DES­TINS DE FEMMES

Trois femmes se re­trouvent au coeur de L’Échap­pée, la nou­velle sé­rie de TVA écrite par Mi­chelle Al­len ( Des­ti­nées, Pour Sa­rah). Pour en sa­voir un peu plus sur cha­cune d’elles, nous avons dis­cu­té avec leurs in­ter­prètes, Ju­lie Per­reault, Anick Le­may et Cha

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Marc-André Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal marc-andre.le­mieux @que­be­cor­me­dia.com TVA pré­sente L’Échap­pée le lun­di à 20 h. À comp­ter du 12 sep­tembre.

LA REVENANTE BRI­GITTE (JU­LIE PER­REAULT)

Les té­lé­spec­ta­teurs de L’Échap­pée dé­cou­vri­ront une nou­velle fa­cette de Ju­lie Per­reault cet au­tomne: la chan­teuse. L’ac­trice, qui in­carne Bri­gitte Fran­coeur, une au­teure-com­po­si­tri­cein­ter­prète ex­tra­ver­tie et flam­boyante, qui rentre au ber­cail 20 ans après avoir quit­té son village na­tal, a ef­fec­ti­ve­ment pous­sé la note du­rant les tour­nages du feuille­ton, cet été. En en­tre­vue au Jour­nal, la co­mé­dienne parle d’une ex­pé­rience qu’elle a bien failli re­gret­ter, d’au­tant qu’elle de­vait suivre des cours de gui­tare pour ap­prendre à jouer la chan­son – à cinq ac­cords – que Sa­lo­mé Le­clerc avait spé­cia­le­ment com­po­sée pour l’oc­ca­sion.

«J’ai fi­ni par dire que j’al­lais faire mon pos­sible», ré­sume-t-elle.

«La gui­tare, ce n’est pas com­pli­qué, mais tu dois pra­ti­quer, pra­ti­quer et pra­ti­quer. En fin de compte, ça s’est bien pas­sé, parce que je sor­tais de 30 Vies, une ex­pé­rience qui m’a drillée comme un sol­dat. Ça m’a in­cul­qué une ri­gueur de tra­vail. J’ai donc ap­pris la gui­tare comme j’ap­pre­nais mes textes de 30 Vies: avec énor­mé­ment de dis­ci­pline. Les ac­teurs se fient sou­vent à leur ins­tinct. On laisse mon­ter l’émo­tion, on fait de grandes marches pour pen­ser à notre rôle… C’est une bonne mé­thode, mais s’as­seoir, tra­vailler et tra­vailler donne aus­si des ré­sul­tats.»

LA PEUR

Chan­ter s’est avé­ré une autre paire de manches. Ju­lie Per­reault a re­cou­ru aux ser­vices d’un pro­fes­seur pour s’as­su­rer d’être fin prête. Mais au fil des le­çons, la co­mé­dienne a réa­li­sé qu’un plus gros dé­fi qu’at­teindre cha­cune des notes l’at­ten­dait au bout du compte: ce­lui de vaincre sa peur de chan­ter en pu­blic.

«La plus grande dif­fi­cul­té, c’était de jouer de­vant plu­sieurs per­sonnes… De­vant mes col­lègues de tra­vail. J’étais com­plè­te­ment apeu­rée! Avant de tour­ner la scène, je leur ai dit : «Si vous me ju­gez, ce n’est vrai­ment pas gen­til!» Une chance qu’ils m’ont sou­te­nue, parce que j’étais tel­le­ment gê­née!»

BRI­GITTE «

C’est une im­pul­sive, une pe­tite bombe qui n’a pas de filtre. Dans son coeur, c’est en­core une ado­les­cente. Elle n’a pas ap­pris à do­mi­ner ses pul­sions. Elle dit ce qu’elle pense. Elle fait des gaffes, mais ce n’est ja­mais mal in­ten­tion­né. Elle s’en veut tou­jours après. Elle est mal­adroite. Elle se met des gens à dos. Mais on sent une au­then­ti­ci­té chez elle. Ça ex­cuse ses mal­adresses. C’est » comme un chien fou… ou pas dres­sé en­core !

L’au­teure Mi­chelle Al­len

LE PI­LIER NOÉMIE (ANICK LE­MAY)

Quatre ans après Mau­vais Kar­ma, Anick Le­may se re­trouve au coeur d’un nou­veau trio de femmes dans L’Échap­pée, mais les com­pa­rai­sons entre les deux sé­ries s’ar­rêtent là. En ef­fet, la co­mé­die dé­jan­tée d’Isabelle Lan­glois qui met­tait éga­le­ment en ve­dette Hé­lène Bour­geois-Le­clerc et Ju­lie Le Bre­ton dif­fère pas­sa­ble­ment du drame de Mi­chelle Al­len, dans le­quel elle in­carne Noémie Fran­coeur, la soeur aî­née de Bri­gitte (Ju­lie Per­reault) et di­rec­trice du centre jeu­nesse L’Échap­pée.

«C’est un pi­lier par­tout: dans sa fa­mille, au centre jeu­nesse, dans son couple... C’est une femme droite, avec les va­leurs au bon en­droit. Elle mène bien son monde. Elle prend les pro­blèmes des gens à bras le corps et trouve des so­lu­tions. C’est une femme ai­mante. Elle tient son clan ser­ré. Elle n’a ja­mais re­pro­ché à Bri­gitte d’être par­tie. Elle a éle­vé sa fa­mille avec tout l’amour qu’elle pou­vait.»

APRÈS YA­MAS­KA

Pré­sen­tée comme la sé­rie qui rem­pla­ce­ra Ya­mas­ka, qui a quit­té l’an­tenne après sept sai­sons au prin­temps der­nier, L’Échap­pée semble avoir été pen­sée pour du­rer plu­sieurs an­nées. C’est du moins ce qu’es­père Anick Le­may qui ai­me­rait bien fê­ter son 50e an­ni­ver­saire entre deux prises.

«Je prends les pro­jets comme ils viennent, mais je pense qu’on est par­ti pour un bout, dé­clare la co­mé­dienne de 47 ans. Mi­chelle a beau­coup de jus, puis les Québécois s’at­tachent beau­coup aux per­son­nages des sé­ries d’ici. Je trouve ça ex­tra­or­di­naire! C’est as­sez phé­no­mé­nal, parce qu’on est un pe­tit peuple de Gau­lois, mais on est so­li­daires. Le ci­né­ma québécois a plus de mi­sère, mais notre té­lé a tel­le­ment de suc­cès.»

RE­TOUR AU DRAME

L’Échap­pée marque un re­tour au drame pour Anick Le­may. In­ter­pré­ter un per­son­nage bien an­cré au sol, loin des né­vroses lu­diques de Sa­rah dans Mau­vais kar­ma et Beth dans Toi & Moi, re­pré­sen­tait un «tout autre dé­fi» pour l’ac­trice.

«Re­tour­ner au té­lé­ro­man plus, avec ses re­vi­re­ments dra­ma­tiques, ses grandes larmes et ses grandes émo­tions, c’est le fun. Ça fait vrai­ment du bien. J’ai fi­ni de tour­ner Toi & Moi au prin­temps, quelques se­maines avant de com­men­cer L’Échap­pée. C’était for­mi­dable de plon­ger au coeur d’un uni­vers com­plè­te­ment dif­fé­rent. Je suis chan­ceuse.»

Anick Le­may se dit éga­le­ment pri­vi­lé­giée de pou­voir re­ve­nir au théâtre après neuf ans d’ab­sence cet au­tomne. Dès oc­tobre, elle fou­le­ra les planches du Ri­deau Vert dans La liste de mes en­vies, une pièce mise en scène par Ma­rie-Thé­rèse For­tin avec Ma­rie-Chantal Per­ron, Steve La­plante, Marc Le­gault et Tam­my Verge. «Je suis folle de joie!» lance-t-elle à quelques jours du dé­but des ré­pé­ti­tions.

L’EN­FANT ABAN­DON­NÉE JADE (CHAR­LOTTE AU­BIN)

Dix ans après avoir te­nu la ve­dette du film Ro­méo et Ju­liette alors qu’elle n’était qu’une ado­les­cente, Char­lotte Au­bin re­trouve le feu des pro­jec­teurs, mais au pe­tit écran cette fois. Dans L’Échap­pée, elle campe Jade Fran­coeur, la fille bio­lo­gique de Bri­gitte (Ju­lie Per­reault), que cette der­nière a aban­don­née peu de temps après sa nais­sance. Bles­sée, Jade consi­dère au­jourd’hui Noémie (Anick Le­may) et Marc (Sté­phane Ga­gnon) comme ses vé­ri­tables pa­rents. Elle forme aus­si un couple so­lide avec Xa­vier (Fé­lix An­toine Du­val).

«Je vois Jade comme une fille su­per po­si­tive, su­per lumineuse et douce, ré­vèle Char­lotte Au­bin. Elle est de­ve­nue adulte avant le temps. C’est quel­qu’un qui es­saie de contrô­ler ce qui se passe au­tour d’elle pour évi­ter de tom­ber du cô­té dark et fi­nir comme sa mère, qui n’a ja­mais pris le temps de pen­ser à elle, de pas­ser du temps avec elle pour tis­ser une re­la­tion ni pour l’éle­ver. Comme sa mère a fait les choix in­verses, elle veut res­ter en ré­gion, fon­der une fa­mille et par­tir une bu­si­ness.»

Bien qu’à l’écran, ses re­la­tions avec Ju­lie Per­reault soient ten­dues, Char­lotte Au­bin af­firme être de­ve­nue amie avec elle ain­si qu’avec Anick Le­may, ses deux prin­ci­pales par­te­naires de jeu. «On est vrai­ment chan­ceuses: la mayon­naise a po­gné tout de suite, sou­tient l’ac­trice. On est devenues très proches très ra­pi­de­ment. On rit beau­coup en­semble. On fait plein de niai­se­ries!»

TOUR­NAGES AU BIC

L’Échap­pée, dont l’ac­tion se si­tue à Saint-Alice-de-Ri­mous­ki, une ville fic­tive du Bas-du-Fleuve, est ac­tuel­le­ment tour­née au Bic, du moins en par­tie (Ot­ter­burn Park, Va­rennes et Pointe-Claire font aus­si par­tie des lieux de tour­nage). Les tour­nages en ré­gion ont beau­coup contri­bué à res­ser­rer les liens entre co­mé­diens, sou­ligne Char­lotte Au­bin.

«Tour­ner à l’ex­té­rieur de Mon­tréal, ça rap­proche parce que tout le monde est pris au même hô­tel. Ça donne des condi­tions as­sez in­tenses, sur­tout qu’il fai­sait froid et qu’il n’a pas ar­rê­té de pleu­voir tout le temps qu’on était sur place!»

UNE PAUSE

Si Char­lotte Au­bin a dis­pa­ru du pay­sage ci­né­ma­to­gra­phique et té­lé­vi­suel après Ro­méo et Ju­liette, c’est parce qu’elle a pris une pause de plu­sieurs an­nées pour conti­nuer ses études. Une dé­ci­sion qu’elle n’a ja­mais re­gret­tée.

«Je suis su­per contente et fière d’avoir fait mon école de théâtre, in­dique la co­mé­dienne, que nous avons aus­si pu voir dans Blue Moon en jan­vier. J’ai ar­rê­té pen­dant cinq ans pour al­ler faire ma for­ma­tion d’ac­trice. Je suis main­te­nant prête à at­ta­quer les 10 pro­chaines an­nées, parce que j’ai pris le temps de peau­fi­ner mon jeu, de ren­con­trer le théâtre et d’es­sayer plein d’af­faires.»

NOÉMIE «

C’est la grande soeur. C’est celle qui s’est tou­jours ar­ran­gée pour ré­pa­rer les gaffes de Bri­gitte. Plus jeunes, leurs pa­rents ne leur ont pas ac­cor­dé le même trai­te­ment. Ils ne leur ont pas don­né la même place. Une a été obli­gée d’être plus rai­son­nable et l’autre était un peu la folle du lo­gis. Tout ce qui a été re­fou­lé et ca­ché va donc res­sor­tir. Elles vont » de­voir ré­gler leurs af­faires.

L’au­teure Mi­chelle Al­len

JADE «

C’est la fille rai­son­nable. Mais on sent chez elle un im­mense fond de dé­tresse, de sen­ti­ment d’in­jus­tice, de co­lère et d’aban­don parce que sa mère est par­tie. Pour­quoi? Ce n’est pas pour rien qu’elle veut se ma­rier si jeune. Son dé­sir » d’avoir une vraie fa­mille est très fort.

L’au­teure Mi­chelle Al­len

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