« DANS UN GROUPE ROCK, ON PEUT DIRE CE QU’ON VEUT » - Tom Mo­rel­lo

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger ce­dric.be­lan­ger@que­be­cor­me­dia.com

Le feu de l’in­di­gna­tion brûle en­core avec la même in­ten­si­té dans le coeur du gui­ta­riste Tom Mo­rel­lo. Vingt ans après avoir se­coué le monde de la mu­sique avec le rap-mé­tal re­ven­di­ca­teur de Rage Against The Ma­chine, le vir­tuose de la six-cordes a dé­ci­dé de mettre son nez dans la cam­pagne pré­si­den­tielle amé­ri­caine en fon­dant le su­per­groupe Pro­phets of Rage.

Au té­lé­phone, l’af­fable et ar­ti­cu­lé Mo­rel­lo ne tourne pas les coins ronds. S’il a dé­ci­dé de faire équipe avec ses vieux com­plices de RATM Tim Com­mer­ford et Brad Wilk, de même qu’avec les rap­peurs Chuck D, de Pu­blic Ene­my, et B-Real, de Cy­press Hill, c’est parce «qu’une voix était né­ces­saire du­rant cette pé­riode très trouble.»

Voi­ci ce que le gui­ta­riste de 52 ans avait à dire quelques jours avant le pas­sage à Qué­bec de la tour­née Make Ame­ri­ca Rage Again.

Qui a eu l’idée de for­mer Pro­phets of Rage?

«J’ai par­lé avec Tim et Brad pour son­der leur in­té­rêt. Puis, j’ai contac­té Chuck D. Nous nous sommes réunis tous les quatre et avons ajou­té B-Real. Nous vou­lions faire une équipe d’étoiles de mu­si­ciens ré­vo­lu­tion­naires en ré­ponse à cette pé­riode dan­ge­reuse.»

Pour­quoi dan­ge­reuse?

«Ça va du cycle élec­to­ral ou­tra­geux que nous vi­vons aux États-Unis à la guerre au Moyen-Orient et au ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique qui me­nace toute la pla­nète. Chaque jour, un Afro-amé­ri­cain est tué par un po­li- cier. Le mes­sage que nous pro­pa­geons dans nos concerts est très simple: le monde va se chan­ger lui-même, à vous de jouer.»

As-tu dé­jà son­gé à te lan­cer en po­li­tique?

«Non. Tu ne peux pas être élu sans amas­ser de grosses sommes d’ar­gent. Et cet ar­gent ne vient pas des sans-abri. Ce qui est bien avec un groupe de rock, c’est qu’on peut dire et faire ce qu’on veut. Au­cun lob­byiste ne peut nous in­fluen­cer.»

En con­cert, vous jouez les vieilles chan­sons de vos groupes res­pec­tifs. Est-ce une bonne ou une mau­vaise nou­velle que celles-ci de­meurent per­ti­nentes deux dé­cen­nies plus tard?

«En fait, comme l’in­jus­tice pré­vaut tou­jours, la ré­sis­tance à l’in­jus­tice doit pré­va­loir. Ces chan­sons ont en­core un écho parce que les gens sont écoeu­rés, et avec rai­son. À l’époque, je ne croyais évi­dem­ment pas qu’elles se­raient uti­li­sées dans le cadre d’une cam­pagne élec­to­rale. Mais quand on y pense, les chan­sons de pro­tes­ta­tions de Bob Dy­lan, Woo­dy Gu­thrie et des Clash sont en­core im­por­tantes au­jourd’hui.»

Étais-tu dé­çu que Zack de la Ro­cha (le chan­teur de Rage Against The Ma­chine) re­fuse de se joindre à Pro­phets of Rage?

«Du tout, il fait ses propres trucs. Mais j’étais heu­reux qu’il donne sa bé­né­dic­tion au pro­jet.»

Y’a-t-il des chances que Rage Against The Ma­chine se réunisse de nou­veau?

«Il n’y a pas de nou­velles de ce cô­té.»

Et qu’est-ce qui at­tend Pro­phets of Rage à part la tour­née?

«Nous avons en­re­gis­tré de nou­velles pièces en stu­dio avec le pro­duc­teur Bren­dan O’Brien (RATM, Stone Temple Pi­lots, Bruce Spring­steen). Un al­bum? Nous n’avons pas de plans im­mé­diats, mais tout le monde est ou­vert à l’idée.»

Pro­phets of Rage se­ra au Centre Vi­déo­tron de Qué­bec le 30 août.

PRO­PHETS OF RAGE

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.