Où est l’équi­té fis­cale ?

Les Affaires - - Sommaire - Ju­lie Cailliau Ré­dac­trice en chef, Groupe Les Af­faires ju­lie.cailliau@tc.tc @ju­lie140c

Vous al­lez me dire que je suis juge et par­tie. Et comment !

La dé­ci­sion du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral, la se­maine der­nière, de ne pas taxer Net­flix au Ca­na­da me choque comme elle au­ra cho­qué plu­sieurs de mes confrères jour­na­listes. Pour­quoi ? Parce que l’an­nonce était en­châs­sée dans la po­li­tique cultu­relle ca­na­dienne qui re­fuse aux mé­dias d’in­for­ma­tion le sou­tien dont ils ont be­soin pour pas­ser le cap de la trans­for­ma­tion nu­mé­rique, pour­tant un en­jeu de so­cié­té s’il en est.

Cette dé­ci­sion ne me choque pas seule­ment parce que je di­rige un de ces mé­dias d’in­for­ma­tion. Elle me choque parce qu’elle montre à quel point le GAFA (Google, Apple, Fa­ce­book, Amazon) la­mine toute vo­lon­té po­li­tique d’équi­té fis­cale.

Net­flix ne paie­ra pas de taxes parce que ce se­rait prendre le risque qu’elle re­file la fac­ture à ses clients, les té­lé­spec­ta­teurs ca­na­diens, ex­plique le gou­ver­ne­ment. Ses prix n’en se­ront que meilleurs ; comme abon­née ca­na­dienne, je pour­rais m’en ré­jouir. Tou­te­fois, les dif­fu­seurs de conte­nu qui servent notre mar­ché en payant des taxes se­ront (sont !) de fac­to moins concur­ren­tiels. Où est l’équi­té ? Pre­nons le cas d’une autre en­tre­prise ma­jus­cule, Amazon. On se­ra cer­tai­ne­ment fiers si l’amé­ri­caine élit do­mi­cile à Mon­tréal. On se sen­ti­ra ir­ré­sis­tibles, presque les rois du monde. Mais quelles conces­sions fis­cales ce beau siège so­cial nous coû­te­ra-t-il ? Je ne parle pas seule­ment des cré­dits d’im­pôt ou autres avantages du genre qu’on ac­cor­de­ra à Amazon. Je parle du le­vier dé­me­su­ré que ce géant au­ra sur le gou­ver­ne­ment, le­quel n’au­ra plus d’oreille pour les dé­taillants qué­bé­cois étran­glés par le com­merce élec­tro­nique trans­fron­ta­lier. Les consom­ma­teurs conti­nue­ront de pri­vi­lé­gier la pla­te­forme d’Amazon pour faire leurs achats, parce que c’est là qu’ils trou­ve­ront les meilleures au­baines. En ef­fet, nombre de dé­taillants tiers qui dis­tri­buent sur Amazon af­fichent de meilleurs prix, puis­qu’ils ne per­çoivent pas les taxes, contrai­re­ment aux com­mer­çants d’ici.

Dans l’af­faire Net­flix, le gou­ver­ne­ment ex­plique qu’il n’y au­ra pas de taxes parce qu’il s’est en­ga­gé à ne pas aug­men­ter les im­pôts. Là en­core, à quels im­pôts fait-on al­lu­sion ? Par­lez-en aux pa­trons de PME, et beau­coup vous di­ront que leurs im­pôts à eux ont toutes les chances d’être aug­men­tés si la ré­forme Mor­neau passe le vote.

On le voit, li­mi­ter la fac­ture fis­cale des uns ne si­gni­fie pas « ne pas aug­men­ter les im­pôts » des autres. Et à dire vrai, si on se sou­cie de la fac­ture fis­cale de la classe moyenne, on de­vrait com­men­cer par se sou­cier de celle des em­ployeurs. Parce que la classe moyenne a be­soin d’un em­ploi avant d’avoir « be­soin » de Net­flix.

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L’Eu­rope a pres­sé Ma­drid de trou­ver une so­lu­tion à la crise en Ca­ta­logne, dont le pré­sident ré­gio­nal me­nace de dé­cla­rer uni­la­té­ra­le­ment l’in­dé­pen­dance au len­de­main du ré­fé­ren­dum mar­qué par des vio­lences po­li­cières qui ont cho­qué le monde en­tier. Le quo­ti­dien fran­çais Le Fi­ga­ro rap­pelle que la Ca­ta­logne a beau être une pe­tite pro­vince, elle est plus grande que la Bel­gique et aus­si riche que l’Ir­lande. La com­mu­nau­té au­to­nome concentre la moi­tié de la pro­duc­tion chi­mique de l’Es­pagne et pro­duit 19 % des au­to­mo­biles fa­bri­quées au pays. Même si sa dette pu­blique, égale à 36 % du PIB ca­ta­lan, est l’une des plus éle­vées du pays, la Ca­ta­logne vise une crois­sance de 2,7 % cette an­née. Elle re­çoit un quart des in­ves­tis­se­ments étran­gers et ac­cueille 56 % des fonds des­ti­nés aux start-up. De quoi sou­hai­ter vo­ler de ses propres ailes... – LES AF­FAIRES Le po­pu­laire jeu de so­cié­té Ba­gou est main­te­nant of­fert en ver­sion mo­bile. Le jeu, d’abord créé par l’an­cien pro­fes­seur Da­niel Jas­min afin d’ai­der ses élèves à mieux maî­tri­ser la langue fran­çaise, s’est ven­du en France et au Ca­na­da à plus de 100 000 exem­plaires entre 1998 et 2015. L’ap­pli­ca­tion suit le même concept que le jeu : il suf­fit de trou­ver les mots man­quants de phrases ou d’ex­pres­sions tout en ob­te­nant le meilleur poin­tage. La ver­sion de Ae­quo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 Alu­mi­ne­rie Alouette . . . . . . . . . . . . . .6 Ami­lia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Banque de dé­ve­lop­pe­ment du Ca­na­da . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5 Bâ­ti­ment 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 BCF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Boeing. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 BRP. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6 Cho­co­lats Fa­vo­ris . . . . . . . . . . . . . . . .7 Co­gir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17 Da­vies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Dia­lek­ta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Di­ver­tis­se­ments Tren­ding . . . . . . . .39 Edel­man. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11 En­tre­mise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12 Équi­terre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6 Fas­ken Mar­ti­neau . . . . . . . . . . . . . . .39 Fie­ra Ca­pi­tal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Gan­dalf Group . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Gaz Mé­tro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Groupe PNF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13 In­ves­tis­se­ment Qué­bec . . . . . . . . . .7 base, com­pre­nant 60 pre­mières cartes, est gra­tuite et ac­ces­sible sur l’App Store ou sur Google Play. LES AF­FAIRES

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