CRIMES ET MEN­SONGES

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Will Smith et Mar­got Rob­bie se donnent la ré­plique dans Fo­cus, un film qui s’in­té­resse à deux es­crocs in­ven­tifs. Gros plan sur le long-mé­trage mê­lant deux genres – «a prio­ri» contra­dic­toires –, qu’ont si­gné les scé­na­ristes et réa­li­sa­teurs Glenn Fi­car­ra et John Re­qua.

D’un cô­té, l’his­toire d’un es­croc de haut vol, Ni­cky Spur­geon (Will Smith) qui dé­voile les fi­celles du mé­tier à Jess Bar­rett (Mar­got Rob­bie) et, de l’autre, une his­toire d’amour entre ces deux maîtres de l’illu­sion.

«Dans un long-mé­trage sur des cri­mi­nels qui dupent leurs vic­times, il ne faut pas mon­trer tout de suite les mo­ti­va­tions des mal­frats. On fait mon­ter le sus­pense et les in­dices au fur et à me­sure. Au contraire, dans un film ro­man­tique, il faut tout mon­trer afin de ser­vir l’his­toire. En ef­fet, ce­la n’a pas été fa­cile à équi­li­brer quand nous avons écrit le scé­na­rio», a in­di­qué Glenn Fi­car­ra.

UN ART COM­PLEXE

«Dès que nous avons en­ta­mé nos re­cherches, nous avons été frap­pés par les si­mi­li­tudes entre le monde de l’es­cro­que­rie et ce­lui de l’illu­sion. Ra­pi­de­ment, nous nous sommes fo­ca­li­sés sur la na­ture psy­cho­lo­gique d’une ar­naque, la ma­nière dont l’es­croc va em­ber­li­fi­co­ter sa vic­time dans ses men­songes», a pré­ci­sé le ci­néaste.

De fait, pour cer­taines scènes ain­si que pour en­traî­ner les ac­teurs, les deux hommes ont de­man­dé à Apol­lo Rob­bins – spé- cia­liste en pick­po­cket et ma­gi­cien – de les ai­der. Il a agi à titre de consul­tant pour Fo­cus en ap­pre­nant aux ac­teurs à de­ve­nir de par­faits vo­leurs à la tire! «Dès que je par­viens à di­ri­ger l’at­ten­tion [de la vic­time], je peux faire n’im­porte quoi», a-t-il ex­pli­qué en dé­taillant les nom­breuses positions d’une équipe de pick­po­ckets qui sou­haite dé­ro­ber des ob­jets sans se faire re­mar­quer.

AP­PREN­TIS­SAGE AMU­SANT

C’est d’ailleurs cet as­pect du tour­nage qui a sé­duit Mar­got Rob­bie (vue ré­cem­ment dans Le loup de Wall Street).

«Ce rôle est un rêve pour une ac­trice! Quand j’ai com­men­cé les re­cherches pour Jess, j’ai lu des livres et suis tom­bée sur le nom d’Apol­lo Rob­bins. Je me suis dit que ce se­rait gé­nial de pou­voir lui par­ler, d’al­ler à la source et d’ap­prendre toutes les fi­celles du mé­tier de pick­po­cket… et c’est lui qu’ont em­bau­ché Glenn et John.»

Pour Will Smith, la vie d’un es­croc est ba­sée sur un élé­ment: le men­songe et la trom­pe­rie. Or, pour l’ac­teur, cette at­ti­tude n’est pas viable dans la vraie vie.

«Ce qui m’a at­ti­ré dans le per­son­nage de Ni­cky – et c’est à mon avis l’idée cen­trale du film –, c’est que rien ne peut être construit sur un men­songe.

Même si le men­songe est ex­cellent, même si tout a été soi­gneu­se­ment pen­sé et pré­pa­ré, même si d’autres col­la­borent à la trom­pe­rie, tout fi­nit tou­jours par se cas­ser la gueule. De plus, il est ab­so­lu­ment im­pos­sible d’en­tre­te­nir une re­la­tion vraie, puis­sante et pro­fonde avec quel­qu’un en de­hors d’une sin­cé­ri­té to­tale.»

En salles dès le 27 fé­vrier.

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