UNE NOU­VELLE VIE EN 3D

MON­TRÉAL | Plus de dix ans après avoir été pré­sen­té pour la pre­mière fois, le clas­sique des stu­dios Dis­ney La Belle et la Bête re­prend vie au grand écran. De­puis ven­dre­di, le pu­blic est in­vi­té à re­dé­cou­vrir ce conte in­tem­po­rel en 3D, per­pé­tuant ain­si une

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Va­nes­sa Gui­mond VA­NES­SA.GUI­MOND@JOUR­NALMTL.COM

Les stu­dios Dis­ney sa­vaient que les fans du Roi lion sou­hai­taient re­voir le film sur grand écran. Ce­pen­dant, l’en­tre­prise n’était pas convain­cue qu’il y avait un mar­ché pour la ver­sion 3D de ce po­pu­laire film ani­mé, qui a vu le jour en 1994.

À l’au­tomne 2011, les res­pon­sables de la dis­tri­bu­tion ont choi­si de prendre un risque en pré­sen­tant, sur une pé­riode de deux se­maines, la ver­sion 3D de ce long mé­trage met­tant en ve­dette le très at­ta­chant Sim­ba. Cons­ta­tant l’en­goue­ment du pu­blic, ils ont dé­ci­dé de pro­lon­ger la pé­riode de pré­sen­ta­tion en salles.

« Ç’a été une belle sur­prise pour l’en­tre­prise. Nous sa­vions que les fans vou­laient re­voir le film sur grand écran, mais c’était aus­si l’oc­ca­sion idéale, pour nous, de me­su­rer l’in­té­rêt du pu­blic », a ra­con­té Greg Ma­son, vice-pré­sident mar­ke­ting de Walt Dis­ney Stu­dios Mo­tion Pic­tures Ca­na­da.

« Ç’a été in­croyable. Les gens vou­laient re­voir le film et le faire dé­cou­vrir à leurs en­fants. Le pu­blic sait qu’il n’y a rien de mieux que de voir un film sur grand écran, a-t-il af­fir­mé. De plus, le 3D a ame­né beau­coup de pro­fon­deur à l’ani­ma­tion clas­sique du film et a vrai­ment at­ti­ré l’at­ten­tion sur ce­lui-ci. »

Convain­cus de la per­ti­nence de l’exer­cice, qui a rap­por­té 94,2 mil­lions de dol­lars aux gui­chets, en Amé­rique du Nord, les stu­dios ont confir­mé la sor­tie de la ver­sion 3D de La Belle et la Bête, à l’af­fiche de­puis ven­dre­di.

« Nous sa­vons qu’il y a d’autres films, dans notre voûte, que les adeptes de Dis­ney sou­haitent re­voir, a af­fir­mé M. Ma­son. Nous choi­sis­sons ceux qui, se­lon nous, se­ront les mieux ac­cueillis, mais éga­le­ment ceux qui se prêtent le mieux à une conver­sion en 3D. »

Ain­si, le 14 sep­tembre pro­chain, Dis­ney pré­sen­te­ra la ver­sion 3D du Monde de Ne­mo. En jan­vier 2013, ce se­ra au tour de Monstres, Inc., dont la pré­quelle se­ra lan­cée, éga­le­ment en 3D, au mois de juin. Dans sa ver­sion ori­gi­nale, le film por­te­ra le nom de Mons­ters Uni­ver­si­ty et ra­con­te­ra comment Mike et Sul­li se sont ren­con­trés.

UNE TÂCHE COM­PLEXE

C’est au sté­réo­graphe Ro­bert Neu­man que les stu­dios Dis­ney ont confié la tâche d’ame­ner une nou­velle di­men­sion à La Belle et la Bête.

Dans les notes de pro­duc­tion four­nies par les stu­dios, M. Neu­man ex­plique qu’il y a quelques an­nées, adap­ter un film com­po­sé de des­sins faits à la main au­rait de­man­dé aux ar­tistes de les re­des­si­ner un à un en ima­gi­nant les per­son­nages du point de vue de chaque oeil. Grâce à la tech­no­lo­gie, lui et son équipe ont pu ajou­ter de la pro­fon­deur aux images exis­tantes dans le but de créer l’ef­fet 3D.

« Lors­qu’on tourne un film tra­di­tion­nel, on peut sim­ple­ment ajou­ter une deuxième ca­mé­ra pour ob­te­nir le point de vue du deuxième oeil », ex­plique Ro­bert Neu­man, qui a uti­li­sé une tech­nique de « dé­pla­ce­ment de pixels » afin de créer une « carte de pro­fon­deur » cor­res­pon­dant à cha­cune des images.

« La carte de pro­fon­deur est une image avec une échelle de gris qui per­met à nos ar­tistes de mo­dé­li­ser les dif­fé­rentes pro­fon­deurs de l’image. Nous som- mes en­suite ca­pables d’ap­pli­quer le ré­sul­tat à l’image ori­gi­nale et de dé­pla­cer les pixels pour créer le point de vue du deuxième oeil. »

Les membres de l’équipe de pro­duc­tion ori­gi­nale, soit le pro­duc­teur Don Hahn et les réa­li­sa­teurs Ga­ry Trous­dale et Kirk Wise, ont vi­sion­né le film et in­di­qué à Ro­bert Neu­man quelles sé­quences pro­fi­te­raient de l’usage du 3D.

« Nous uti­li­sons le 3D pour sou­te­nir la trame nar­ra­tive, af­firme Ro­bert Neu­man. Au même titre que tous les autres as­pects du film, comme la trame so­nore, par exemple, le 3D est uti­li­sé afin de re­haus­ser les mo­ments émou­vants et construire les mon­tées d’émo­tions. »

L’adap­ta­tion de La Belle et la Bête a né­ces­si­té dix mois de tra­vail et a été ef­fec­tuée par une équipe com­po­sée de 30 ar­tistes. La Belle et la Bête est pré­sen­te­ment à l’af­fiche dans les ci­né­mas.

La Belle et la Bête a été lan­cé par les stu­dios Dis­ney, le 13 no­vembre 1991. Le film, réa­li­sé par Ga­ry Trous­dale et Kirk Wise, s’ins­pire du conte de Jeanne-ma­rie Le­prince de Beau­mont. Se­lon IMDB, le film a gé­né­ré des re­cettes avoi­si­nant les 348 mil­lions de dol­lars.

La Belle et la Bête a ré­col­té six no- mi­na­tions aux Os­cars et a rem­por­té les pres­ti­gieuses sta­tuettes dans les ca­té­go­ries meilleure mu­sique (Alan Men­ken) et meilleure chan­son ori­gi­nale (Alan Men­ken et Ho­ward Ash­man pour Beau­ty

and the Beast). Cé­line Dion et Pea­bo Bryson in­ter­prètent la ver­sion ori­gi­nale de la chan­son Beau­ty and the

Beast. La pièce se re­trouve d’ailleurs sur l’al­bum épo­nyme de Cé­line Dion, pa­ru en 1992. Trois ans après sa sor­tie, le film a fait l’ob­jet d’un mu­si­cal sur Broad­way. Le spec­tacle a été pré­sen­té à 5 464 re­prises, entre 1994 et 2007. Il a éga­le­ment vi­si­té 115 villes dans 13 pays.

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