Ha­ro sur l’in­ti­mi­da­tion dans nos écoles

Le Reflet (The News) - - COLLECTIVITÉ | COMMUNITY - STÉ­PHANE FOR­TIER ste­phane.for­tier@eap.on.ca

Avec le dé­cès d’une jeune fille cau­sé in­di­rec­te­ment par une in­ti­mi­da­tion achar­née, la ques­tion est re­ve­nue au plus fort de l’ac­tua­li­té au cours des der­nières se­maines et il est bon de rap­pe­ler que dans nos écoles, des pro­grammes existent pour contrer ce fléau.

Tant dans les écoles fran­co­phones pu­bliques que ca­tho­liques, les res­pon­sables ont agi éner­gi­que­ment. Jean-Fran­çois Thi- bo­deau, di­rec­teur res­pon­sable de la sécurité et du bien-être des élèves au sein du Conseil des écoles pu­bliques de l’Est de l’On­ta­rio (CEPEO) af­firme que cha­cune des écoles suit un plan éta­bli à par­tir d’un guide.

s, mais on s’at­ta­quait à l’ori­gine à des pro­blèmes com­plexes. Par exemple, on n’in­ter­vient pas de la même fa­çon avec un élève in­ti­mi­dé qu’avec l’in­ti­mi­da­teur. Par­fois, voire sou­vent, ceux qui in­ti­mident ne réa­lisent pas, n’ont pas conscience qu’ils font du tort. De plus, il y a tout un par­cours chez l’élève in­ti­mid t te­nir compte », men­tionne M. Thi­bo­deau.

S’ins­pi­rant de pra­tiques réus­sies et va­li­dées par des re­cherches, le Conseil sco­laire a éta­bli tout un plan de pré­ven­tion et d’in­ter­ven­tion. « Au-de­là de la pré­ven­tion, il faut tra­vailler et en­sei­gner les ha­bi­le­tés so­ciales avec les jeunes et, sur­tout, oeu­vrer dans un cli­mat sco­laire po­si­tif. Aus­si, chaque cas doit tou­jours être rap­por­té à la di­rec­tion. Il faut en­suite en­quê­ter et dé­ter­mi­ner si l’on parle d’in­ti­mi­da­tion ou non », ex­plique M. Thi­bo­deau. Ce­lui-ci in­dique que tout le per­son­nel de l’école, qu’ils soient en­sei­gnants, membres de la di­rec­tion ou sur­veillants, ont re­çu une for­ma­tion.

« Mais cer­taines écoles peuvent éga­le­ment uti­li­ser des élèves am­bas­sa­deurs », pré­cise M. Thi­bo­deau. Ce der­nier in­dique que ce plan n’est pas sui­vi qu’en dé­but d’an­née, mais qu’il fait en­sei­gner des com­por­te­ments po­si­tifs tout le long de l’an­née. « Et il va de soi que nous comp­tons sur des tra­vailleurs so­ciaux dans les écoles », af­firme Jean-Fran­çois Thi­bo­deau qui sou­tient que le CEPEO a été le pre­mier à s’oc­cu­per à temps plein du bien-être de l’élève.

En­ga­ge­ment des jeunes

San­dra Ba­rette, lea­der en san­té men­tale et tra­vailleuse so­ciale en chef au Conseil sco­laire du dis­trict ca­tho­lique de l’Est on­ta­rien (CSDCEO), ex­plique de son cô­té que la ten­dance est l’en­ga­ge­ment des élèves. « On parle ici de l’in­ti­mi­da­tion comme étant une pro­blé­ma­tique so­ciale. Il faut sa­voir que dans une si­tua­tion d’in­ti­mi­da­tion, les pa­rents et le per­son­nel de l’école doivent être pré­ve­nus, c’est la loi, un sui­vi avec les élèves doit être fait. Mais ce n’est pas simple de bien iden­ti­fier une si­tua­tion d’in­ti­mi­da­tion. S’agit-il d’in­ti­mi­da­tion, d’une farce ?

Mme Ba­rette rap­pelle que le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion a ins­tau­ré, il y a quelques an­nées, « l’école to­lé­rante ». À la base, il y a des exi­gences mi­nis­té­rielles évi­dentes. Se­lon les spé­cia­listes, dans 85 % des cas d’in­ti­mi­da­tion, il y a des té­moins. Il faut donc trou­ver le moyen d’en­ga­ger les jeunes, se­lon Mme Ba­rette. « Si le per­son­nel de l’école a un rôle à jouer, les élèves aus­si. La loi du si­lence, c’est ce­la qu’il faut faire dis­pa­raître », sou­tient-elle.

Il existe tout un pro­ces­sus afin de mettre un terme à une si­tua­tion d’in­ti­mi­da­tion. Il faut d’abord que l’élève in­ti­mi­dé s’éloigne ou qu’un ca­ma­rade l’éloigne (en­ga­ge­ment). « La force vient des té­moins », sou­tient-elle. Si la res­pon­sa­bi­li­té so­ciale en­sei­gnée aux en­fants ne suf­fit pas, l’adulte est ap­pe­lé à in­ter­ve­nir et les adultes sont ou­tillés pour le faire.

Autre point dé­ter­mi­nant pour Mme Ba­rette, c’est qu’il faut en­rayer le mal à la racine. Dès le tout jeune âge de l’en­fant, il faut in­ter­ve­nir afin qu’une si­tua­tion d’in­ti­mi­da­tion ne de­vienne ré­cur­rente au­près d’un élève in­ti­mi­dé. Il ar­rive que des élèves du se­con­daire se fassent in­ti­mi­der de­puis les pre­mières an­nées du pri­maire », fait re­mar­quer San­dra Ba­rette.

Chaque école ca­tho­lique et pu­blique in­ter­vient contre l’in­ti­mi­da­tion, c’est connu, mais on ne le rap­pel­le­ra ja­mais as­sez.

—photo Sté­phane For­tier

San­dra Ba­rette, lea­der en san­té men­tale et tra­vailleuse so­ciale en chef au CSDCEO.

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