UN NOU­NOURS vrai­ment pas comme les autres

Ima­gi­nez un ins­tant que l’ours en pe­luche de votre en­fance s’anime et se mette à par­ler. Quand vous êtes pe­tit, c’est mi­gnon. Mais lors­qu’on de­vient grand... l’est-ce en­core ?

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

C’est la pro­po­si­tion pour le moins in­ha­bi­tuelle de Seth MacFar­lane, le réa­li­sa­teur et cos­cé­na­riste de Ted. La co­mé­die pour adultes met en ve­dette Mark Wahl­berg dans le rôle de John, le pro­prié­taire du nou­nours en ques­tion. À ses cô­tés, Mi­la Ku­nis in­carne Lo­ri, sa pe­tite amie dont la pa­tience est mise à rude épreuve par la pe­luche.

« Quand j’ai en­ten­du par­ler du concept, ça ne me ten­tait pas, a confié Mark Wahl­berg aux jour­na­listes, lors d’une pré­sen­ta­tion du film. C’est mon agent qui m’a convain­cu de lire le scé­na­rio. Quand ce­la a été fait, j’ai dit “Oui” au rôle ».

« Le pu­blic ne se­ra pas dé­çu, a conti­nué l’ac­teur. “Ted” est vrai­ment du Seth MacFar­lane sous sté­roïdes. La pre­mière fois que j’ai re­gar­dé “Fa­mi­ly Guy”, j’ai été aba­sour­di des choses qu’il pré­sen­tait. Mais dans ce film, il va en­core plus loin et tout le monde y passe. Seth n’épargne per­sonne. »

LOIN DE DIS­NEY

Ef­fec­ti­ve­ment, on est loin de l’our­son à la Dis­ney, même s’il est créé en CGI (ani­ma­tion par or­di­na­teur) : Ted fume, boit, cri­tique tout, fait preuve d’un cy­nisme confon­dant et se paye même des pros­ti­tuées... tout en lor­gnant sous le pei­gnoir de Lo­ri.

« Je ne vou­lais sur­tout pas que Lo­ri soit exas­pé­rante, a ex­pli­qué Mi­la Ku­nis. Je crois qu’une femme peut ar­ri­ver au juste mi­lieu, entre faire par­tie de la “bande de gars” tout en étant un peu plus ré­ser­vée. »

« Même si Seth pousse le dé­lire très loin, je lui fais confiance. Il sait ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas, et pos­sède un sens très sûr de ce que le pu­blic va ai­mer. Il m’a quand même fait faire des trucs de fou, comme de ra­mas­ser de la m***! »

« Quand j’ai vi­sion­né le film la se­maine der­nière, j’ai vrai­ment été agréa­ble­ment sur­prise de voir com­bien le per­son­nage de Ted est réa­liste. L’ani­ma­tion par or­di­na­teur fonc­tionne, et on y croit. Par contre, si vous êtes fa­ci­le­ment cho­qué, n’y al­lez pas. Si­non, c’est vrai­ment du divertissement pur et simple. »

« MO­TION CAP­TURE »

En plus de se trou­ver der­rière la ca­mé­ra, Seth MacFar­lane a te­nu à faire la voix de Ted. De sur­croît, l’ours en pe­luche a été fil­mé en uti­li­sant un sys­tème de cap­ta­tion de mouve- ments (« mo­tion cap­ture ») du même genre que ce­lui dont s’est ser­vi Pe­ter Jack­son pour le per­son­nage de Gol­lum. MacFar­lane était donc équi­pé quo­ti­dien­ne­ment de cap­teurs. « Pour créer Ted, j’ai pris Jim Hen­son [NDLR: le créa­teur des Mup­pets] comme mo­dèle, pré­cise le réa­li­sa­teur. Les Mup­pets sont de vraies per­sonnes dont on ne re­met en doute ni la réa­li­té, ni l’exis­tence. Il fal­lait qu’il en soit de même avec cet our­son. »

« C’est ce que j’ai trou­vé de plus dif­fi­cile, a sou­li­gné ce­lui qui livre ici son pre­mier long mé­trage. De plus, l’écri­ture d’un film n’est pas du tout sem­blable à celle d’une sé­rie té­lé­vi­sée. Une sit­com est plus simple, on peut se per­mettre de cou­per cer­tains coins ronds. Pas au cinéma. Il faut que l’his­toire se tienne d’un bout à l’autre si on veut que les spec­ta­teurs s’in­ves­tissent pen­dant une heure et de­mie ».

BON FI­LON

Peu sûr de lui et dé­si­reux de connaître les ré­ac­tions des au­di­teurs, le réa­li­sa­teur s’est d’ailleurs payé le plai­sir d’as­sis­ter — in­co­gni­to — à plu­sieurs re­pré­sen­ta­tions de Ted avant sa sor­tie en salle. « C’est très in­té­res­sant d’ob­ser­ver com­ment dif­fé­rents spec­ta­teurs ap­pré­hendent le film. Les jour­na­listes et les cri­tiques n’ont pas du tout les mêmes ré­ac­tions que des jeunes, qui, à leur tour, ne rient pas aux mêmes plai­san­te­ries que des spec­ta­teurs plus âgés. »

Marc Wahl­berg et Mi­la Ku­nis ont quant à eux te­nu à pré­ci­ser que, si l’hu­mour dé­ca­lé et ir­ré­vé­ren­cieux de Ted fonc­tionne à ce point­là, c’est parce que Seth MacFar­lane a ex­ploi­té un bon fi­lon avec jus­tesse. « C’est vrai­ment une ques­tion de confiance ré­ci­proque, a avoué Mark Wahl­berg. Je dé­teste chan­ter et dan­ser de­vant une ca­mé­ra, mais je n’ai pas hé­si­té une se­conde quand Seth me l’a de­man­dé. »

« Je connais Seth de­puis 15 ans, a ren­ché­ri Mi­la Ku­nis. Si j’avais eu le moindre doute sur son ta­lent, je n’au­rais pas ac­cep­té. »

Ted se­ra à l’af­fiche dès le ven­dre­di 29 juin.

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