LES FA­MILLES DER­RIÈRE LES JEUNES CAN­DI­DATS

Le Journal de Quebec - Weekend - - NOUVELLES - Sa­muel Pra­dier Agence QMI

Les jeunes can­di­dats de La Voix

Ju­nior peuvent comp­ter sur le sou­tien de leurs pa­rents et de leur fa­mille avant de pas­ser l’épreuve des au­di­tions à l’aveugle, qui n’est pas sans stress et sans pres­sion, même si l’équipe de pro­duc­tion met tout en oeuvre pour créer un cli­mat jo­vial et convi­vial.

La qua­si-to­ta­li­té des 85 jeunes qui vont pas­ser de­vant les coachs pour ten­ter d’in­té­grer une équipe vient de fa­milles qui n’ont au­cun lien avec le mi­lieu de la mu­sique. Ce sont donc des en­fants réel­le­ment pas­sion­nés par la mu­sique et qui rêvent de faire car­rière dans ce do­maine.

«Les pa­rents sont sou­vent dé­pas­sés par le talent de leur en­fant, a ex­pli­qué Charles La­for­tune, qui ac­com­pagne les fa­milles lors des au­di­tions à l’aveugle. Les en­fants ont dé­ve­lop­pé leurs ta­lents dans leur ga­rage, avec des amis, plu­sieurs font aus­si de la mu­sique à l’école, dans des cho­rales, mais beau­coup sont au­to­di­dactes. Par exemple, Emy Rayes a sur­pris toute sa fa­mille en chan­tant, un soir, une chan­son au cha­let. Ses pa­rents ne sa­vaient même pas qu’elle chan­tait. Elle n’a ja­mais sui­vi de cours. Elle a l’oreille juste et elle chante pro­ba­ble­ment comme Marc Du­pré le fai­sait à 12-13 ans pour ses imi­ta­tions.»

La fier­té est sans doute le sen­ti­ment le plus par­ta­gé par toutes les fa­milles des can­di­dats, non seule­ment parce qu’il s’agit de chan­ter de­vant le pu­blic, mais aus­si parce que ce­la re­pré­sente une sorte de rite de pas­sage. «Ils sont ner­veux et se sentent im­puis­sants par rap­port à ce que leur en­fant va vivre tout seul. Pour la pre­mière fois, sou­vent, il va faire quelque chose par lui-même. C’est donc une grande fier­té mê­lée à un sen­ti­ment de voir son en­fant gran­dir et prendre de la dis­tance.»

LE JEU AVANT TOUT

Charles La­for­tune in­siste sur le fait que tout est mis en oeuvre pour que les jeunes aient du plai­sir dans l’exer­cice des au­di­tions à l’aveugle. «On a vou­lu que l’en­vi­ron­ne­ment soit ce­lui du plai­sir de chan­ter. C’est im­por­tant de bien si­gni­fier aux en­fants que même si les chaises ne se tournent pas, ils vont par­ti­ci­per au spec­tacle et qu’ils sont les meilleurs sur les 5000 qui se sont pré­sen­tés aux préau­di­tions. Les pa­rents en sont conscients et on leur ré­pète qu’ils doivent cal­mer au­tant les at­tentes de ceux qui sont re­te­nus que les dé­cep­tions de ceux qui n’ont pas été pris dans une équipe.» La dé­cep­tion de ne voir au­cun fau­teuil se re­tour­ner pour son en­fant n’at­teint éton­nam­ment pas les pa­rents. «Je n’ai pas eu de soc­cer mom, de gens qui vi­vaient leurs rêves à tra­vers leur en­fant, a af­fir­mé Charles La­for­tune. Je sais que plu­sieurs ai­me­raient ça, ça fe­rait une bonne his­toire, mais ce n’est pas ar­ri­vé. Au contraire, ils sont com­pré­hen­sifs, ils leur posent des ques­tions, ils res­tent po­si­tifs. Les pa­rents font très bien leur job.»

L’ani­ma­teur re­con­naît d’ailleurs que le pu­blic fait preuve de beau­coup d’in­tel­li­gence par rap­port à ce phé­no­mène. «Sur les ré­seaux so­ciaux, je n’ai pas vu de troll ou de gens qui étaient mé­chants en­vers les en­fants.»

SUI­VI POST-DIF­FU­SION

Après la dif­fu­sion de l’émis­sion, l’équipe de pro­duc­tion fait un sui­vi au­près de chaque fa­mille pour s’as­su­rer que tout se passe bien. «Ça fait par­tie de la ma­nière dont on veut faire La Voix Ju­nior. On veut que tout se passe bien pour tout le monde. On les aver­tit aus­si en leur di­sant que c’est une émis­sion très re­gar­dée et que beau­coup de gens vont leur en par­ler. Et puis sur­tout, je leur dis tou­jours qu’être re­con­nu, c’est juste une consé­quence. Dans ce mi­lieu, le prin­ci­pal est de chan­ter pour les bonnes rai­sons. C’est im­por­tant que l’en­fant et les pa­rents com­prennent ça», conclut Charles La­for­tune.

Zion-Lu­na et Ca­mi­la Ri­beaux Valdes An­na­belle Huot

Ma­di­son Tu­cker

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