BAD WOLVES : DES DÉ­BUTS EXPLOSIFS

Summum - - SHOWBUZZ ENTREVUE MUSICALE - ©Ste­phen Steel­man

Par Jean-fran­çois Cyr – Il est très rare qu’une telle ex­pé­rience sur­vienne dans la vie d’une for­ma­tion de mu­sique. Bad Wolves, le nou­veau su­per­groupe ca­li­for­nien de mé­tal, de­vait en­re­gis­trer une re­prise du suc­cès pla­né­taire Zom­bie, avec Do­lores O’rior­dan, la chan­teuse du groupe ir­lan­dais The Cran­ber­ries. Le 15 jan­vier 2018, les membres de Bad Wolves at­ten­daient celle-ci pour un en­re­gis­tre­ment stu­dio, à Londres. Fi­na­le­ment, elle ne s’est ja­mais pré­sen­tée au ren­dez-vous. De­puis, nous sa­vons qu’elle est dé­cé­dée d’une sur­dose de fen­ta­nyl. Elle a été trou­vée in­ani­mée dans la salle de bain d’une chambre d’hô­tel.

Ca­tas­tro­phés par ce tra­gique dé­noue­ment, les gars de Bad Wolves ont vou­lu aban­don­ner la re­prise de Zom­bie. Puis, après mûre ré­flexion et di­verses dis­cus­sions avec l’en­tou­rage de Do­lores, dont ses en­fants, ils ont dé­ci­dé de per­sé­vé­rer. Le chan­teur de Bad Wolves, Tom­my Vext, in­ter­prète lui-même les pa­roles de la pièce. De­puis la pa­ru­tion du single le 19 jan­vier, cette nou­velle ver­sion de Zom­bie a at­teint le som­met des pal­ma­rès. De plus, le nou­vel al­bum Di­so­bey, qui ren­ferme ce mor­ceau, connaît beau­coup de suc­cès dans plu­sieurs pays de­puis sa sor­tie, le 11 mai der­nier.

QUELLE EST L’AM­PLEUR DE LA PO­PU­LA­RI­TÉ DE LA PIÈCE ZOM­BIE (DE L’AL­BUM NO NEED TO ARGUE, 1994)?

C’est im­mense. De nom­breuses ra­dios par­tout dans le monde ont fait jouer le mor­ceau sans ar­rêt de­puis jan­vier. Le vi­déo­clip a été vu près de 100 mil­lions de fois sur You­tube et Fa­ce­book. Le mor­ceau a at­teint le som­met des pal­ma­rès au Ca­na­da, aux États-unis et dans d’autres pays…

EST-IL POS­SIBLE DE PRÉ­VOIR UN TEL SUC­CÈS

Non. C’est im­pos­sible. Certes, la pièce ori­gi­nale est su­perbe. Mais, nous ne pou­vions an­ti­ci­per la ré­ac­tion du pu­blic. Nous avons ten­té de res­pec­ter au mieux le ta­lent de Do­lores et The Cran­ber­ries, qui ont créé la chan­son ori­gi­nale… Bad Wolves a juste ajou­té du muscle au mor­ceau. Cet ac­cueil est dou­ble­ment ap­pré­cié compte te­nu du dé­cès tra­gique de Do­lores. C’est une sorte d’hom­mage à son en­droit, fi­na­le­ment… D’ailleurs, les pro­fits amas­sés grâce à la chan­son se­ront don­nés aux en­fants de Do­lores.

QUELLE EST L’HIS­TOIRE DER­RIÈRE CETTE SUP­PO­SÉE COL­LA­BO­RA­TION ENTRE DO­LORES ET BAD WOLVES?

J’étais un fan de Do­lores O’rior­dan […] En 2017, j’étais à Londres, en tour­née avec Five Fin­ger Death Punch (Ele­ven Se­ven Group La­bel est no­tam­ment la mai­son de disque de FFDP et de Bad Wolves). J’ai ren­con­tré Dan Waite, backs­tage, lors d’un spec­tacle. C’est le prin­ci­pal gé­rant de la mai­son de disques Ele­ven Se­ven Mu­sic La­bel au Royaume-uni. Il est un vieil ami de Do­lores et de sa fa­mille. On avait dé­jà en­re­gis­tré la re­prise de Zom­bie du­rant l’an­née. Il m’a dit qu’il ai­mait vrai­ment le ré­sul­tat. Je lui ai de­man­dé d’en­voyer la chan­son à Do­lores pour avoir son ap­pro­ba­tion et sa­voir ce qu’elle en pen­sait. Fi­na­le­ment, Dan m’a ap­pris quelques jours plus tard qu’elle vou­lait chan­ter le mor­ceau avec Bad Wolves…

POUR­QUOI AVOIR CHOI­SI ZOM­BIE?

J’étais dans un ca­fé en train d’écrire des textes pour l’al­bum quand j’ai en­ten­du la pièce. J’ai réa­li­sé qu’on de­vait mettre cette chan­son sur Di­so­bey et j’en ai par­lé aux autres membres du groupe. Quand j’étais jeune, je ne sai­sis­sais pas la si­gni­fi­ca­tion des pa­roles, qui traitent no­tam­ment de la guerre et de l’en­doc­tri­ne­ment. Je trouve que le texte est tou­jours très ac­tuel avec les en­jeux du ter­ro­risme et de la vio­lence as­so­ciée aux armes à feu aux États-unis.

COMMENT AS-TU RÉ­AGI À LA NOU­VELLE DE LA MORT DE DO­LORES?

Ce fut ex­trê­me­ment trou­blant. La veille avant l’en­re­gis­tre­ment de Zom­bie avec Do­lores, elle m’avait lais­sé un mes­sage vo­cal me di­sant qu’elle était en­thou­siaste et qu’on se ver­rait le len­de­main ma­tin, en stu­dio. Mais elle ne s’est ja­mais pré­sen­tée au ren­dez-vous… Plus tard, du­rant la jour­née, mon agent (Zol­tan Ba­tho­ry, de Five Fin­ger Death Punch) m’a tex­té pour m’in­vi­ter à lire les ac­tua­li­tés. Sa mort était trai­tée dans plu­sieurs mé­dias…

COMMENT SE PASSE LA JEUNE CAR­RIÈRE DE BAD WOLVES?

Ça se passe très bien. De­puis la sor­tie de l’al­bum, c’est en­core plus ex­ci­tant. Di­so­bey a at­teint la pre­mière place dans les ventes sur itunes, dans la ca­té­go­rie rock. En cinq jours, l’al­bum se si­tue en se­conde place dans plu­sieurs pays, tou­jours en termes de té­lé­char­ge­ments, in­cluant l’aus­tra­lie et les États-unis. C’est gé­nial.

À QUOI PEUVENT S’AT­TENDRE LES GENS À PRO­POS DE VOTRE AL­BUM?

Bad Wolves est d’abord un groupe de mé­tal. Les 13 mor­ceaux de Di­so­bey va­rient entre le mé­tal et le rock (Zom­bie, par exemple). Nos in­fluences pro­viennent d’un peu par­tout : Me­shug­gah, Slipk­not, Slayer, Pan­te­ra, Bus­ta Rhymes, Me­tal­li­ca, Alice In Chains, Guns N’ Roses, Nir­va­na ou en­core Sound­gar­den. Notre style est as­sez éclec­tique. Quelques mor­ceaux, comme Of­fi­cer Down et Toast to the Ghost, sont juste as­sez in­tenses!

CE GROUPE SE­RA-T-IL LE PRIN­CI­PAL PRO­JET DE TOUS SES MEMBRES POUR UN MO­MENT?

Quand John a for­mé le groupe, il cher­chait vrai­ment un son unique. Pour moi, ce groupe est rem­pli de pro­messe. C’est ma prio­ri­té pour l’ins­tant. C’est aus­si le cas pour les autres gars, même si cer­tains ont d’autres pro­jets très sti­mu­lants. D’ailleurs, nous en­ta­mons une tour­née de concerts en Amé­rique du Nord, jus­qu’à l’au­tomne.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.