOINS POUR BARDET

« On a fait un beau travail collectif », s’est félicité Philippe Gilbert, le capitaine de route de l’équipe de Gaviria. « On n’a pas reçu beaucoup d’aide, mais on a réussi à revenir sur l’échappée et à rester groupé. »

Le Belge a souligné le travail du « lanceur » de Gaviria, l’Argentin Max Richeze. « Je l’ai vu partir aux 400 mètres, vent de face, et je me suis dit qu’il allait lâcher Fernando [Gaviria] aux 150 mètres. Richeze est très important dans le succès de Fernando, il ne faut surtout pas l’oublier. »

Moins heureuse que la Quick-Step, l’AG2R La Mondiale a perdu un coureur. À moins de 6 kilomètres de l’arrivée, une chute collective a jeté violemment à terre Axel Domont, le compagnon de chambre du Français Romain Bardet, qui apprécie son dévouement sans limites et son heureux caractère.

Sévèrement touché, le Drômois souffre d’un traumatism­e crânien important et d’une fracture, avec déplacemen­t, de la clavicule droite. Par le passé, il a subi pas moins de cinq fractures de la clavicule, mais du côté gauche.

Aujourd’hui, la 5e étape, 204,5 km entre Lorient et Quimper, emprunte des routes d’un autre profil, sinueuses, étroites et accidentée­s. Dans l’esprit d’une classique ardennaise, de l’avis du directeur de course Thierry Gouvenou qui espère du mouvement.

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PHOTO AFP En bleu, le Colombien Fernando Gaviria s’est imposé au sprint pour sa deuxième victoire d’étape à la Grande Boucle, devant Peter Sagan (en vert) et André Greipel (en rouge).

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