UN MÉ­TIER DE DEUILS

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Yves Le­clerc Le Jour­nal de Qué­bec

Éric Ho­ziel pour­rait se plaindre que le té­lé­phone ne sonne pas sou­vent. Il pour­rait aus­si dé­plo­rer ne pas avoir eu beau­coup de rôles de pre­mier plan à la té­lé ou au ci­né­ma. Il ne le fait pas. Il fait ce qu’il ap­pelle un mé­tier de deuils.

Le co­mé­dien, que l’on peut voir, cet hi­ver, dans Lance et compte et dans le rôle du ser­gent Mar­cel Du­gas, dans 19-2, exerce son mé­tier avec énor­mé­ment de réa­lisme.

«Ce n’est pas un tra­vail qui est fa­cile. Il y a très peu d’ac­teurs qui tra­vaillent à leur goût. Il y a moins d’au­di­tions et les réa­li­sa­teurs choi­sissent de plus en plus les co­mé­diens. Il n’y a pas beau­coup de sta­bi­li­té dans ce mé­tier et il y a beau­coup de lâ­cher-prises à faire. C’est un mé­tier de deuils», a-t-il lais­sé tom­ber, lors d’un en­tre­tien.

Éric Ho­ziel ex­plique ces deuils qui sont rat­ta­chés au tra­vail d’acteur et de co­mé­dien.

«Tu te pré­sentes à une au­di­tion, tu n’as pas le rôle, c’est un deuil. Tu dé­croches un rôle, le pro­jet se ter­mine, c’est un deuil. Tu peux aus­si être très pré­sent dans une sé­rie et que ton rôle de­vienne moins im­por­tant la sai­son sui­vante. C’est un mé­tier de deuils. C’est tou­jours un re­com­men­ce­ment», a-t-il fait re­mar­quer.

SA­TIS­FAIT

Éric Ho­ziel n’est pas du tout amer. Il se consi­dère très chan­ceux, en ce mo­ment, de faire par­tie de ces deux sé­ries, qui sont très po­pu­laires.

«Je n’ai ab­so­lu­ment rien de­vant moi après ces deux pro­jets et je vis très bien avec ça. C’est la réa­li­té des choses et ça fait par­tie de notre mé­tier. J’ai choi­si, dans tout ça, de ne pas me po­si­tion­ner, pas en tant que vic­time. Il y a des gens qui doivent oc­cu­per deux ou trois em­plois pour nour­rir leur fa­mille. Il n’y a per­sonne qui m’a obli­gé à faire ce mé­tier», a-t-il in­di­qué.

Le co­mé­dien est sa­tis­fait de son par­cours de­puis ses dé­buts dans Lance et compte.

«J’ai fait par­tie de très belles sé­ries. J’ai joué dans Omerta et Vir­gi­nie, j’ai fait quelques pro­duc­tions amé­ri­caines et j’ai ex­pé­ri­men­té. J’ai eu beau­coup de dé­cep­tions, mais j’ai eu un très beau par­cours, même si je n’ai ja­mais joué les têtes d’af­fiche. J’ai aus­si eu un très beau rôle dans le film La do­na­tion de Ber­nard Émond, qui m’a per­mis de mon­trer d’autres cou­leurs», a-t-il men­tion­né.

Éric Ho­ziel est de re­tour dans 19-2, où il avait fait quelques pré­sences, lors de la pre­mière sai­son.

«C’est un per­son­nage très se­con­daire. J’oc­cupe les mêmes fonc­tions que le ser­gent Houle [Syl­vain Mar­cel], mais au sein d’un autre quart de tra­vail», a-t-il dit.

Le co­mé­dien a ado­ré son pas­sage sur le pla­teau de 19-2.

«C’est un rôle très agréable à faire et je suis content d’avoir eu cette op­por­tu­ni­té de re­ve­nir dans la troi­sième sai­son. Je ne m’y at­ten­dais pas du tout et ce fut une belle sur­prise. C’est une sé­rie bien écrite et c’est un ca­deau», a fait sa­voir Éric Ho­ziel.

Éric Ho­ziel fait par­tie des sept per­son­nages de Lance et compte qui sont là de­puis les tout dé­buts.

Tout semble in­di­quer que la fin, qui avait été an­non­cée, n’au­ra pas lieu.

SE­CRET DE PO­LI­CHI­NELLE

«La sai­son en cours de­vait s’ap­pe­ler La

Fi­nale, mais le nom a été re­ti­ré. C’est un se­cret de Po­li­chi­nelle et j’ai l’im­pres­sion que Lance et compte va se pour­suivre si les cotes d’écoute sont au ren­dez-vous», a-t-il fait re­mar­quer.

Le co­mé­dien est conscient que toute l’équipe vi­vra un deuil lorsque le Na­tio­nal ti­re­ra sa ré­vé­rence.

«C’est clair. C’est un mé­tier de deuils», a-til lais­sé tom­ber.

Lance et compte est dif­fu­sé les lun­dis à 21 h à TVA.

19-2 est pré­sen­té les mer­cre­dis à 21 h sur les ondes de Ra­dio-Ca­na­da.

ÉRIC HO­ZIEL

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