Comment sa­voir si votre por­te­feuille a eu un bon ren­de­ment ?

Les Affaires - - Sommaire - In­ves­tir Hé­lène Ga­gné re­dac­tion­le­saf­faires@tc.tc

« Hé­lène, trouves-tu que mon por­te­feuille a eu un bon ren­de­ment ? » Tous les conseillers se font po­ser cette ques­tion. Voi­ci trois fa­çons d’y ré­pondre, dont une est à évi­ter. Com­men­çons par celle-ci.

Les ren­de­ments gon­flables

Vous avez un beau-frère ou une col­lègue dont les ren­de­ments sont tou­jours su­pé­rieurs aux vôtres ? In­ves­ti­guez da­van­tage sur la source de leurs ré­sul­tats et la pé­riode cou­verte. J’ai sou­vent été à même de consta­ter que nombre d’in­ves­tis­seurs se targuent du ren­de­ment ob­te­nu sur un pla­ce­ment spé­ci­fique plu­tôt que sur l’en­semble de leur por­te­feuille. Ils omettent ain­si de te­nir compte de leur ré­par­ti­tion d’ac­tif.

Pre­nons l’exemple de Ro­bert, qui dé­tient un por­te­feuille ré­par­ti éga­le­ment entre ac­tions et obli­ga­tions, mais dont la mé­moire est sé­lec­tive. Il est fier de vous men­tion­ner son ren­de­ment de 20 %. Or, seule­ment ses ac­tions ont pro­gres­sé au­tant du­rant la pé­riode ana­ly­sée. Comme la moi­tié de l’ar­gent de Ro­bert était dans cette ca­té­go­rie d’ac­tif, son ren­de­ment a plu­tôt été de 10% sur ses ac­tions (50 % de 20 %), plus ce­lui ob­te­nu sur ses obli­ga­tions, moins ses frais. À la lu­mière de ces pré­ci­sions, vous êtes dé­jà en meilleure po­si­tion pour com­pa­rer le ren­de­ment de Ro­bert au vôtre, en te­nant compte bien sûr de votre propre ré­par­ti­tion d’ac­tif.

Sup­po­sons main­te­nant que vous ren­con­trez Jean-Guy à un cock­tail. Entre deux gor­gées de scotch, il vous glisse qu’il a fait 20 % de­puis un an. Cette fois, Jean-Guy ne dé­tient que des ac­tions. Il a certes ob­te­nu un bon ren­de­ment, mais avant de pâ­lir de ja­lou­sie et de vous dé­bar­ras­ser de vos obli­ga­tions, pen­sez-y à deux fois. Votre to­lé­rance et vos ob­jec­tifs vous per­mettent-ils de prendre ce ni­veau de risque ? Le rap­port risque-ren­de­ment est om­ni­pré­sent. Tout in­ves­tis­seur dé­si­rant aug­men­ter son pour­cen­tage d’ac­tions, alors que la Bourse est sur une ten­dance haus­sière de­puis long­temps, a in­té­rêt à at­tendre la pro­chaine cor­rec­tion pour re­vi­si­ter la ques­tion.

Force est de re­con­naître que com­pa­rer deux por­te­feuilles sur la seule base du ren­de­ment peut s’avé­rer un exer­cice pé­rilleux. Voi­ci des pistes plus per­ti­nentes.

Un in­dice de ré­fé­rence

Tout comme le font les ges­tion­naires ins­ti­tu­tion­nels (dont ceux des ré­gimes de re­traite), vous pou­vez com­pa­rer votre ren­de­ment à ce­lui d’un in­dice de ré­fé­rence. Pour un por­te­feuille équi­li­bré, il faut com­bi­ner le ren­de­ment de di­vers in­dices bour­siers et obli­ga­taires en pro­por­tion des com­po­santes de votre ré­par­ti­tion d’ac­tif.

Ain­si, si vous dé­te­nez 60 % en ac­tions ré­par­ties éga­le­ment entre des titres ca­na­diens, amé­ri­cains et in­ter­na­tio­naux, ce se­rait une er­reur de vous com­pa­rer uni­que­ment à l’in­dice des grandes so­cié­tés ca­na­diennes, le S&P TSX 60. Non seule­ment ces dif­fé­rents mar­chés n’évo­luent pas tou­jours dans le même sens au même mo­ment, mais l’in­clu­sion de titres étran­gers né­ces­site de consi­dé­rer l’im­pact des de­vises. Une de­vise étran­gère qui aug­mente par rap­port au huard bo­ni­fie votre ren­de­ment, mais l’in­verse est aus­si vrai.

Le vo­let de vos titres à re­ve­nu né­ces­site lui aus­si d’être me­su­ré à des com­pa­rables va­lables. Par exemple, vous pour­riez choi­sir un in­dice pour vos obli­ga­tions de qua­li­té te­nant compte de la du­ra­tion et un autre pour celles à ren­de­ment éle­vé.

En com­pa­rant votre por­te­feuille (ra­jus­té pour les frais) à un in­dice de ré­fé­rence, vous com­pren­drez mieux ce que vous dé­te­nez : vous en ap­pré­cie­rez la ro­bus­tesse ou en dé­cou­vri­rez les la­cunes.

Un in­dice lié à vos ob­jec­tifs per­son­nels

Même si vous com­pa­rez vos ré­sul­tats à un in­dice de ré­fé­rence, l’es­sen­tiel est de sa­voir si vous pro­gres­sez au rythme re­quis pour at­teindre vos ob­jec­tifs per­son­nels à long terme.

Les Normes d’hy­po­thèses de pro­jec­tion 2017 pu­bliées par l’Ins­ti­tut qué­bé­cois de pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière re­flètent la nou­velle réa­li­té des faibles taux d’in­té­rêt. Les pla­ni­fi­ca­teurs sont ain­si gui­dés quant au taux de ren­de­ment es­pé­ré à uti­li­ser dans le cadre de votre pla­ni­fi­ca­tion fi­nan­cière et de re­traite.

Lorsque le ren­de­ment de votre por­te­feuille at­teint ce taux à moyen terme, vous pou­vez être re­la­ti­ve­ment as­su­ré de réa­li­ser vos pro­jets au mo­ment vou­lu. N’est-ce pas ce qui im­porte le plus pour vous ? Vous au­rez alors toutes les rai­sons de bom­ber le torse !

la

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.