L'ELOGE DE LA LEN­TEUR

Il s’est fait connaître comme un «p’tit vite de l’humour», mais au­jourd’hui, Louis-Jo­sé Houde met cartes sur table: il adore la len­teur plus que tout. «J’ai un grand be­soin de tran­quilli­té. Je me sens tou­jours à contre­sens de tout. Dans la so­cié­té d’au­jou

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS -

Chaque an­nonce d’un nou­veau spec­tacle de Louis-Jo­sé Houde crée un en­goue­ment. Le po­pu­laire hu­mo­riste fait cou­rir les foules de­puis dé­jà 15 ans et il se­rait fort sur­pre­nant que son nou­veau one-man-show ne soit pas le plus po­pu­laire de 2017.

Après Les heures ver­ti­cales, le co­mique nous re­vient donc avec

Pré­fère no­vembre, un spec­tacle qui fait no­tam­ment l’éloge de la len­teur. «Ce n’est pas le seul thème, pré­cise-t-il, mais c’est le su­jet le plus dé­ve­lop­pé pour l’ins­tant.»

En écri­vant ce nou­veau spec­tacle dans les trois der­nières an­nées, LouisJo­sé Houde s’est aper­çu qu’il vou­lait abor­der le cô­té ins­tan­ta­né de plu­sieurs as­pects de la so­cié­té d’au­jourd’hui.

«Il y a comme une ur­gence... “Tu ne m’as ja­mais rap­pe­lé!” Quand j’étais jeune, tu di­sais ça après quatre mois d’at­tente. Pas deux heures!»

Ad­met­tant al­ler sou­vent à contre­sens de son en­tou­rage, Louis-Jo­sé Houde pré­fère aus­si net­te­ment le mois de no­vembre (d’où le titre du spec­tacle), «parce que c’est plus tran­quille, il n’y a pas trop de neige, c’est un mois de contem­pla­tion».

Il a d’abord pen­sé ap­pe­ler son spec­tacle Pré­fère le mois d’août, «parce que je le pré­fère au mois de juillet, il y a moins de pres­sion de per­for­mance, le mois d’août res­pire mieux».

Mais il a fi­na­le­ment op­té pour le 11e mois de l’an­née. «Le mot “no­vembre” re­vient dans les textes de temps en temps, mais il n’y a pas un nu­mé­ro là-des­sus, pré­cise-t-il. C’est une ma­nière de voir la vie, en fait. Le titre ouvre une dis­cus­sion parce qu’il y en a beau­coup qui vont voir le titre et se dire qu’ils haïssent no­vembre.»

MÊMES COL­LA­BO­RA­TEURS

Alors qu’il écrit tous ses textes seul, l’hu­mo­riste a fait de nou­veau ap­pel à Fran­çois Avard et Jo­seph St-Ge­lais, pour la script-édi­tion et la mise en scène du spec­tacle.

«Ils sont avec moi de­puis mon pre­mier spec­tacle, dit-il. J’ai vrai­ment confiance en leur ju­ge­ment. Ils me connaissent de­puis que je suis à l’École de l’humour. Ils ne sont pas gê­nés de dire ce qu’ils pensent.»

L’hu­mo­riste a dé­jà tes­té une heure de nou­veau ma­té­riel dans des spec­tacles cor­po­ra­tifs au cours des der­niers mois. «Mon but, c’est de tes­ter une deuxième heure à l’hi­ver et une troi­sième heure au prin­temps, dit-il. Je vais ain­si par­tir d’un bas­sin de trois heures qui fonc­tionnent et choi­sir le meilleur 80 mi­nutes là-de­dans.»

Sui­vant la ten­dance ré­cente des courts spec­tacles sans en­tracte, LouisJo­sé Houde de­vrait donc pro­po­ser un one-man-show de 1 h 20, l’au­tomne pro­chain. «Dans mes deux pre­miers spec­tacles, je fai­sais deux par­ties de 50 mi­nutes, avec un en­tracte. Pour le pu­blic, c’est trop long. Le mo­dèle sans en­tracte, les Amé­ri­cains font ça de­puis très long­temps. L’humour qué­bé­cois dans les der­nières an­nées s’est amé­ri­ca­ni­sé un peu, pour le mieux.»

RÉ­SI­DENCE À L’OLYM­PIA

En dé­voi­lant ce nou­veau spec­tacle pour 2017, Louis-Jo­sé Houde a aus­si an­non­cé une ré­si­dence au­tom­nale à l’Olym­pia de Montréal.

«J’ai re­dé­cou­vert cette salle-là en 2015. J’y avais beau­coup joué de 2003 à 2005 avant d’ar­rê­ter. À la fin des Heu

res ver­ti­cales, on l’a faite sept ou huit fois. Je n’en re­ve­nais pas de l’am­biance. C’est très franc comme son.»

«La pro­li­fé­ra­tion des salles de spec­tacle au­tour de Montréal fait en sorte qu’on joue moins sur l’île. Mais il y a une fé­bri­li­té de plus quand on joue à Montréal un ven­dre­di ou un sa­me­di soir. [...] J’aime l’idée d’être au même théâtre tout l’au­tomne, de connaître mes repères. Pour le pu­blic, c’est simple. Je suis dans une salle. En pas­sant, les gens n’ont pas à s’in­quié­ter, je vais faire toutes les villes du Qué­bec après ça!» Louis-Jo­sé Houde vi­si­te­ra les villes de Ga­ti­neau, La­val, Sainte-Thé­rèse, Montréal et Qué­bec, entre juin et dé­cembre 2017. Il se­ra no­tam­ment en ré­si­dence à l’Olym­pia de Montréal, du 1er sep­tembre au 16 dé­cembre 2017. Pour les dates exactes du dé­but de la tour­née de Pré­fère

no­vembre, on consulte le louis­jo­se­houde.com.

Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin

PHO­TO BEN PELOSSE, LE JOUR­NAL DE MONTRÉAL Le Jour­nal de Montréal ra­phael.gen­dron-mar­tin @que­be­cor­me­dia.com

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