TÉ­MOIN D’IM­POR­TANCE

Adap­ta­tion du ro­man po­li­cier de Pau­la Haw­kins, le film à sus­pense de Tate Tay­lor ( La cou­leur des sen­ti­ments) met en ve­dette Emi­ly Blunt dans le rôle d’une jeune femme al­coo­lique, té­moin de ce qui semble être un meurtre. Jus­qu’où se­ra-t-elle en­traî­née dan

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie La fille du train tient les ci­né­philes en ha­leine dès le 7 oc­tobre.

Agence QMI

Fi­dèle au ro­man à suc­cès pu­blié en 2015 et ven­du à plus de 15 mil­lions d’exem­plaires à tra­vers le monde, le film suit Ra­chel (Emi­ly Blunt), une tren­te­naire dont la vie est en lam­beaux après son di­vorce d’avec Tom (Jus­tin The­roux). Le couple, étant in­ca­pable d’avoir des en­fants, Tom s’est amou­ra­ché d’An­na (Re­bec­ca Fer­gu­son), avec qui il a eu un en­fant. Le pen­chant de Ra­chel pour la bou­teille lui a coû­té son tra­vail, ce qui ne l’em­pêche pas de prendre le train tous les ma­tins pour se rendre en ville, puis­qu’elle fait sem­blant de ne pas avoir été li­cen­ciée.

VOYEURISME…

Ob­sé­dée par Tom, An­na et leur bé­bé, Ra­chel s’adonne éga­le­ment à un autre vice, ce­lui d’ob­ser­ver, pen­dant le trajet en train, Me­gan (Ha­ley Ben­nett) et Scott (Luke Evans), qu’elle consi­dère comme le couple idéal et dont la re­la­tion meuble ses fan­tasmes. Mais lorsque Me­gan dis­pa­raît, Ra­chel se re­trouve dans le col­li­ma­teur de la po­lice, la dé­tec­tive Ri­ley (Al­li­son Jan­ney) la soup­çon­nant d’être im­pli­quée.

«J’ai été fas­ci­née par la ma­nière dont l’équipe al­lait rendre la dé­pen­dance et le voyeurisme [de Ra­chel]. On croit voir et on ne voit pas, on croit se sou­ve­nir, mais on ne se sou­vient de rien… sont au­tant de fron­tières brouillées. Ce que j’ai ai­mé du livre et du scé­na­rio est la ma­nière dont ils ont tous deux réus­si à dé­crire des femmes en­dom­ma­gées, bri­sées. On ne voit pas ce­la au ci­né­ma très sou­vent, les femmes y étant mon­trées se­lon un idéal mas­cu­lin», a sou­li­gné Emi­ly Blunt, qui a dé­cou­vert le ro­man au mo­ment de sa sor­tie grâce à sa soeur, agente lit­té­raire.

Car Ra­chel croit avoir vu quelque chose qui pour­rait ex­pli­quer la dis­pa­ri­tion de Me­gan. Mais son al­coo­lisme – gé­né­ra­teur de ses pertes de mé­moire – et son ob­ses­sion mal­saine pour son ex et sa nou­velle fa­mille font d’elle un té­moin plus que dou­teux.

«Emi­ly in­carne Ra­chel d’une ma­nière stu­pé­fiante. Même si nous avons chan­gé le lieu de l’in­trigue [de Londres à New York, nous lui avons de­man­dé de conser­ver son ac­cent bri­tan­nique]. Ce­la ajoute à la so­li­tude et à l’iso­le­ment du per­son­nage d’avoir une An­glaise en Amé­rique, sans vie et sans ma­ri», a pré­ci­sé le réa­li­sa­teur Tate Tay­lor.

Et Emi­ly Blunt de ren­ché­rir, lors­qu’on l’in­ter­roge sur ses mo­ti­va­tions d’ac­trice, que «tout ce que je sou­haite est d’es­sayer de com­prendre les per­son­nages que j’in­carne. Plus on en­lève les pe­lures d’oi­gnons de Ra­chel, plus on réa­lise qu’elle a un réel pro­blème de consom­ma­tion d’al­cool, qu’elle est in­croya­ble­ment dé­con­nec­tée de la réa­li­té et ex­trê­me­ment in­stable. Ra­chel est per­cluse de culpa­bi­li­té, de so­li­tude et de déses­poir tout en ayant ter­ri­ble­ment be- soin d’amour et de contact hu­main. Je crois qu’elle trouve un im­mense confort dans la vie des gens qui l’ob­sèdent. J’éprouve énor­mé­ment d’em­pa­thie pour elle.»

EN EAUX TROUBLES

Au­cun des per­son­nages n’est ce qu’il semble être. Ain­si, Me­gan, à la vie sup­po­sé­ment par­faite est loin d’être heu­reuse. Ain­si que l’a ex­pli­qué le ci­néaste, «des trois femmes, c’est Me­gan qui est la plus per­due, son pas­sé la hante». Pour Jus­tin The­roux, La fille du train est un long mé­trage sur les ap­pa­rences. «L’ac­tion se dé­roule en ban­lieue, juste en de­hors de New York. On y trouve donc cette image des clô­tures blanches en pi­quets de bois et le spec­ta­teur peut donc se de­man­der ce qui se passe der­rière les vo­lets et les ri­deaux. […] Pour la pas­sa­gère d’un train qui jette un oeil dans les mai­sons de­vant les­quelles elle passe, sa vi­sion de­vient plus in­time. C’est presque une in­va­sion [que de re­gar­der] les mai­sons des gens. On voit leur linge sale et plus ce qui est pré­sen­té en fa­çade.»

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