WILL SMITH, ACTEUR SÉ­RIEUX

LOS AN­GELES | Will Smith est-il sin­cère lors­qu’il dit aux jour­na­listes ne pas être pré­oc­cu­pé par le suc­cès de son der­nier film au box-of­fice ou par ce que les gens en pen­se­ront?

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

«C’est ce qui était si ex­ci­tant, l’idée que tout est chi­mère. Tout!»

TRAN­SI­TION

Mais qui Will Smith a-t-il tel­le­ment vou­lu de­ve­nir? «Mr. Ju­ly, Big Willie Wee­kend, numéro un huit fois de suite, tout ça s’est ef­fon­dré et j’ai réa­li­sé que j’étais tou­jours une bonne per­sonne.»

«Ce film marque vrai­ment une tran­si­tion dans ma vie et, émo­tion­nel­le­ment, dans ma car­rière. Après l’échec d’Après la Terre, une chose s’est bri­sée dans mon es­prit. “Oh wow, je suis tou­jours vi­vant”. En réa­li­té, je suis tou­jours moi-même, bien que le film ne se soit pas ren­du en pre­mière place. Je peux mal­gré tout être re­cru­té pour jouer dans un autre film.»

«Alors que je me suis em­bar­qué dans Fo­cus, j’ai com­plè­te­ment éva­cué l’idée d’at­teindre un ob­jec­tif. Ce qui consti­tue un énorme sou­la­ge­ment pour moi, de ne pas avoir à me sou­cier du suc­cès de Fo­cus au boxof­fice. J’ai dé­jà ga­gné tout ce que je pou­vais es­pé­rer en ren­con­trant ces per­sonnes et en par­ti­ci­pant à ce que nous avons créé.»

«C’est comme des ta­bleaux. Je peux en peindre de fan­tas­tiques, et d’aut- res moins réus­sis. Mais je ne m’iden­ti­fie plus au re­gard que les autres peuvent por­ter sur mon oeuvre.»

MEN­TIR ET AIMER

Dans Fo­cus, Smith joue un es­croc pre­nant une ap­pren­tie sous son aile, Jess (Mar­got Rob­bie), qui se dé­brouille dé­jà as­sez bien avec son phy­sique pour en­jô­ler et ar­na­quer.

Après plu­sieurs ter­gi­ver­sa­tions, il dé­cide fi­na­le­ment de l’ame­ner au Su­per Bowl à La Nou­velle-Or­léans avec son équipe d’es­crocs, des gens ha­biles à ma­noeu­vrer dans une foule pour ins­tal­ler des lec­teurs de cartes dans les gui­chets au­to­ma­tiques ou pour dé­ro­ber les porte-mon­naie des pas­sants.

Puis après quelques épi­sodes ro­man­tiques, vient le grand coup lors du Grand Prix de Bue­nos Aires, im­pli­quant des mil­lions de dol­lars.

«Au centre du film re­pose l’idée que men­tir et aimer ne font pas bon mé­nage. J’ar­rive à un tour­nant dans ma car­rière. J’ai tou­jours joué les ri­go­los. J’ai tou­jours ai­mé l’as­pect co­mique dans mes re­la­tions avec les femmes à l’écran. Mais c’est la pre­mière fois dans ma car­rière où je joue le jeu de la sé­duc­tion à fond, de ma­nière tor­ride et adulte.»

«C’est drôle, parce que c’est une zone dans la­quelle je ne suis pas confor­table. Mon ins­tinct me dicte plu­tôt que de tour­ner les mo­ments vrai­ment sé­rieux à la blague.»

«Par­fois, ce qu’on dit est à l’op­po­sé de ce que les gens pensent. Je l’ai réa­li­sé la pre­mière fois quand j’ai joué Ali. Il ré­pé­tait “je suis le meilleur!, je suis le meilleur!, je suis le meilleur!”.

Et je me suis aper­çu qu’il le di­sait parce qu’il ne se sen­tait pas du tout ain­si. C’était comme s’il ré­ci­tait un man­tra. J’ai les nerfs en boule lorsque je sors de ma zone de confort. Et si je me laisse al­ler, c’est vrai­ment plus fa­cile. Beau­coup plus que si je laisse ma pe­tite voix in­té­rieure me dire: “oh! Mon Dieu, Fo­cus ne se­ra peut-être pas aus­si bon que nous le pen­sons”. La pré­misse du film est donc que tout est per­cep­tion, et que la réa­li­té a peu d’im­por­tance. Lorsque vous par­lez à quel­qu’un, tout ce qui im­porte, c’est ce qu’il au­ra per­çu.»

«Si vous vou­lez faire croire que vous êtes un très bon ma­ri, vous n’avez pas for­cé­ment be­soin de l’être. Je veux dire que ça peut tou­jours ser­vir d’en être un dans les faits, ajoute-t-il en riant. C’est beau­coup plus fa­cile dans ce cas.»

Will Smith joue un es­croc pro­fes­sion­nel.

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