ADIEU SUM­MUM

Summum - - ÉDITO - PHO­TO­GRAPHE : SA­RAH DA­GE­NAIS

Il y a un an et de­mi, j’étais as­sis dans mon bu­reau de tra­vail (en fait, faut que j’ar­rête de vous men­tir, notre bu­reau est une salle de dé­bar­ras dont on ouvre même plus la porte, de peur qu’une autre forme de vie ait pris nais­sance. On ap­pelle cette pièce « barbe bleue »). Alors je re­com­mence, j’étais as­sis à la table du sa­lon, en train d’écrire ma crisse de thèse d’os­téo­pa­thie et de peau­fi­ner mes blagues pour ma pre­mière heure d’hu­mour au Zoo­fest (un fes­ti­val d’hu­mour de Mon­tréal pour la re­lève) et mon cel­lu­laire a son­né.

-Oui, al­lô!

-Bon­jour, ici la ré­dac­trice en chef chez SUM­MUM, est-ce pos­sible de par­ler avec mon­sieur Guillaume Pi­neault?

-Oui, veuillez pa­tien­ter un ins­tant, je vous trans­fère à mon­sieur Pi­neault. (Ouais quand ça sonne im­por­tant, je fais sem­blant que j’ai un se­cré­taire et je mets l’ap­pel sur at­tente en pe­sant sur mute. En réa­li­té, j’en pro­fite pour bais­ser le son de la té­lé­vi­sion qui joue des Friends en boucle de­puis pro­ba­ble­ment 10 ans, prendre une gor­gée d’eau et me mettre un t-shirt. Ouin, je ne suis pas ca­pable d’être sé­rieux en chest, au­tant que je peux pas pleu­rer en man­geant une Kit Kat).

Je prends la ligne, tous­sote pour chan­ger ma voix :

-Guillaume Pi­neault à l’ap­pa­reil.

-Oui, bon­jour mon­sieur Pi­neault. Je me pré­sente. Je suis la ré­dac­trice en chef chez SUM­MUM. On aime ce que vous faites et on ai­me­rait col­la­bo­rer avec vous.

-What? Ben là, don­nez-moi un 3-4 mois pour me re­mettre en shape et al­ler au gym. (J’étais tel­le­ment ren­du bas en termes d’en­traî­ne­ment que je m’étais fait ve­nir des pi­lules de muscles, ma pre­mière chro­nique.)

-Euh pour­quoi?

-Ben, vous vou­lez que je pose pour SUM­MUM?

-Ha! Ha! Ha! Ben non. On ai­me­rait col­la­bo­rer avec vous… en écri­ture.

-Vous vou­lez que j’écrive en des­sous des pho­tos de chicks en bi­ki­ni et en sous-vê­te­ments?

-Ha! Ha! Ha! Non, il y a bien plus que ça dans le SUM­MUM. Il y a des col­la­bo­ra­teurs et des ch­ro­ni­queurs pour dif­fé­rents ar­ticles, dont, entre autres choses, la chro­nique Hu­mour.

-OK? Faque, j’au­rais pas à prendre de pho­to de moi en chest?

-C’est à votre dis­cré­tion, car si vous ac­cep­tez, vous de­vrez écrire un ar­ticle et nous four­nir une pho­to.

-J’pour­rais être en chest? Vrai­ment? -Ha! Ha! Ha! Ç’a l’air im­por­tant pour vous!

-Non, mais ça se­rait ma seule autre job à vie, autre que li­fe­guard, où je pour­rai dire que j’ai tra­vaillé en chest. (À ma deuxième chro­nique, j’ai en­voyé une pho­to de moi en chest, dans mon Spee­do de wa­ter-po­lo.)

-Donc, j’en dé­duis que vous êtes in­té­res­sé?

-Mets-en! Com­ment dire non à une belle op­por­tu­ni­té comme celle-là? Être payé pour écrire, ra­con­ter des niai­se­ries de ma vie, avoir carte blanche et pou­voir po­ser en chest, sé­rieu­se­ment #Stu­veux­de­plus? Un abon­ne­ment au SUM­MUM? (BEN MAU­DIT, JE L’AI EU!)

Et de là, j’ai ac­cep­té de col­la­bo­rer avec SUM­MUM et d’écrire la chro­nique L’épais c’est moi, ain­si qu’avec l’ex­cel­lente pho­to­graphe qu’est Sa­rah Da­ge­nais. Et, au­jourd’hui, après 1 an et de­mi, 14 chro­niques plus tard, on en est ren­du fi­na­le­ment à ma der­nière chro­nique.

Y’en a du che­min qui a été par­cou­ru. Du­rant ces beaux mo­ments pas­sés en­semble entre les pages de pho­tos de fille sexy, je me suis ou­vert à vous pour vous avouer que je me suis fait ve­nir LES PI­LULES DE L’IN­TER­NET (01). Je me suis mon­tré en chest parce que j’avais par­ti­ci­pé aux OUTGAMES (02) sans vrai­ment m’en rendre compte. Je me suis rap­pe­lé en même temps que vous LES MEILLEURS NOËLS RA­TÉS DES PI­NEAULT (03). Je vous ai pré­sen­té la per­sonne que je suis de­ve­nue au­jourd’hui, à la suite de ma rup­ture et grâce à mes meilleurs chums, car LES AMOURS PASSENT, LES AMI­TIÉS RES­TENT (04). J’ai en­fin avoué mes torts, presque 15 ans plus tard, en di­sant À TOI MON GARS… JE M’EX­CUSE (05) pour avoir créé le pire coït in­ter­rom­pu de l’his­toire en fes­sant sur ton char avec un bâ­ton de ba­se­ball.

On a aus­si ap­pris en­semble com­ment se ven­ger de nos co­locs et des niai­seux sur Ki­ji­ji dans BONS COUPS – MAU­VAIS COUPS (06), si tu me trou­vais fa­ti­gant parce que j’ai né­go­cié le prix de tes billets de ho­ckey over price, at­tends quand tu vas re­ce­voir des « en­large your pe­nis » 17 fois par jour.

Si tu ne veux pas né­go­cier les prix Ki­ji­ji, j’ai quand même pris le temps de vous dire com­ment ache­ter un lit en fai­sant le DIA­LOGUE AVEC UN VEN­DEUR DE LIT (07). Pen­dant que je conti­nuais à faire des shows d’hu­mour par­tout au Qué­bec, en pre­mière par­tie de Phil Roy, j’ai pour­sui­vi l’écri­ture de ma thèse, ce qui m’a me­né à ma GRADUATION OSTÉOPATHIQUE (08) et, fi­na­le­ment, j’ai dé­ci­dé aus­si de quit­ter cette pro­fes­sion pour me consa­crer 100 % à l’hu­mour.

J’t’ai dit que LES MA­RIAGES (09) c’était sur­tout la de­mande qui me fai­sait peur, pis deux mois après j’ai de­man­dé la main de ma blonde live à té­lé­vi­sion… Une de mes forces ça, la co­hé­rence. J’ai es­sayé de te don­ner les meilleurs re­mèdes contre le LEN­DE­MAIN DE VEILLE (10), mais par­fois c’est vrai­ment juste la pres­sion de la main d’un door­man dans ta face le meilleur truc. J’vous ai mis au dé­fi de mettre votre couple à l’épreuve en es­sayant une sor­tie d’amou­reux au IKEA (11), sui­vi par la séance de « sa­crons en­semble » en mon­tant le meuble.

On a pas­sé le dé­but du Nou­vel An et au lieu de vous dire com­ment suivre vos ré­so­lu­tions, j’ai ten­té de vous in­di­quer com­ment évi­ter LES PIÈGES DE FIN D’AN­NÉE (12). On a vé­cu en­semble le mois der­nier mon ex­pé­rience avec LE VO­LEUR (13).

On en a fait du che­min SUM­MUM. On est par­ti avec moi qui étais sur­pris de re­ce­voir votre ap­pel pour écrire dans votre re­vue; un ap­pel de Phil Roy pour être la pre­mière par­tie de son one man show. Un ap­pel de Vrak pour être col­la­bo­ra­teur à ALT (Ac­tua­li­té Lé­gè­re­ment Tor­due); un ap­pel de V et de Mu­si­que­plus pour être chro­ni­queur à OD+ en di­rect. Et, fi­na­le­ment, mon rêve de p’tit gars, un ap­pel du Groupe Pha­neuf pour la pro­duc­tion de mon pre­mier one man show… Et là, on est ren­dus à ce jour, mon ADIEU SUM­MUM (14). Comme dans une rup­ture : « Ce n’est pas toi… c’est moi. Quel­qu’un me rem­pla­ce­ra… Je t’aime en­core t’sais, je n’ou­blie­rai ja­mais ce qu’on a vé­cu, mais je n’ai plus as­sez de temps, je suis ren­du ailleurs. »

Comme je dé­sire me consa­crer main­te­nant 100 % à l’écri­ture de mon show, je dois vous quit­ter. Par contre, j’in­vite tous les lec­teurs, les col­la­bo­ra­teurs, ain­si que toutes les filles qui ont po­sé pour SUM­MUM (t’sais un gars s’es­saye) à ve­nir voir mes ro­dages un peu par­tout au Qué­bec (billets en vente sur GUILLAUMEPINEAULT.COM).

Mer­ci à l’équipe de SUM­MUM et à vous chers lec­teurs qui m’avez per­mis de me re­mé­mo­rer ou de mettre à l’écrit tous ces sou­ve­nirs, anec­dotes et ex­pé­riences que j’ai vé­cus. Qui sait, cer­tains se re­trou­ve­ront peut-être même dans mon pre­mier one man show.

Pour une der­nière fois, l’épais, c’est moi.

À la re­voyure!

Guillaume -XP.-S.

: J’es­père que vous ne can­cel­le­rez pas mon abon­ne­ment.

NDLR : On ver­ra bien! ;)

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