Vivre avec une per­sonne han­di­ca­pée

Une per­sonne han­di­ca­pée peut avoir droit à des avan­tages fi­nan­ciers consi­dé­rables. Com­ment les ré­cla­mer?

Les Affaires Plus - - En Couverture - par Annie Boi­vin

Le fisc a sa propre dé­fi­ni­tion de « per­sonne han­di­ca­pée ». Lors­qu’un in­di­vi­du rem­plit les cri­tères d’ad­mis­si­bi­li­té, il a droit à de mul­tiples avan­tages fis­caux et fi­nan­ciers.

C’est l’Uni­té du cré­dit d’im­pôt pour per­sonnes han­di­ca­pées de l’Agence du Re­ve­nu du Ca­na­da qui doit dé­ter­mi­ner si la per­sonne at­teinte d’un han­di­cap phy­sique ou men­tal ré­pond à ces cri­tères et si elle est ad­mis­sible au CIPH (cré­dit d’im­pôt pour per­sonne han­di­ca­pée). La pre­mière étape consiste donc à com­mu­ni­quer au fisc ses ren­sei­gne­ments mé­di­caux. Pour ce faire, il faut rem­plir le for­mu­laire fé­dé­ral T2201 et le faire si­gner par le mé­de­cin trai­tant ou par un pra­ti­cien qua­li­fié.

Si la de­mande est ap­prou­vée, le contri­buable de­vient alors ad­mis­sible à des pres­ta­tions qui ne sont dis­po­nibles que pour les per­sonnes qui ont droit au CIPH, soit le cré­dit d’im­pôt pour per­sonne han­di­ca­pée, les frais mé­di­caux, la dé­duc­tion pour pro­duits et ser­vices de sou­tien aux per­sonnes han­di­ca­pées, la pres­ta­tion pour en­fants han­di­ca­pés, la pres­ta­tion fis­cale pour le re­ve­nu de tra­vail et la pos­si­bi­li­té d’ou­vrir un Ré­gime en­re­gis­tré d’épargne in­va­li­di­té (REEI). Re­ve­nu Qué­bec ac­cepte aus­si l’at­tes­ta­tion fé­dé­rale ou le for­mu­laire At­tes­ta­tion de dé­fi­cience ( TP752.0.14), qui donne droit à des avan­tages fis­caux pro­vin­ciaux.

Pour ve­nir en aide aux per­sonnes qui re­çoivent le CIPH, le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral ver­se­ra une sub­ven­tion pou­vant s’éle­ver jus­qu’à 70 000 dol­lars dans un REEI, se­lon les co­ti­sa­tions qui y sont ver­sées, jus­qu’à la fin de l’an­née où la per­sonne han­di­ca­pée bé­né­fi­ciaire du REEI at­tein­dra l’âge de 49 ans. À ces sub­ven­tions peut s’ajou­ter le Bon ca­na­dien pour l’épar­gnein­va­li­di­té. Sans comp­ter l’ac­cu­mu­la­tion des re­ve­nus à l’abri de l’im­pôt.

Puisque les sommes ver­sés au REEI sont des­ti­nées ex­clu­si­ve­ment à l’usage du bé­né­fi­ciaire du CIPH, n’im­porte qui peut contri­buer jus­qu’à concur­rence de 200 000 dol­lars de co­ti­sa­tions dans le ré­gime. Il est sug­gé­ré de faire pé­rio­di­que­ment des co­ti­sa­tions qui per­met­tront de maxi­mi­ser la sub­ven­tion an­nuelle de 3 500 dol­lars.

Il est même pos­sible, au dé­cès d’un pa­rent ou d’un grand-pa­rent qui a la charge fi­nan­cière d’un en­fant re­ce­vant le CIPH, de rou­ler le REER du dé­funt sans im­pact fis­cal au REEI, chose qu’il est im­pos­sible de réa­li­ser sans l’exis­tence d’un REEI.

Il est aus­si pos­sible de créer par tes­ta­ment une fi­du­cie tes­ta­men­taire qui pro­fi­te­ra des taux d’im­po­si­tion du bé­né­fi­ciaire qui re­çoit le CIPH.

Au­tre­ment dit, une pa­no­plie de me­sures fis­cales est ac­ces­sible aux per­sonnes qui sont re­con­nues comme han­di­ca­pées par le fisc. Le seul moyen d’en pro­fi­ter et de connaître les condi­tions d’ad­mis­si­bi­li­té – la vôtre ou celle d’un proche – est de rem­plir les for­mu­laires et d’at­tendre la ré­ponse du fisc.

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Le fait de tou­cher des pres­ta­tions d’ac­ci­dent de tra­vail, des pres­ta­tions d’as­su­rance in­va­li­di­té ou une pen­sion d’in­va­li­di­té de la Ré­gie des rentes du Qué­bec ne rend pas une per­sonne au­to­ma­ti­que­ment ad­mis­sible au CIPH.

En ver­tu des règles d’ad­mis­si­bi­li­té à ces pro­grammes d’aide et à ces avan­tages fis­caux, il ne faut pas confondre in­ca­pa­ci­té de tra­vailler et in­va­li­di­té.

La per­sonne qui a de la dif­fi­cul­té à ac­com­plir une ac­ti­vi­té cou­rante de la vie quo­ti­dienne ou qui souffre d’une dé­fi­cience pro­lon­gée pen­dant une pé­riode de 12 mois et plus pour­rait être ad­mis­sible au CIPH.

Il est pos­sible d’ob­te­nir la re­con­nais­sance de l’in­va­li­di­té ré­tro­ac­ti­ve­ment. Vous pour­riez alors bé­né­fi­cier de pres­ta­tions ou d’ajus­te­ments d’im­pôt sur les dé­cla­ra­tions d’im­pôt que vous avez dé­jà pro­duites pour les an­nées où l’in­va­li­di­té est re­con­nue.

En cas de doute, rem­plis­sez le for­mu­laire fé­dé­ral T-2201, c’est le seul moyen de sa­voir si votre état de san­té ou ce­lui d’un de vos proches pour­rait don­ner droit au sta­tut de per­sonne han­di­ca­pée.

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