Un ac­cord his­to­rique pour les États- Unis et l'Iran

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Fel­li

Le pré­sident amé­ri­cain es­time que l'ac­cord sur le nu­cléaire conclu avec Té­hé­ran ne met pas fin à une série de dif­fé­rends entre les États-Unis et l'Iran. "Même avec cet ac­cord, nous conti­nue­rons à avoir de pro­fondes di­ver­gences avec l'Iran", a dé­cla­ré Ba­rack Oba­ma lors d'une confé­rence de presse à la Mai­son-Blanche consa­crée à l'ac­cord. "L'Iran conti­nue de re­pré­sen­ter un dé­fi pour nos in­té­rêts et nos valeurs", a ajou­té le pré­sident amé­ri­cain.

Oba­ma a ex­pli­qué que l'ob­jec­tif prin­ci­pal de l'ac­cord nu­cléaire, conclu mar­di der­nier entre les grandes puis­sances et l'Iran à Vienne, n'était pas de ré­soudre les mul­tiples dif­fé­rends exis­tants avec la Ré­pu­blique is­la­mique, dont son "sou­tien au ter­ro­risme" et ses ef­forts de dé­sta­bi­li­sa­tion au Moyen-Orient. L'ac­cord, en soi, "ré­sout un pro­blème par­ti­cu­lier, qui est de les em­pê­cher de fa­bri­quer une bombe", a no­té Ba­rack Oba­ma, en mar­te­lant que ce­la ser­vait les in­té­rêts des États-Unis et de leurs al­liés.

L'ac­cord qui a été conclu marque le dé­but de nou­velles re­la­tions entre l'Iran et les États-Unis. Les ana­lystes font le point. "On peut clai­re­ment par­ler d'ac­cord his­to­rique qui mar­que­ra l'ère Oba­ma", ex­pliquent les ana­lystes. Ils rap­pellent en ef­fet le gel des re­la­tions entre les deux pays de­puis la prise d'otages à l'am­bas­sade amé­ri­caine de Té­hé­ran en 1979. "De­puis il n'y a tou­jours pas de re­la­tions di­plo­ma­tiques entre l'Iran et les États-Unis, et l'Iran est tou­jours sur la liste des pays ter­ro­ristes". Les ana­lystes sou­lignent aus­si le rôle du pré­sident amé­ri­cain dans cet ac­cord : "Ba­rack Oba­ma y a mis tout son poids. C'est lui qui a sus­ci­té le dia­logue, qui a don­né le ton de ce coup de fil in­édit pas­sé à son ho­mo­logue Ro­ha­ni", avant de pré­ci­ser que ce rap­pro­che­ment était une "chose im­pen­sable pour son pré­dé­ces­seur Georges Bush qui met­tait l'Iran dans les pays de l'axe du mal".

Au len­de­main de la si­gna­ture de l’ac­cord sur le nu­cléaire ira­nien, le Pré­sident Amé­ri­cain a vou­lu ras­su­rer ses al­liés is­raé­liens: il com­prend leurs in­quié­tudes, mais ré­af­firme les bien­faits de cet ac­cord. Les Etats Unis viennent de sou­mettre au conseil de sé­cu­ri­té de l'ONU une ré­so­lu­tion qui en­té­rine l'ac­cord nu­cléaire conclu à Vienne. Face aux cri­tiques, no­tam­ment d'Is­raël, le Pre­mier mi­nistre is­raé­lien Ben­ja­min Ne­ta­nya­hu a qua­li­fié l’ac­cord conclu mar­di à Vienne "d’er­reur his­to­rique", Ba­rack Oba­ma a pris soin de ré­pondre aux in­quié­tudes lors d'une confé­rence de presse à la Mai­son Blanche.

"Is­raël a des in­quié­tudes lé­gi­times con­cer­nant sa sé­cu­ri­té vis-à-vis de l'Iran. Mais toutes ces me­naces sont ag­gra­vées si l'Iran ob­tient l'arme nu­cléaire". Ni le Pre­mier mi­nistre Is­raé­lien, ni les ad­ver­saires ré­pu­bli­cains de Ba­rack Oba­ma, qui ont dé­jà dit qu’ils s’op­po­se­raient à l’ac­cord au Congrès, n’ont "pro­po­sé de meilleure al­ter­na­tive" a pour­sui­vi Ba­rack Oba­ma.

"Nous ne ré­sou­drons pas les pro­blèmes en Sy­rie sans l'im­pli­ca­tion des Russes, des Ira­niens, des Turcs, de nos par­te­naires du Golfe. C'est très chao­tique, il y a trop de fac­tions, il y a trop d'ar­gent et d'armes qui inondent la zone". In­ter­ro­gé sur d’éven­tuelles nou­velles co­opé­ra­tions ré­gio­nales entre l’Iran et les Etats Unis du fait de cet ac­cord, le Pré­sident Amé­ri­cain a pré­ci­sé que les re­la­tions di­plo­ma­tiques entre l’Iran et les Etats Unis ne re­de­vien­draient pas "nor­males" à court terme. "Je ne pré­vois pas de sé­ries d'ac­cords for­mels avec l'Iran sur la ma­nière dont nous condui­sons notre campagne contre l'Etat Is­la­mique, mais il est évident que l'Iran a de l'in­fluence en Irak".

Sans re­par­ler de l’axe du mal, qu’avait évo­qué Georges Bush en 2002 et dans le­quel l’Iran fi­gu­rait aux cô­tés de la Co­rée du Nord et de l'Irak, de Sad­dam Hus­sein, Ba­rack Oba­ma es­time que "L'Iran conti­nue de re­pré­sen­ter un dé­fi pour nos in­té­rêts et nos valeurs". "Même avec cet ac­cord, les Etats Unis et l’Iran conti­nue­ront à avoir de pro­fondes di­ver­gences, en rai­son no­tam­ment du sou­tien de l’Iran au Hez­bol­lah". Pour Ba­rack Oba­ma il est cru­cial de convaincre son opi­nion pu­blique. La ré­so­lu­tion se­ra adop­tée à l'ONU en dé­but de se­maine pro­chaine, mais le Congrès amé­ri­cain a le pou­voir de blo­quer la le­vée des sanc­tions éco­no­miques pré­vues dans l'ac­cord.

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