TOU­JOURS LE FEU SACRÉ

«C’est comme ma pre­mière fois, chaque fois.»

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin Le Jour­nal de Montréal ra­phael.gen­dron-mar­tin@que­be­cor­me­dia.com

Pour Ginette Re­no, le mot «re­traite» n’existe pas. Mais après avoir fait une tour­née d’en­vi­ron 80 spec­tacles, ces der­niers mois, la chan­teuse pré­voit ra­len­tir le rythme pour les pro­chaines an­nées. «Je vais com­men­cer à me res­treindre et faire de moins en moins de concerts, dit-elle. Je suis à l’aube de mes 70 ans. Je vais y al­ler plus doux.»

Ain­si, dans son ca­len­drier de spec­tacles pour les pro­chaines se­maines, on ne re­trouve que quatre re­pré­sen­ta­tions au Ca­pi­tole de Qué­bec, en dé­cembre, et le spec­tacle de Ska­te­ma­nia, dans quelques jours ( voir autre texte).

Après 56 ans de mé­tier, Ginette Re­no ne trouve pas les concerts exi­geants ni éprou­vants, mais elle re­con­naît qu’elle doit s’en­traî­ner da­van­tage pour gar­der la forme. «Il faut que je marche un peu. Je fais de l’aqua­gym, du taï-chi, des éti­re­ments. Je ne veux pas re­faire une autre crise car­diaque.»

En fé­vrier 2014, Le Jour­nal an­non­çait que la grande dame avait su­bi un malaise car­diaque, alors qu’elle se trou­vait en Flo­ride. Voit-elle la vie différemment de­puis ce mal­heu­reux évé­ne­ment?

«Oui, ça fait ré­flé­chir, dit-elle. J’ai des prises de conscience énormes. Je suis en train de faire une fi­du­cie et mon tes­ta­ment. Je fi­nis mes af­faires pour que tout soit en ordre. Je me suis dit que j’al­lais don­ner mon ar­gent à mes en­fants avant de mou­rir. Je veux voir ce qu’ils vont faire avec! (rires)»

PERDRE LA VOIX

Même si sa san­té est bonne pré­sen­te­ment, Ginette Re­no re­marque que sa voix com­mence à lui jouer des tours. «J’en ai pour trois ou quatre ans et c’est fi­ni, après. Je vais conti­nuer de chan­ter, comme Gilbert Bé­caud. Je vais cou­per ici et là et ne pas te­nir les notes aus­si long­temps. Mais ça m’écoeure au plus grand point. Quand tu n’es plus sous la ga­ran­tie et que les pièces, tu ne les trouves plus...»

Ginette Re­no est dé­so­lée de voir sa voix la quit­ter tran­quille­ment, car elle af­firme avoir tou­jours le feu sacré, même après cinq dé­cen­nies de car­rière. «Chaque fois que je chante, c’est comme si c’était la pre­mière fois. Je me suis sou­vent de­man­dé pour­quoi, mais j’ai fi­ni par l’ac­cep­ter. Je suis en­core ex­ci­tée, j’ai tout l’émer­veille­ment, comme le feu sacré. Quand tu as ça, c’est une res­pon­sa­bi­li­té énorme. C’est un poids, en même temps. C’est lourd à por­ter.»

UNE CROI­SIÈRE POUR SES 70 ANS ?

En avril pro­chain, Ginette Re­no cé­lé­bre­ra son 70e an­ni­ver­saire. Pour l’oc­ca­sion, elle songe à mar­quer le coup en or­ga­ni­sant une grande croi­sière. «Je suis en train de par­ler de ça avec mon équipe. Je trouve que ce se­rait une bonne idée de faire une croi­sière avec un pa­quet de monde. Je fe­rais un gros

show et il pour­rait y avoir une belle émis­sion de té­lé­vi­sion qui se­rait tour­née. J’in­vi­te­rais aus­si les gens du pu­blic. Ce se­rait: Ve­nez fê

ter avec Ginette. » «En 2012, avec l’an­nonce de la fin du monde, je vou­lais faire un gros par­ty au Stade olym­pique, le 21 dé­cembre. Je vou­lais ap­pe­ler ça:

Ve­nez mou­rir avec Ginette! On avait eu des ren­contres, mais ça n’avait pas fonc­tion­né.»

Quel ca­deau sou­hai­te­rait-elle re­ce­voir pour son an­ni­ver­saire? «J’ai­me­rais ça faire l’amour! Mais pour ça, il faut que je sois en amour», dit celle qui n’a pas de conjoint de­puis 2009.

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