SAN FRAN­CIS­CO

SAN FRAN­CIS­CO | Des graf­fi­tis, des routes en pleines col­lines, des tram­ways et un cé­lèbre pont oran­gé; et si tout ce qu’on croyait connaître de San Fran­cis­co se dé­cou­vrait au­tre­ment…

Le Journal de Quebec - Weekend - - VACANCES - Sa­rah-émi­lie Nault Agence QMI

Au coeur de la noir­ceur nou­velle, par une fin de jour­née sou­dai­ne­ment énig­ma­tique, nous mar­chons un peu plus ra­pi­de­ment qu’à l’ha­bi­tude. Nos pas pres­sés hé­sitent entre prendre la fuite - comme ce fut le rêve de la plu­part de ceux qui ont fou­lé ce che­min avant nous - et pro­fi­ter de ce mo­ment unique et un peu dé­rou­tant.

Tout au­tour, la baie de San Fran­cis­co, der­rière la­quelle le so­leil vient tout juste de s’as­sou­pir, est plu­tôt calme. Les sou­ve­nirs semblent tou­te­fois in­tacts.

Et si la lu­mière du grand phare veille au­jourd’hui en vain, à Al­ca­traz, la nuit, les mur­mures de Ca­pone, de Stroud et des autres se de­vinent tou­jours à tra­vers le vent du large.

Nous avons vi­si­té le fa­meux pé­ni­ten­cier d’Al­ca­traz en fin de jour­née, car avec la noir­ceur tom­bant dou­ce­ment sur « Le Rocher », l’ex­pé­rience n’en est que plus in­tri­gante. À bord de notre ba­teau bon­dé de faux pri­son­niers, puis sur la terre ferme, mais iso­lée de cette île dont nul ne s’échappe, l’am­biance est lé­gè­re­ment ten­due, juste as­sez pour avoir dé­jà en­vie de dire « j’y étais, j’ai vu ».

Écou­teurs aux oreilles – les au­dio­guides sont dis­po­nibles dans presque toutes les langues – ce n’est pas un autre de ces mu­sées que l’on par­court avec las­si­tude, mais bien une aven­ture qui, entre les té­moi­gnages d’ex-dé­te­nus, les re­cons­ti­tu­tions so­nores et les anec­dotes en­le­vantes, prend tout son sens.

Au coeur d’Al­ca­traz, lorsque la nuit tombe, on ne peut s’em­pê­cher de craindre qu’une porte de cel­lule se re­ferme, que mal­en­con­treu­se­ment on nous ou­blie.

Et puis, lorsque l’on contemple le so­leil se cou­cher sur la ville de San Fran­cis­co, le mot li­ber­té semble sou­dain prendre tout son sens.

SAN FRAN­CIS­CO AUX MILLE SA­VEURS

J’ai ré­cem­ment dé­cou­vert San Fran­cis­co pour la toute pre­mière fois, à ma ma­nière. Si­tôt ar­ri­vée, j’ai tout de suite eu en­vie de tout goû­ter d’elle. C’est sans doute pour cette rai­son que notre pre­mier arrêt – et pre­mier coup de coeur – a été le fa­meux mar­ché du Fer­ry Pla­za de San Fran­cis­co.

Bien sûr, nous avions dé­jà en­ten­du par­ler de son très re­con­nu mar­ché aux pois­sons (Fi­sher­man’s Wharf ), de ses kiosques ex­té­rieurs de fruits, de lé­gumes, d’épices et de fleurs, mais nous n’avions ja­mais mar­ché sous les voûtes vi­trées du Far­mers Mar­ket à tra­vers ce qui nous est tout de suite ap­pa­ru comme un en­droit fa­mi­lier.

Ici, de simples cham­pi­gnons forment un kiosque aux pos­si- bi­li­tés in­fi­nies. L’huile d’olive, le cho­co­lat, le fro­mage, la crème gla­cée, le porc et le pois­son pos­sèdent cha­cun leur antre ma­gique, leurs re­cettes, la place qui leur re­vient.

C’est exac­te­ment là, au Cow­girl Crea­me­ry, que j’ai man­gé le meilleur « grilled-cheese » de ma vie, le long d’un comp­toir trop pe­tit, bra­vant une foule in­ces­sante d’ama­teurs de fro­mage et de pro­duits ex­clu­si­ve­ment lo­caux.

Car c’est ce qui fait au­tant suc­com­ber les vi­si­teurs que les San Fran­cis­cains; cette em­phase mise sur la fraîcheur des ali­ments et l’im­por­tance de rendre hon­neur aux ar­ti­sans et aux pro­duits lo­caux.

Après un verre dé­gus­té dans l’un des nom­breux bars à vin, une bou­chée au Cow­girl Crea­me­ry (mais on y re­trouve une di­zaine de bons res­tau­rants et de ter­rasses), nous avons choi­si une pâ­tis­se­rie à em­por­ter

(cho­co­lat, crème gla­cée, ma­ca­rons, fruits, ce n’est pas le choix qui manque) et nous sommes ren­dus sur le pont, sou­vent ven­teux, mais ce jour-là plein de so­leil, pour re­gar­der les der­niers ba­teaux de pêche re­ga­gner la ville.

SOUS LE PONT DO­RÉ

Em­blème éter­nel de la ville de San Fran­cis­co, le pont du Gol­den Gate conti­nue de faire sou­pi­rer de bon­heur tous ceux ve­nus de près ou de loin le fran­chir, le pho­to­gra­phier, l’ad­mi­rer.

Aus­si im­pres­sion­nant qu’oran­gé (c’est qu’il est vrai­ment beau, ce pont!), nous l’avons dé­cou­vert au­tre­ment, c’est-à-dire en ba­teau et de tout en des­sous, en em­prun­tant la Bay Cruise Ad­ven­ture. Presque en cou­lisse, don­nant lieu à des op­por­tu­ni­tés de pho­to­gra­phies in­usi­tées et spec­ta­cu­laires, le cé­lèbre pont do­ré n’au­rait pu me sem­bler aus­si par­fait.

Puis, au Gol­den Gate Park, sous le so­leil d’un avant-mi­di de vacances, nous avons pris le thé au Ja­pa­nese Tea Gar­den, le plus vieux jar­din pu­blic ja­po­nais des États-Unis. Si nous avions été un mer­cre­di, notre thé nous au­rait été ser­vi se­lon la tra­di­tion, lors d’une vé­ri­table cé­ré­mo­nie du thé ja­po­naise.

QUAR­TIER PAR QUAR­TIER

Entre le quar­tier bo­hé­mien, ita­lien et bran­ché de North Beach - où il FAUT s’ar­rê­ter boire un vrai de vrai es­pres­so -, le plus grand quar­tier chi­nois à l’ex­té­rieur de la Chine, le quar­tier The Cas­tro (le coeur de la com­mu­nau­té gaie de San Fran­cis­co) et ce­lui de The Mis­sion (où se re­trouvent les plus vieux im­meubles de la ville), nous ne pou­vions tout sim­ple­ment évi­ter de nous rendre au coin de la lé­gen­daire in­ter­sec­tion des rues Haight et Ash­bu­ry.

Si des re­lents des psy­ché­dé­liques an­nées 1960 flottent tou­jours dans l’air et si l’on y croise en­core quelques hip­pies sexa­gé­naires qui n’ont pas en­core dit adieu au mou­ve­ment, cer­taines par­ties du quar­tier ont bien chan­gé.

Sur ce fa­meux coin de rue, nous avons pris un verre de bière mai­son à la mi­cro-bras­se­rie Ma­gno­lia Pub and Bre­we­ry tout en ad­mi­rant quelques murs cou­verts de graf­fi­tis, vé­ri­tables oeuvres d’art dans cette jungle ur­baine contem­po­raine.

Dans le quar­tier de Haight, à tra­vers quelques ma­ga­sins où l’on trouve en­core des ar­te­facts de la « Beat Ge­ne­ra­tion », les bou­tiques ac­tuelles et tendance, les pe­tites épi­ce­ries lo­cales, les mi­cro-bras­se­ries et les res­tau­rants de quar­tier s’ap­pliquent à créer une at­mo­sphère aus­si vi­vante qu’ac­tuelle. Nous y se­rons tou­jours un peu en 1960 tout en étant ré­so­lu­ment de notre temps.

Le cé­lèbre Gol­den Gate de San Fran­cis­co.

La fo­rêt de sé­quoias de Muir Woods, non loin de San Fran­cis­co.

San Fran­cis­co vu de l’eau.

Vue sur le pé­ni­ten­cier d’Al­ca­traz, à San Fran­cis­co.

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