Amé­na­ger le gre­nier : quelle bonne idée !

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Sou­vent exi­gu, sombre et ra­mas­se­pous­sière, le gre­nier est sou­vent né­gli­gé. Et pour­tant ! Si vous aviez suf­fi­sam­ment d’es­pace, ima­gi­nez com­ment vous pour­riez le trans­for­mer…

Réa­mé­na­ger le gre­nier re­lève de la mé­ta­mor­phose com­plète : ne vous lan­cez pas dans ce pro­jet sans sa­voir ce que vous faites. Tout le tra­vail né­ces­saire à cette réa­li­sa­tion est plus com­plexe qu’il n’y pa­rait. In­for­mez-vous au­près de votre mu­ni­ci­pa­li­té pour mieux connaitre la ré­gle­men­ta­tion en vi­gueur. Comme on doit construire un es­ca­lier pour se rendre « en haut », cet ajout va exi­ger une de­mande de per­mis, puisque cette ins­tal­la­tion doit être conforme. Vous de­vrez peu­têtre mettre une nou­velle fe­nêtre ou so­li­di­fier le plan­cher éga­le­ment… « En en­ga­geant un pro­fes­sion­nel, il va va­li­der toute l’in­for­ma­tion re­quise pour ce genre de tra­vaux », in­dique Guillaume Fa­fard, pro­prié­taire de l’en­tre­prise Quinz­hee Ar­chi­tec­ture.

HAU­TEUR MI­NI­MALE

C’est la hau­teur du pla­fond qui va dic­ter la fai­sa­bi­li­té du pro­jet, rap­pelle M. Fa­fard. Pour une chambre, la hau­teur mi­ni­male se si­tue entre 2 et 2,1 mètres en­vi­ron ou idéa­le­ment, 2,4 mètres pour être confor­table, c’est-à-dire 8 pieds. « On peut mar­cher de­bout et on n’a pas l’im­pres­sion que le pla­fond nous écrase », dit-il. Avec des murs en angle, on pour­rait ob­te­nir 12 pieds au mi­lieu de la pièce, à l’en­droit où se trouve le pi­gnon du toit. Il est pos­sible de gar­der l’angle de toit jus­qu’au plan­cher, mais on se re­trou­ve­rait avec un es­pace sous-uti­li­sé qui ra­mas­se­rait la pous­sière. « Quand la toi­ture com­mence à ren­con­trer la ver­ti­ca­li­té, le mur qu’on va construire peut être un mur meuble, comme une bi­blio­thèque de 4 ou 5 pieds de haut à cet en­droit », pro­pose M. Fa­fard. Il faut maxi­mi­ser l’es­pace au maxi­mum.

UN QUA­TRIÈME ÉTAGE ?

Si on a dé­jà une mai­son de trois étages, dans le style cot­tage, le gre­nier de­vient alors le qua­trième étage : « Il va fal­loir le trai­ter comme une mez­za­nine, si­non ce se­ra pro­blé­ma­tique au ni­veau de l’étude de code et de la ré­gle­men­ta­tion », sou­tient M. Fa­fard. Dans ce cas-ci, on n’est plus dans la même sec­tion du code de bâ­ti­ment et il y a beau­coup plus de lé­gis­la­tion avec les is­sues, la hau­teur du bâ­ti­ment, etc. Pour un bun­ga­low, le gre­nier re­pré­sente le troi­sième étage, ce qui est moins com­plexe. « On de­meure dans la sec­tion du code des pe­tits bâ­ti­ments ré­si­den­tiels », nuance-t-il.

UNE BELLE IN­TÉ­GRA­TION

Au be­soin, se­lon votre em­pla­ce­ment, vous de­vrez éga­le­ment res­pec­ter les contrainte­s de votre ville. De l’ex­té­rieur, les ajouts doivent bien s’in­té­grer à l’en­semble du bâ­ti­ment. Pou­vez-vous mettre une fe­nêtre avec une lu­carne ou une mar­quise ? « Dans le Vieux­qué­bec no­tam­ment, on doit te­nir compte du pa­tri­moine », ex­plique M. Fa­fard.

L’in­té­rieur vous ap­par­tient, mais vous de­vez aus­si ana­ly­ser cer­tains as­pects comme le nou­vel es­ca­lier condui­sant au gre­nier, par exemple. Le style co­li­ma­çon est très beau, mais il ne vous fe­ra pas né­ces­sai­re­ment ga­gner de l’es­pace com­pa­ra­ti­ve­ment à un es­ca­lier droit. Ce­lui-ci est plus fa­cile à construire, il est moins dis­pen­dieux et il se dis­si­mule très bien dans un mur.

PLAN­CHER ET FI­NI­TION

Si le plan­cher du gre­nier est consti­tué seule­ment d’une ferme de toit avec des « 2 par 4 », vous de­vrez le so­li­di­fier. Peut-on sim­ple­ment sub­ti­li­ser les par­ties in­fé­rieures des fermes de toit par des pou­trelles de plan­cher ? « Un in­gé­nieur de­vra in­ter­ve­nir car, dé­pen­dam­ment de la por­tée de la mai­son, il fau­dra peut-être ajou­ter des co­lonnes, des poutres, etc. », sou­ligne M. Fa­fard. En­suite, vous de­vrez choi­sir le type de re­vê­te­ment que vous dé­si­rez. À cha­cun son style, mais un plan­cher de bois pâle se ma­rie très bien avec des murs blancs épu­rés, agré­men­tés de poutres de bois bien vi­sibles au pla­fond.

LA CHA­LEUR MONTE…

Afin que l’élec­tri­ci­té par­vienne au gre­nier, vous de­vrez faire ap­pel à un élec­tri­cien cer­ti­fié pour ef­fec­tuer ces tra­vaux. Pour le chauf­fage, une plinthe élec­trique stan­dard fe­ra l’af­faire. Il est pos­sible de vous bran­cher sur le sys­tème à eau chaude qui existe dé­jà dans la mai­son. La ven­ti­la­tion est éga­le­ment très im­por­tante, puisque la tem­pé­ra­ture fluc­tue énor­mé­ment entre l’hi­ver et l’été. Pour une mai­son neuve, vous au­rez dé­jà un sys­tème d’échan­geur d’air. Dans le cas d’une mai­son exis­tante, qui ne pos­sède pas d’équi­pe­ment, la bonne vieille méthode qui consiste à ou­vrir les fe­nêtres a tou­te­fois ses li­mites. On n’y pense moins du­rant l’hi­ver, quand on se gèle à l’ex­té­rieur, mais il peut faire très chaud l’été. Vous ne vou­lez pas vous re­trou­ver comme dans un four dans votre gre­nier nou­vel­le­ment amé­na­gé…

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