La reine des cos­tumes

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ma­lik Co­che­rel Collaboration spé­ciale

Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Et pour­tant. San­dy Po­well a ha­billé tout le monde à Hol­ly­wood, de Leo­nar­do Di­Ca­prio à Gwy­neth Pal­trow. C’est elle aus­si qui a conçu les fa­meuses robes de prin­cesse du Cen­drillon de Ken­neth Bra­nagh.

À 54 ans, San­dy Po­well dis­pose d’un CV im­pres­sion­nant. Nom­mée à dix re­prises aux Os­cars, la cos­tu­mière an­glaise est re­par­tie trois fois avec la pré­cieuse sta­tuette en main, pour Sha­kes­peare et

Ju­liette en 1999, L’avia­teur en 2005, et le film de Jean-Marc Val­lée, Vic­to­ria, les jeunes an­nées d’u

ne reine en 2010. Son der­nier fait d’armes est d’avoir re­des­si­né de toutes pièces les robes de Cen­drillon. «Un tel film est le rêve de tout cos­tu­mier, a ex­pli­qué Po­well. Mon plus grand défi était de ne pas dé­ce­voir toutes les pe­tites filles de six ans dans le monde!»

DES TE­NUES MA­GIQUES

C’est elle qui a ain­si conçu la robe bleue que porte Cen­drillon, quand elle se re­trouve trans­for­mée en prin­cesse. Com­po­sée d’une di­zaine de couches de soie fine dans des nuances la­vande, tur­quoise et bleues, la ma­gni­fique te­nue avait de quoi im­pres­sion­ner l’ac­trice Li­ly James qui campe le per­son­nage de Cen­drillon.

«Quand je l’ai mise, je me suis sen­tie puis­sante et ef­frayée», a-t-elle avoué, en ajou­tant qu’elle avait eu peur de ne pas se mon­trer à la hau­teur, dans cette ma­jes­tueuse robe de bal.

San­dy Po­well a éga­le­ment tra­vaillé sur les non moins cé­lèbres chaus­sures en verre de Cen­drillon. Pour réa­li­ser cette pièce en cris­tal Swa­rovs­ki, la cos­tu­mière s’est ins­pi­rée de chaus­sures da­tant des an­nées 1890, qu’elle avait vues dans un mu­sée, à Nor­thamp­ton, au Royaume-Uni. En plus de Cen­drillon, la cos­tu­mière a pris un ma­lin plai­sir à ha­biller sa mé­chante belle-mère, La­dy Tré­maine, et ses deux filles. «C’est tou­jours plus le fun d’ha­biller les vi­lains, a sou­li­gné San­dy Po­well. Alors que c’est sou­vent tout un défi de

s’oc­cu­per d’une per­sonne gen­tille».

LE «CAL­VAIRE» D’HE­LE­NA

N’al­lez pas croire pour au­tant que ce sont des robes fa­ciles à por­ter. Pour Li­ly James, en­fi­ler sa te­nue de Cen­drillon n’a pas été une mince af­faire. «Il y a eu tel­le­ment de crises avec la robe bleue – c’était presque vi­vant, a-t-elle ra­con­té. Ri­chard (Madden, qui campe son prince char­mant) de­vait me sou­le­ver pen­dant la danse et la robe me ren­dait quatre fois plus lourde». Mais celle qui a le plus souf­fert sur le tour­nage est He­le­na Bon­ham Car­ter. L’ex-com­pagne et muse de Tim Bur­ton a dû por­ter une robe sur­di­men­sion­née rem­plie de mil­liers d’am­poules LED. «Un jeune homme était char­gé de “m’al­lu­mer” par en des­sous et je ne vous ra­conte pas pour al­ler à la toi­lette... Avec une robe de 3 mètres de dia­mètre, on ne rentre pas aux toi­lettes.»

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