LE TEMPS DES CHOIX ÉCLAI­RÉS

Les tour­nages des der­nières sai­sons des sé­ries Un sur deux et 19-2 étant main­te­nant ter­mi­nés, Claude Le­gault s’ap­prête à prendre une pause bien mé­ri­tée. Ce­lui qui est ra­pi­de­ment de­ve­nu un sex-sym­bol veut prendre le temps de bien choi­sir ses pro­chains rôle

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Éli­za­beth Mé­nard

De­puis Mi­nuit le soir, sé­rie qui nous a dé­voi­lé le der­rière de Claude Le­gault, le co­mé­dien est de­ve­nu la co­que­luche des Qué­bé­coises. Ce n’est pas qu’il n’ap­pré­cie pas cette éti­quette, mais il est temps pour lui d’es­sayer quelque chose de nou­veau, croit-il.

«Un mo­ment don­né, on a l’âge qu’on a. Je vais jouer des rôles qui sont cré­dibles. C’est sûr que si on m’of­frait de faire un gars de 2535 qui court après tout le monde, je di­rais non. Vous vous êtes trom­pés. Ça ne mar­che­ra pas à l’écran, je vais avoir l’air cave. Je vais avoir l’air du gars qui veut avoir l’air jeune», lâche-t-il.

«Je peux faire un gars dans la qua­ran­taine, ma­ture, qui est en forme. Mais je ne peux pas jouer un gars de 30 ans. Ça pa­raît. Ce n’est pas cré­dible. Et c’est cor­rect», ajoute-t-il, avant de faire sem­blant d’écla­ter en san­glots. «C’est ça, dis-le que j’ai l’air vieux!» lance-t-il à la blague.

JOUER LES MÉ­CHANTS

Loin d’être amer, le co­mé­dien a soif de nou­veaux dé­fis. «Il y a plein de zones dans les­quelles je n’ai pas joué. C’est sûr que j’ai tou­jours joué des gars pas mal du bon cô­té de la clô­ture, mais je sais que je peux fa­ci­le­ment être de l’autre cô­té. Je pour­rais faire des weird, des dan­ge­reux, des mal­propres. D’après moi, ça va être une pro­chaine étape», dit-il.

Pour les an­nées à ve­nir, Claude Le­gault veut prendre le temps de bien choi­sir ses rôles. Et, de­puis quelques an­nées, il peut se le per­mettre. «Pen­dant 12 ans, j’ai fait toutes les jobs pos­sibles qui exis­taient, même des jobs que j’ai haïs à mort. J’ai qua­si­ment fait du clown de centre d’achat. Pour ga­gner ma vie, je n’avais pas le choix, ra­conte-t-il. Après, je me suis mis à écrire des pro­jets et de­puis en­vi­ron une di­zaine d’an­nées, je peux choi­sir. Je peux dire non. J’ai re­fu­sé des rôles que je n’ai­mais pas ou que je n’avais pas en­vie de faire. Je pou­vais parce que je ga­gnais ma vie.»

L’ar­ri­vée de la cin­quan­taine n’est pas étran­gère à ce be­soin de faire des choix éclai­rés. «Quand tu pognes 50-51 ans, tu com­mences à réa­li­ser qu’il y en a moins de­vant que der­riè- re. Tu as des mo­ments de lu­ci­di­té, confie-t-il. Donc il faut que les an­nées qui res­tent soient des an­nées de qua­li­té, avec du monde de qua­li­té et sur des pro­jets de qua­li­té. Même des pro­jets moins gros, peut-être moins gla­mour, mais qui donnent le goût de se le­ver le ma­tin.»

UN SUR DEUX EN PO­LOGNE

Alors que la der­nière sai­son de Un sur deux tire à sa fin, la sé­rie vient tout juste d’être ven­due en Po­logne et re­nom­mée Mąż czy nie mąż, ce qui si­gni­fie Ma­rié ou pas ma­rié. Le rôle de Mi­chel se­ra in­ter­pré­té par un co­mé­dien du nom de Mar­cin Per­chuć.

«S’il est bien en­tou­ré, s’il a la chance d’avoir ce que moi j’avais ici, c’est-à-dire une équipe ex­tra­or­di­naire, il va être heu­reux. Je le lui sou­haite. S’il a ça, d’après moi le pro­jet va mar­cher là­bas parce que c’est un su­jet uni­ver­sel. D’ailleurs, ça m’étonne qu’il n’y ait que la Po­logne, jus­qu’à main­te­nant, qui ait pen­sé à l’ache­ter», sou­ligne-t-il.

Lorsque la pro­mo­tion pour Un sur deux et 19-2 se­ra ter­mi­née, Claude Le­gault ai­me­rait prendre des va­cances. «J’ai­me­rais ça. Parce que je me dis, si je ne les prends pas, un mo­ment don­né, je vais être obli­gé de les prendre, fait-il va­loir. Il ne faut pas se rendre là. J’en­tre­vois de prendre du temps pour moi bien­tôt. J’ai sau­té beau­coup de pro­jet en pro­jet de­puis 10-15 ans.»

Il ai­me­rait re­tour­ner en Eu­rope, al­ler mar­cher quelques mois et prendre le temps de ré­flé­chir.

La der­nière sai­son de Un sur deux est dif­fu­sée à TVA les mer­cre­dis à 21h30.

Le co­mé­dien po­lo­nais Mar­cin Per­chuć, en­tou­ré des au­teurs de la sé­rie Un sur deux, Do­nald Bou­thil­lette et Da­niel Chiasson.

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