LE BA­GAR­REUR DE L’HU­MOUR

Pour son deuxième spec­tacle, Trop hu­main, les ad­mi­ra­teurs de Guillaume Wa­gner vont re­trou­ver le même hu­mo­riste ir­ré­vé­ren­cieux et ba­veux qui a lan­cé son pre­mier one-man show en 2012. «Je ne se­rai ja­mais l’hu­mo­riste po­si­tif qui ra­conte des anec­dotes», dit-i

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin RA­PHAEL.GEN­DRON-MAR­TIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM Guillaume Wa­gner fe­ra son spec­tacle Trop hu­main les 6 et 7 oc­tobre au Théâtre Mai­son­neuve. Il se­ra aus­si à la Salle Al­bert-Rous­seau de Qué­bec le 13 oc­tobre. Pour toutes les dates: guillau­mew

Guillaume Wa­gner a eu sa le­çon. Après «la contro­verse Marie-Élaine Thi­bert», de son pre­mier spec­tacle, l’hu­mo­riste a dé­ci­dé d’écrire un deuxième one-man show en ne vi­sant per­sonne di­rec­te­ment.

«Je me suis ren­du compte qu’il y a moyen de dire la même af­faire sans te «pein­tu­rer dans un coin» et avoir un risque de pour­suite. C’est très fa­cile de dire la même chose et c’est par­fois plus puis­sant et créa­tif. C’est quand même un rac­cour­ci de ci­ter un nom.»

Au mo­ment de notre ren­contre, la pour­suite de Jé­ré­my Gabriel contre Mike Ward n’avait pas en­core été ren­due pu­blique, mais dé­jà Guillaume Wa­gner men­tion­nait vou­loir al­ler ailleurs, de son cô­té, avec ses blagues.

«Je nomme une seule per­sonne dans mon nou­veau show et ce n’est pas ul­tra mé­chant. C’est tou­jours plus gé­né­ral et sur la so­cié­té plu­tôt que de dé­truire des gens.»

GAR­DER LA CRASSE

Ce nou­veau spec­tacle se veut tout de même dans la conti­nui­té du pré­cé­dent, in­dique l’hu­mo­riste de 32 ans. Et le titre, Trop hu­main, à quoi fait-il ré­fé­rence?

«Les gens me di­saient que je n’étais pas très hu­main dans mon hu­mour, ré­pond-il. J’ai donc dé­ci­dé de l’être, mais en al­lant trop loin. Ce que je trouve drôle, c’est qu’être hu­main, pour cer­taines per­sonnes, ça veut dire d’avoir des qua­li­tés hu­maines qui pré­servent leur confort. Ce sont des émo­tions gui­mauves. Alors qu’être hu­main, pour moi, c’est aus­si plein d’af­faires comme la co­lère et la honte. Pour moi, être hu­main, c’est comme en­le­ver toutes les couches pour qu’il ne reste que la crasse.»

Ce deuxième spec­tacle, Guillaume Wa­gner n’a au­cune idée de la fa­çon dont il se­ra ac­cueilli. «Je ne sais pas com­ment les gens me per­çoivent. Je ne sais pas quelles sont les at­tentes. C’est tant mieux parce que ça au­rait peu­têtre chan­gé mon ap­proche pour le

show. » «En fai­sant le ro­dage du deuxième

show, j’ai re­mar­qué qu’il y avait un peu plus de gens plus vieux, ce qui veut dire que t’es plus connu du grand pu­blic. Des fois, il y en a qui sont un peu cho­qués de ce qu’ils voient!»

SUR LE RA­DAR

Rire de tout ce qui est né­ga­tif, Guillaume Wa­gner en a fait sa marque de com­merce. Son deuxième spec­tacle ne fe­ra pas ex­cep­tion. Main­te­nant que sa car­rière fonc­tionne ron­de­ment et qu’il est heu­reux en amour, pour­quoi semble-t-il en­core constam­ment en co­lère?

«Ha­ha! Je suis vis­cé­ra­le­ment comme ça, ré­pond-il. Mais je le suis de moins en moins. Je fais de la mé­di­ta­tion et du yo­ga, main­te­nant. Je me calme, je me centre. Mais je suis tou­jours sur le ra­dar. Si tu me mets une si­tua­tion dans la face, je vais voir le né­ga­tif tout de suite, c’est sûr et cer­tain. J’ai tou­jours été de même. Mon père est aus­si as­sez co­lé­rique, né­ga­tif, gro­gnon. Je suis très in­tro­ver­ti, tou­jours dans ma bulle, j’ana­lyse beau­coup. Et quand t’ana­lyses, c’est nor­mal que tu voies les dé­fauts des choses.»

#GRA­TI­TUDE

«L’hu­mour n’aide pas ma si­tua­tion, mais c’est ça qui est payant pour moi, pour­suit-il. Je suis comme une es­pèce d’al­chi­miste. Je prends du né­ga­tif et j’en fais du po­si­tif avec des rires. Pour moi, c’est comme une ca­thar­sis, la scène. Je peux prendre ce dé­faut-là que j’ai et en faire une qua­li­té sur scène.»

«Mais oui, je pour­rais me per­mettre d’être plus po­si­tif dans la vie. Ma blonde n’ar­rête pas de me ré­pé­ter qu’il faut que j’aie de la gra­ti­tude dans la vie. J’es­saie main­te­nant de mettre un #gra­ti­tude après cha­cune de mes ex­pé­riences de vie!»

Guillaume Wa­gner a tra­vaillé avec Simon Co­hen à la script-édi­tion de son

nou­veau spec­tacle.

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