CLAUDE POI­RIER

Le Journal de Quebec - Weekend - - MADONNA - Yves Leclerc Le Jour­nal de Qué­bec

Claude Poi­rier a été im­pli­qué dans 55 prises d’otages et cas d’en­lè­ve­ments à titre de né­go­cia­teur. Le spé­cia­liste des faits di­vers re­vi­si­te­ra vingt de ces his­toires qui ont mar­qué l’ac­tua­li­té ju­ri­dique qué­bé­coise dans une toute nou­velle émis­sion in­ti­tu­lée Se­crets ju­di­ciaires.

Ab­sent sur les ondes de­puis le re­trait de son émis­sion Le Vrai né­go­cia­teur, qui était dif­fu­sée à LCN, Claude Poi­rier fait un retour à la té­lé, à par­tir du 24 août, sur les ondes de la chaîne Canal D-In­ves­ti­ga­tion. «J’ai dû ar­rê­ter Le Vrai né­go­cia­teur à la suite d’une in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale, où on m’a fait cinq pon­tages, à l’été 2013. On m’a of­fert, par la suite, une par­ti­ci­pa­tion à l’émis­sion du ma­tin à LCN, mais ça ne m’in­té­res­sait pas», a-t-il lais­sé tom­ber, sans mettre de gants blancs, lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique.

C’est à la suite d’une ren­contre avec les gens de Canal D que Se­crets ju­di­ciaires a vu le jour. «Ils m’ont ap­pro­ché pour un projet, mais il était im­por­tant pour moi d’avoir le choix du conte­nu. Je vou­lais, aus­si, tra­vailler avec un réa­li­sa­teur qui sa­vait de quoi je par­lais. On vou­lait, à l’ori­gine, me don­ner un jeune réa­li­sa­teur qui n’était même pas au monde lorsque ces évé­ne­ments sont sur­ve­nus», a-t-il in­di­qué.

20 DOS­SIERS

Claude Poi­rier abor­de­ra, chaque lun­di soir, deux his­toires où il ra­con­te­ra ce qu’il a vé­cu de l’in­té­rieur. Par­mi ces 20 dos­siers, on re­trou­ve­ra ceux con­cer­nant Cé­dri­ka Provencher, Frank Co­tro­ni, Jacques Mes­rine, Richard Blass, Charles Marion, Maurice «Mom» Bou­cher et plu­sieurs autres. «Ce ne sont pas des his­toires que j’ai cou­vertes à titre de chro­ni­queur ju­di­ciaire. Ce sont des his­toires où je me suis re­trou­vé au coeur de ces évé­ne­ments», a-t-il pré­ci­sé. En ou­ver­ture de sai­son, le 24 août, le Né­go­cia­teur plon­ge­ra dans le meurtre de l’avo­cat mont­réa­lais Frank Shoo­fey et dans la prise d’otages sur­ve­nue le 8 mars 1978 au pa­lais de jus­tice de Saint-Jé­rôme.

Cette prise d’otage et l’en­lè­ve­ment de Charles Marion ont été, pour le Né­go­cia­teur, des évé­ne­ments qu’il a qua­li­fiés de mar­quants. Claude Poi­rier et l’avo­cat cri­mi­na­liste Robert La Haye avaient été convo­qués, en mars 1978, au pa­lais de jus­tice de Saint-Jé­rôme pour né­go­cier la li­bé­ra­tion des 20 otages qui étaient dé­te­nus par Ro­land Si­mard, Ed­gar Roussel et Lu­cien Jacques.

Si­mard avait été ame­né sur les lieux pour su­bir son pro­cès et Roussel et Jacques, qui étaient aus­si dé­te­nus, fai­saient par­tie des té­moins. «Cette prise d’otages, qui a du­ré 15 jours, a été la plus longue dans l’his­toire des pri­sons et des pé­ni­ten­ciers au Ca­na­da», a-t-il fait re­mar­quer.

TOU­JOURS PAS­SION­NÉ

Claude Poi­rier ne vou­lait pas que Se­crets ju­di­ciaires soit un «show» de chaises. En plus de si­tuer l’af­faire et de ra­con­ter ce qu’il a vé­cu de l’in­té­rieur, le Né­go­cia­teur donne la pa­role à des in­ter­ve­nants et des té­moins qui ont été im­pli­qués dans ces his­toires, pré­sente des images d’archives et re­vi­site cer­tains lieux, comme la chambre de Ju­lie Sur­pre­nant, dis­pa­rue le 15 no­vembre 1999 et qui n’a ja­mais été re­trou­vée, et le lo­ge­ment de Richard Bouillon, qui a ré­vé­lé à une in­fir­mière être l’au­teur de ce meurtre avant de mou­rir.

«J’ai vu toutes les émis­sions et c’est bon. Et je ne dis pas ça parce que c’est la mienne», a-t-il lais­sé tom­ber. Claude Poi­rier avoue que cette émis­sion tombe à point. «Je viens de fê­ter mes 55 ans de car­rière et je suis tou­jours pas­sion­né par mon mé­tier. J’adore ça, mais ça ne me tente plus, à 76 ans, de me le­ver à 3 h 30 le ma­tin. Je me sens moins bous­cu­lé et il faut, aus­si, que je pense un peu à ma san­té», a-t-il dit, ajou­tant qu’il n’a tou­jours pas réus­si, mal­gré cinq pon­tages, à ar­rê­ter la ci­ga­rette.

« MES AF­FAIRES VONT BIEN »

Con­cer­nant ses dé­boires fi­nan­ciers, ré­vé­lés au grand pu­blic, l’hi­ver der­nier, Claude Poi­rier pré­cise que ça s’est re­pla­cé. «Mes af­faires vont bien», a-t-il lan­cé, avant d’ajou­ter son cé­lèbre «10-4» à la fin de l’en­tre­tien. Se­crets ju­di­ciaires est pré­sen­té, les lun­dis, à 22h, à par­tir du 24 août, sur les ondes de Canal D-In­ves­ti­ga­tion.

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