Le gé­nie de George Lu­cas et ses dé­ri­vés Star Wars

Summum - - SOMMAIRE -

PAR MI­CHEL BOU­CHARD – POUR UNE MUL­TI­TUDE DE FILMS DE SCIENCE-FIC­TION MÉDIOCRES QUI TOMBENT DANS L’OU­BLI AUS­SI VITE QU’UN PO­LI­TI­CIEN RENIE SES PRO­MESSES ÉLEC­TO­RALES, IL Y A UNE POI­GNÉE D’OEUVRES COLOSSALES QUI TRIOMPHENT AU FIR­MA­MENT DU CI­NÉ­MA. C’EST ÉVI­DEM­MENT LE CAS POUR BLADE RUNNER OU POUR STAR TREK, MAIS C’EST SUR­TOUT LE CAS POUR STAR WARS, DONT LA RE­NOM­MÉE N’EST PLUS À FAIRE.

AVEC UN SCÉ­NA­RIO AS­SEZ COM­PLEXE ET UNE SA­GA QUI S’EST MAIN­TE­NANT ÉTALÉE SUR DES HEURES ET DES HEURES DE PEL­LI­CULE ET DE TOUR­NAGES DE­VANT UN ÉCRAN VERT, GEORGE LU­CAS A SU B­TIR UN VÉ­RI­TABLE EM­PIRE AU­TOUR DES AVEN­TURES DE LA FA­MILLE SKYWALKER. MAIS L’AU­DACE NE SE LI­MITE PAS À RÉA­LI­SER UN FILM AVEC DES ALIENS ET DES RO­BOTS PAR­TOUT, ÇA VA BIEN AU-DE­LÀ. C’EST SUR­TOUT AVEC LES DÉ­RI­VÉS QUE LU­CAS A SU DÉ­MON­TRER QUE SON IDÉE RELEVAIT DU PUR GÉ­NIE!

L’épo­pée de Star Wars s’est amor­cée en 1973, quand George Lu­cas a com­men­cé à ré­di­ger les pre­mières lignes de ce qui al­lait de­ve­nir le scé­na­rio du tout pre­mier film de la sa­ga, Star Wars: A New Hope, sor­ti en 1977 et pro­duit par Lu­cas­film. À ce mo­ment, le cer­veau der­rière Han So­lo, Prin­cesse Leïa, Yo­da – et Jar Jar Binks – pense pou­voir en­gran­ger des re­ve­nus de 8 mil­lions $ avec son film, peut-être 12 mil­lions $ avec un peu de chance. Il igno­rait vrai­ment la tour­nure que l’aven­ture al­lait prendre…

Là où Lu­cas a su flai­rer la bonne af­faire, c’est quand il a pa­ra­phé une en­tente avec la 20th Cen­tu­ry Fox afin de conser­ver les droits de com­mer­cia­li­sa­tion de tous les pro­duits dé­ri­vés de son film, qu’im­porte leur forme.

Trente-cinq ans plus tard, le réa­li­sa­teur et pro­duc­teur ven­dait Lu­cas­film à Dis­ney pour la mo­dique somme de 4,06 mil­liards $.

Ain­si, une es­ti­ma­tion ré­cente du ma­ga­zine Forbes avance que l’en­tre­prise Has­bro a ven­du pour plus de 9 mil­liards $ de fi­gu­rines dé­ri­vées de Star Wars de­puis sa sor­tie.

Mais ces pro­duits dé­ri­vés ne se li­mitent pas aux fa­meuses fi­gu­rines de col­lec­tion de Has­bro; il y a bien plus que ça. Jeux vi­déo, vê­te­ments, livres, bandes des­si­nées, en­semble de blocs LE­GO, jeu Mo­no­po­ly, pa­pe­te­rie di­verse, ef­fets per­son­nels… Pour l’en­semble des pro­duits à l’ef­fi­gie de Darth Va­dor, de Bob­ba Fett ou de l’élé­phant bi­zarre et bleu hy­per mal fait qui joue de la mu­sique avec sa trompe dans l’épi­sode IV, la note mon­te­rait à plus de 20 mil­liards de billets verts de nos voi­sins du Sud. Au­jourd’hui, plus de quatre dé­cen­nies plus tard, il est per­mis de se de­man­der si les dé­ri­vés n’ont pas pris le pas sur la sé­rie de films.

Si cer­tains items sont as­sez amu­sants et plu­tôt jo­lis, d’autres gad­gets sont af­freu­se­ment ra­tés.

Le plus au­da­cieux dé­ri­vé de la sa­ga Star Wars est sor­ti au mo­ment où le tout pre­mier film était à l’af­fiche. Comme on igno­rait si Star Wars connaî­trait un cer­tain suc­cès, on a mo­dé­ré la quan­ti­té dans la fa­bri­ca­tion de fi­gu­rines. Ain­si, l’en­tre­prise qui pro­dui­sait les fi­gu­rines à l’époque, Ken­ner, a été prise de court en voyant son en­tre­pôt se vi­der avant la pé­riode des Fêtes. Idée brillante des di­ri­geants : les gens pou­vaient donc ache­ter une boîte vide et en­voyer le chèque-ca­deau s’y trou­vant à l’en­tre­prise pour re­ce­voir leur fi­gu­rine six mois plus tard! Joyeux Noël… en juin!

On n’a d’ailleurs pas li­mi­té la pro­duc­tion de dé­ri­vés aux per­son­nages prin­ci­paux. En plus des R2-D2, de l’em­pe­reur Pal­pa­tine et d’autres Chew­bac­ca de la sa­ga, on a aus­si pro­duit des fi­gu­rines de per­son­nages dont on n’a au­cune idée de l’exis­tence comme le Ba­ron Pa­pan­poi­da, Zett Ju­kas­sa et Terr Ta­neel. Pour être franc, il faut pro­ba­ble­ment avoir 38 ans, être cé­li­ba­taire et de­meu­rer dans le sous-sol de ses pa­rents pour connaître ces noms.

C’est jus­te­ment en uti­li­sant la stra­té­gie de com­mer­cia­li­ser des dé­ri­vés avec des per­son­nages de se­cond plan qu’on a réus­si un grand coup. Le per­son­nage de Bob­ba Fett est de­ve­nu un des fa­vo­ris de la sé­rie, même si on ne le voit que très peu dans la tri­lo­gie ori­gi­nale, grâce à la fi­gu­rine ra­ris­sime qui a été pro­duite à l’époque.

Au fil des ans, cer­tains pe­tits fu­tés sans scru­pule ont dé­ci­dé de pro­fi­ter de la manne en pro­dui­sant des jouets sous la thé­ma­tique Star Wars, mais vrai­sem­bla­ble­ment, sans trop com­prendre les bases de l’en­goue­ment en­vers cette sé­rie, comme en fait foi une su­blime fi­gu­rine de Darth Va­dor che­vau­chant une mo­to de po­lice…

Les dé­ri­vés Star Wars, ça tient vrai­ment du PUR GÉ­NIE!

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.