JE VEUX DÉ­POUS­SIÉ­RER L’ART DE LA MA­GIE»

Luc Lan­ge­vin ai­me­rait que la ma­gie ob­tienne plus de vi­si­bi­li­té et que plus de ma­gi­ciens de­viennent, comme lui, des ve­dettes connues du grand pu­blic. C’est pour­quoi il se­ra le porte-pa­role du Fes­ti­val de ma­gie de Qué­bec, en 2016, pour la troi­sième fois en

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Cé­dric Bé­lan­ger ce­dric.be­lan­ger @que­be­cor­me­dia.com

Pour­quoi c’est im­por­tant pour toi de. t’im­pli­quer dans ce fes­ti­val?.

D’abord parce que je viens de Qué­bec. Les ma­gi­ciens d’ici sont des amis à moi. Je les connais tous. Donc, c’est un peu comme re­ve­nir dans ma fa­mille. En­cou­ra­ger Pierre et Re­née-Claude (les or­ga­ni­sa­teurs), qui sont aus­si des amis, c’est tout na­tu­rel. J’au­rais ai­mé avoir un fes­ti­val comme ce­lui­là, quand j’étais plus jeune, comme vi­trine. Lors­qu’on est ma­gi­cien, c’est dif­fi­cile de trou­ver une pla­te­forme pour mon­trer aux gens ce qu’on fait. Les hu­mo­ristes ont des fes­ti­vals, même chose pour la mu­sique. Le Fes­ti­val de ma­gie le fait et, sur­tout, il per­met aux gens de dé­cou­vrir la ma­gie. C’est rare d’avoir le ré­flexe d’al­ler voir un spec­tacle de ma­gie. Pour­tant, c’est un di­ver­tis­se­ment tel­le­ment com­plet. Dans un bon spec­tacle de ma­gie, on rit, on se ques­tionne, on est ému, on est émerveillé.»

Di­rais-tu que la ma­gie comme art n’est pas. re­con­nue à sa juste va­leur?.

Tout à fait. Il y a en­core des gens qui pensent que c’est pour les en­fants, comme en­ga­ger un clown ou un jon­gleur. Je pense que la ma­gie vit ce qui est ar­ri­vé au cirque quand le Cirque du So­leil est ar­ri­vé et qu’il a dé­pous­sié­ré cet art.»

De ton cô­té, tu aimes mon­ter des nu­mé­ros. qui sont ba­sés sur des faits scien­ti­fiques.. La pé­da­go­gie est im­por­tante pour toi?.

La science est vue comme quelque chose de très aca­dé­mique, très ar­due, qu’il faut être très in­tel­li­gent pour la com­prendre. C’est une fausse per­cep­tion à mon avis. De plus en plus, on voit des émis­sions comme Gé­nial!, à Té­lé-Qué­bec, qui montrent com­ment c’est fas­ci­nant la science. Ça trans­forme nos vies. Donc, c’est un peu une mis­sion que je me donne de mon­trer ce qu’est la science et com­ment ça peut être uti­li­sé et en même temps de dé­pous­sié­rer l’art de la ma­gie.»

Est-ce que tu se­ras sa­tis­fait quand. plu­sieurs spec­ta­teurs te di­ront qu’ils ont. de­vi­né ton truc?.

Ce se­rait tant mieux. Per­son­nel­le­ment, ça ne me dé­range pas que les gens trouvent le truc. Je dis tou­jours que ce que je fais est illu­sion. Pour moi, la ma­gie c’est plus qu’un truc. Lors­qu’on va voir un film au cinéma, on le sait que ce sont des ef­fets spé­ciaux avec des co­mé­diens, donc que ça ne se passe pour vrai. Mal­gré tout, on vit des émo­tions. La ma­gie, c’est la même chose. On le sait qu’il y a un se­cret, mais c’est l’émer­veille­ment qu’il pro­cure qui est l’es­sence d’un nu­mé­ro.»

Sens-tu que tu es de­ve­nu le porte-éten­dard. de la ma­gie au Qué­bec?.

Je pense que oui. J’ai l’im­pres­sion qu’avec les an­nées, je suis de­ve­nu le vi­sage que les gens connaissent de la ma­gie. C’est une des rai­sons pour les­quelles je me lie au Fes­ti­val de ma­gie. Ma pré­sence va peut-être in­ci­ter des gens qui aiment ce que je fais à ve­nir au fes­ti­val et c’est tant mieux. J’ose es­pé­rer qu’ils vont dé­cou­vrir d’autres ma­gi­ciens.»

Quel est ton sou­hait pour la ma­gie?.

J’ai­me­rais qu’on voie plu­sieurs ma­gi­ciens dans l’uni­vers mé­dia­tique, comme les hu­mo­ristes. Qu’on re­trouve dif­fé­rentes formes de ma­gie en salles, à la té­lé. Parce que c’est un art ins­pi­rant. Ça nous ap­prend à pen­ser en de­hors de la boîte. Moi, ça m’a per­mis de gran­dir. Quand on crée un nu­mé­ro, on doit trom­per les per­cep­tions des gens et après, on com­prend que nos per­cep­tions sont trom­pées dans la vie de tous les jours. Com­ment le dis­cours d’un po­li­ti­cien peut nous hyp­no­ti­ser et nous faire croire cer­taines choses alors qu’il n’en est rien. Com­ment les pu­bli­ci­tés nous font ache­ter les choses dont on n’a pas be­soin?»

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