Channing Tatum a du mé­tier

D’après son propre vé­cu, le jeune ac­teur Channing Tatum sait que les clubs de dan­seuses nues et les boîtes qui mettent en ve­dette des dan­seurs mas­cu­lins sont très dif­fé­rents.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek Agence QMI

« Les hommes vont voir des ef­feuilleuses pour des rai­sons bien simples. C’est un phé­no­mène char­nel, vi­suel, a dit Tatum, ve­dette et co­pro­duc­teur de Ma­gic Mike. Par contre, l’ob­jec­tif du dan­seur est d’at­ti­rer des femmes sur scène et de les em­bar­ras­ser, tan­dis que leurs amies les en­cou­ragent à des com­por­te­ments plus au­da­cieux. Les femmes veulent voir le vi­sage de leurs amies vi­rer au rouge et vivre une soi­rée de ca­ma­ra­de­rie entre amies. »

Et puis, il y a cette zone grise entre l’au­di­toire fé­mi­nin hé­té­ro­sexuel et l’au­di­toire mas­cu­lin gai. L’his­toire de Ma­gic Mike se dé­roule dans une boîte de Tam­pa, de­vant un au­di­toire en­tiè­re­ment fé­mi­nin, comme ce qu’a vé­cu le jeune Tatum à l’époque. » Il n’a ja­mais ca­ché cette courte car­rière du­rant ses sept ans à Hol­ly­wood, où il a par­ti­ci­pé à des pro­jets tels que le film de danse StepUp, G. I. Joe − Le ré­veil du Co­bra, Le voeu et la ré­cente co­mé­die po­pu­laire 21 Jump Street. C’est juste que le su­jet n’a pas été abor­dé sou­vent dans les conver­sa­tions. Mais ce­la s’est pro­duit au cours des deux se­maines de tour­nage de Pié­gée, de So­der­bergh.

« Nous bu­vions une bière à l’hô­tel. Au fil de notre conver­sa­tion, je lui men­tionne mon épi­sode de huit mois dans une boîte de dan­seurs. Et So­der­bergh ré­pond : “At­tends, tu sais quoi? Il faut en faire un film!” »

PROCHE DE LA RÉA­LI­TÉ

Re­pê­ché par Gran­ville State Col­lege, en Vir­gi­nie-Oc­ci­den­tale, Tatum a aban­don­né ses études après le pre­mier se­mestre. « J’avais 18 ans et je vou­lais faire de l’ar­gent. Je vou­lais m’éman­ci­per de mes pa­rents, même s’ils m’ont tou­jours sou­te­nu. Je ne sa­vais plus ce que j’avais en­vie de faire. En ce sens, le per­son­nage d’Alex est plus proche de qui j’étais. Mais rien de ce qui lui est ar­ri­vé ne m’est ar­ri­vé. Je n’ai ja­mais vé­cu de sur­dose de drogue ou quelque chose du genre. Aban­don­ner les études à 18 ans et avoir une soeur sont réel­le­ment les seuls points que nous ayons en com­mun. Mais je vou­lais dé­cou­vrir le monde. Et c’est ce que cher­chait à mon­trer So­der­bergh dans son film. Il vou­lait voir un en­fant dans le monde. Un jeune par­mi des hommes. »

MC­CO­NAU­GHEY, BEAU FOU

La scène est rem­plie d’ab­do­mi­naux pro­émi­nents, dont une sé­rie ap­par­tient au qua­dra­gé­naire Mc­Co­nau­ghey. « Mat­thew est un beau fou », a dit gen­ti­ment Tatum de sa co­ve­dette, pré­ci­sant l’en­traî­ne­ment phy­sique n’était pas in­clus dans le bud­get du film. « Les ac­teurs se sont donc en­traî­nés cha­cun de leur cô­té. Quant à Mat­thew, il n’ar­rête ja­mais de s’en­traî­ner. Ça fait par­tie de son es­sence. »

Il concède que Ma­gic Mike a peut-être idéa­li­sé le phy­sique des dan­seurs que l’on re­trouve dans de telles boîtes. « En Flo­ride, ce n’est pas la crème de la crème. Et, per­son­nel­le­ment, ma mus­cu­la­ture n’était pas très dé­fi­nie. J’étais juste un jeune ath­lète qui avait ces­sé de s’en­traî­ner et, en fait, c’était un peu le pro­blème. J’étais le moins en forme de tous les dan­seurs. Je com­pen­sais par mon ta­lent. »

« Je n’ai ja­mais vrai­ment ai­mé me dé­vê­tir de­vant des gens. Pour moi, ça se ré­su­mait à en­le­ver mes pan­ta­lons en fin de nu­mé­ro et à quit­ter la scène. » Comme Mike, Tatum conti­nue de cher­cher à mon­trer qu’il n’est pas seule­ment do­té d’un phy­sique agréable. Il vient de ter­mi­ner un autre film de So­der­bergh, Bit­ter Pill, et s’ap­prête à tour­ner Fox­cat­cher, sous la di­rec­tion de Ben­nett Miller ( Mo­ney­ball − L’art de ga­gner).

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