<< JE NE ME SUIS JA­MAIS LAIS­SÉ ABATTRE >>

À 78 ans, il n’a ja­mais en­ten­du les noms de Kim Kar­da­shian et Ni­cki Mi­naj. Il n’a au­cun in­té­rêt pour les ré­seaux so­ciaux et par­vient tout juste à ré­pondre à son té­lé­phone in­tel­li­gent. Oui, Mi­chel Lou­vain vieillit. Et il en est bien conscient. «Il y a des

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Bru­no La­pointe

«Je me re­garde et je vois de nou­velles rides, la peau du cou qui tombe, un pe­tit be­don que j’ai de la mi­sère à perdre. J’ai les yeux cer­nés, j’ai ci, j’ai ça… Mais l’im­por­tant, c’est la san­té. Et ça, je l’ai», ex­plique-t-il.

Mi­chel Lou­vain res­pecte son pu­blic. Il était dans la salle du Ca­ba­ret du Ca­si­no de Mon­tréal le mois der­nier, alors que le croo­ner amé­ri­cain To­ny Ben­nett a don­né une pres­ta­tion écourtée, quit­tant la scène après une ving­taine de mi­nutes. Plu­sieurs ont at­tri­bué le fias­co aux 89 ans bien son­nés du chan­teur.

«J’ai été tel­le­ment dé­çu, To­ny Ben­nett, c’est mon idole. En plus, il se croyait à To­ron­to. Si un jour je fais des gaffes comme ça, je vais me re­ti­rer. C’est pas cor­rect de dé­ce­voir son pu­blic comme ça», es­time Mi­chel Lou­vain.

RE­TROU­VER LE RES­PECT

Ces 60 an­nées de car­rière ont su, bien en­ten­du, com­bler le chan­teur. Mais le par­cours n’a pas tou­jours été fa­cile: des an­nées du­rant, on lui a ap­po­sé une éti­quette peu élo­gieuse. Mi­chel Lou­vain était qué­taine. «J’en ai beau­coup souf­fert. Je n’al­lais plus aux pre­mières, ni aux ga­las. Je n’avais plus en­vie d’être vu. Mais je ne me suis ja­mais lais­sé abattre. Mon pu­blic me ré­pé­tait constam­ment de ne pas écou­ter les com­men­taires mé­chants. Alors j’ai fon­cé», confie-t-il.

Dans les der­nières an­nées, le vent semble avoir tour­né pour Mi­chel Lou­vain. Le chan­teur a fi­na­le­ment re­trou­vé ses lettres de no­blesse et le res­pect de plu­sieurs membres de l’in­dus­trie.

«Il y a plu­sieurs per­sonnes qui riaient de moi à l’époque, mais qui au­jourd’hui, m’in­vitent à leurs évé­ne­ments et me res­pectent. Ils sont nom­breux à me dire qu’ils re­grettent d’avoir été mé­chants avec moi. Tout ça, c’est du pas­sé. J’ou­blie. Je n’ai au­cune ran­cune», ex­plique-t-il.

RÉ­SEAUX SO­CIAUX ET MORTS-VI­VANTS

À l’aube de ses 80 ans, Mi­chel Lou­vain a donc ap­pris à choi­sir ses ba­tailles. C’est ain­si que des choses comme les tech­no­lo­gies et les ré­seaux so­ciaux ont chu­té bien bas sur sa liste de pré­oc­cu­pa­tions.

«J’ar­rive à ré­pondre à mon té­lé­phone in­tel­li­gent et c’est tout. Je ne suis pas très dans le vent là-de­dans. Et Fa­ce­book? C’est non. Tout le monde sait tout, il n’y a plus de vie pri­vée. Il y en a même qui y écrivent qu’ils vont aux toi­lettes. Est-ce que j’ai vrai­ment be­soin de sa­voir tout ça?», ri­cane-t-il.

D’ailleurs, le chan­teur n’a ja­mais en­ten­du par­ler de Ni­cki Mi­naj, du clan Kar­da­shian, et même très peu de Mi­ley Cy­rus. Ses temps libres, il les passe sou­vent à la mai­son, gin-to­nic à la main, de­vant un feu de foyer ou un film. Sa der­nière pas­sion: les films d’hor­reur.

«Ces temps-ci, je vois beau­coup de films de peur. Des re­ve­nants, des zom­bies, des têtes qui se coupent. J’adore ça... même si je ne dors pas après», plai­sante-t-il.

MI­CHEL LOU­VAIN

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